Le Proviseur incarne un type de films qui était très à la mode à époque. Tom Berenger, Michelle Pfeiffer s’y sont essayés, et d’autres encore, plus ou moins connus, à savoir le film d’action dans un lycée du ghetto ! Un prof débarque dans ce merdier et rétablit l’ordre à sa manière. Belushi s’en sort pas mal. Il a été bien casté. Pas actionner, on peut croire qu’il est prof, et en même temps il a ce tempérament très incisif, ce petit grain de folie qu’il sait mettre dans ses rôles de dur comme dans Double détente, souvent teinté d’une touche d’ironie ou d’humour noir. Il porte le film face à un Louis Gossett Jr. très charismatique aussi dans son rôle, et la charmante Rae Dawn Chong qui, sans être de mon point de vue une grande actrice, s’en tire assez bien ici et passe super bien à l’écran, faut le reconnaître. Autour de cela, des rôles assez convenus qu’on voit dans tous les films de ce genre, les élèves pas méchants qui évoluent, les méchants dealers, bref, tout ça est traité avec classicisme mais, il faut le dire, les interprètes font le taf (le méchant fait penser un peu à Wesley Snipes physiquement).
Côté intrigue le film s’avère très classique. Rien de nouveau sous le soleil si vous avez déjà eu l’occasion de visionner The Substitute ou tout autre film de ce genre. Le scénario en a toutes les grandes lignes. Ca reste donc peu original et c’est assez caricatural, voire sirupeux par moment. Néanmoins, le rythme solide du film, quelques scènes fortes, de la bonne action bourrine à l’ancienne et une petite touche d’humour également feront passer un bon moment à ceux qui regrettent le vrai cinéma d’action d’époque, sans numérique, sans fioriture, et sans langue de bois !
Formellement, le film est de bonne tenue. Comme je disais, de bonnes séquences d’action se succèdent dans un film globalement réalisé avec nervosité par un réalisateur qui était dans sa belle époque. Il y a quelques scènes fortes (notamment avec Belushi à moto), c’est bien emballé, et surtout, le film dispose d’une bande son excellente. Elle porte littéralement le métrage et lui donne encore plus de ce bon rythme des années 80 qu’on aime et qui manque de nos jours !
Bref, Le Proviseur c’est du bon cinéma d’action pur et dur, solidement emballé et livré à un public qui sait où il est met les pieds. Rien de très original, mais une production qui déménage, délivre son message positif sans fioriture et menée tambour battant par un Belushi au mieux de sa forme. Que demander de plus ? 3.5