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Xavierdelivois
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5,0
Publiée le 22 janvier 2021
Les Etats-Unis étaient considérés comme "l terre promise" par les protestants qui quittaient l'Europe suite aux guerres de religions. La conquête de ce pays continent s'est faite au rythme de progression vers l'ouest de la "frontier" qui séparait ce qui était déjà politiquement organisé, de ce restait à le devenir. "My darling Clementine" se déroule à Tombstone juste sur la frontier, là où l'est et l'ouest se retrouvent. La scène de danse avec Clementine Carter (Cathy Downs), qui vient de Boston et Wyatt Earp (Henry Fonda), l'un des héros de l'Ouest, est le point central du film, assurément son sommet. De part et d'autre John Ford détaille comment cette influence de l'est pénètre progressivement Tombstone (Doc Holliday, qui est un fin lettré de Boston, et qui impose sa loi dans son saloon, Granville, saltimbanque sympathique, qui vient déclamer du Shakespeare, devant un auditoire ouvert et intéressé, et les membres de l'Eglise protestante qui viennent édifier un premier temple) et comment les grands propriétaires s'y opposent, à l'exemple des Clanton à O.K. Corral,
Avec La Poursuite infernale, John Ford élève la légende de Wyatt Earp au rang de mythe fondateur, filmant l’Ouest américain avec une simplicité et une grandeur qui touchent à l’épure. Derrière le récit de vengeance et l’inévitable affrontement final, le film raconte surtout la naissance fragile de la civilisation au milieu d’un monde encore régi par la violence et l’instinct. Henry Fonda compose un Wyatt Earp d’une élégance tranquille, dont la retenue et la dignité deviennent les véritables moteurs émotionnels du récit. Ford transforme chaque paysage, chaque porche et chaque moment de calme en image intemporelle, comme si l’histoire se changeait progressivement en mémoire collective. L’un des sommets du western classique, une œuvre d’une beauté sereine où la poésie du quotidien vaut autant que les éclats de la légende.