Good Bye, Lenin! : l’illusion comme berceau de la protection
Berlin, 1989 : les couleurs ternes symbolisent la vie monotone des allemands de l’Est. L’Allemagne panse ses blessures, une femme tombe face à l’usure. Cette mère de famille subit un infarctus face aux matraques de la Stasi, rappelant leurs vices dans La vie des autres (2007). Le crâne sur le béton, elle manque un cataclysme profond. Le mur de Berlin plonge, l’Allemagne chasse ses songes, son coma se prolonge. À son réveil, elle doit éviter tout choc émotionnel ! Alex, son fils, veut déjouer l’histoire : sa mère ne doit rien savoir. Wolfgang Becker nous transporte dans les 90’s des Trabant et des dirigeables Coca-Cola, et nous donne à voir l’amour d’un enfant pour celle qui l’a élevé, permettant une variation enjouée, d’abord amusante puis autrement sérieuse, sur l’importance de la famille. Le stratagème d’Alex est un succès, le film aussi ! mère si immobile dans une société si mouvementée. Alors que tout le pays cherche à enterrer sa vie d’avant, Alex, lui, tente de la retrouver, et nous entraîne dans les méandres de son passé. S’accrocher aux temps révolus, est-ce fuir la réalité ? Alex n’a qu’une réalité en tête : sauver sa mère. Il jongle avec le mensonge et la vérité, si bien que la petite histoire semble se substituer à la grande, non sans émotions. Alex adhère à « Good bye, Lenin ! », certes, mais ne veut s’abandonner à prononcer « Good bye, Mum ! ».