Aux tout premiers abords ambitieux et astucieux, Good Bye, Lenin! est en somme une bonne surprise. En effet, l'idée de retranscrire la réunification tout en l'abordant avec humour et recule permet non seulement de donner une importance au recit historique, évitant tout discours pompeux ou moralisateurs, mais donne en plus la possibilité d'ouvrir un champ de liberté supplémentaire au film pour trouver son second degré. Seulement, à force d'exalter notre sentiment à l'égard de ce beau projet, on déchante rapidement la première heure passée. Pourtant, Wolfgang Becker réalise une bonne première partie. Entre-autre, on appréciera surtout la satire assez caustique de la société de consommation. En outre, le rajout d'images d'archives, quoique toujours discutable, a souvent un intérêt explicatif plaisant. Et de ce fait, on s'amusent souvent dans ce jeu de situations rocambolesques, opposant l'idéologie communiste au principe du capitalisme et de sa société de consommation. Les personnages apportent leurs charmes à l'histoire, Katrin Sass en tête dans son rôle de mère socialiste humaniste un brin bornée par ses utopies. Et ce que l'on admire de ce point de vue, c'est que le risque prit pour la caricature. Poussée au-delà de son statut de figure outrancière, elle cache derrière son masque de vulgarité théâtrale un fait historique bouleversant, transposé dans une symbolique où l'humour devient la plus belle arme. Cependant, la satire de la société passée, le réalisateur sombre dans une bleuette sentimentale fastidieuse. Chulpan Khamatova et Daniel Brühl, en couple de pigeons romantiques stéréotypés, agacent. Dès lors, l'histoire et la représentation de la société sont gommées par cette intrigue amoureuse qui nous ressort les rebondissements du bon vieux drame familiale. Exercice ardu il est vrai, le réalisateur n'arrive pas à rallier le ton juste entre la comédie et le drame. Pertinent ou maladroit, l'essai mérite tout de même l'encouragement. Charmant.