Un petit bijou de cinéma réaliste ayant été tourné exactement à l'époque de l'histoire. L'écrin du film est parfait et une mise ne scène belle et soignée met en permanence les acteurs en valeur. Un scénario proche de la vraie vie de l'époque qui ne correspond en rien à celle d' aujourd'hui et par là un témoignage de notre passé. Nous sommes loin de l'univers Carné/Prevert et c'est bien, cela nous montre le métier de ce metteur en scène qui a comme souci de rester le plus authentique possible, les scènes de boxe seront à peine truquées et dureront le temps légal, les gentillesses seront aussi sincères que les vacheries et la dualité de chaque personnage tantôt généreux, tantôt très égoïste constituera la grande valeur psychologique de ce film. Ici, point de poésie, tout le contraire parfois comme Arletty lavant à la serpillière l'entrée de la salle d'entrainement, Gabin transformant sa chambre et sa salle à manger en taudis en l'absence de sa femme ou diabolique lorsqu'il jette la boucle d'oreille de Carole dans la seine. Ce film est aussi un bel hommage de Carné qui offre a son ami Roland Lesaffre son plus beau rôle, leur amitié durera jusqu'à la mort de Carné en 1996. Dans '' l'air de Paris"Carné se dévoile avec discrétion grâce aux rapports affichés entre Victor et Marcel.
C'est le deuxième film que je découvre de ce talentueux cinéaste qu'était Marcel Carné et "L'air de Paris" m'a séduit !! Ce long métrage évoque deux passions qu'avait le réalisateur, la boxe et la ville de Paris à l'ancien temps auquel on a droit à de jolies plans des rues de la capitale. L'histoire est humaine avec un entraineur de boxe qui trouve un jeune garçon qu'il rencontre et qu'il se rend compte qu'il est doué pour ce sport. Entre deux entrainements, dés les premières images du film, l'apprenti boxeur tombe sous le charme d'une demoiselle et sa passion tranche pour son avenir, l'amour ou la boxe. Un beau film que 'L'air de Paris" peut ètre méconnu mais qui vaut le coup d'œil de voir pour les fans de Jean Gabin toujours excellent, Arletty qui joue sa femme mais le role est secondaire et la révélation Roland Lesaffre qui, on peux le dire, vole la vedette à Gabin par son coté sentimental dur à cuir. Le match de boxe est impressionnant avec beaucoup de figurants. Une œuvre à découvrir.
Un film avec Gabin comme je ne l'ai encore jamais vu. La vie d'un petit club sportif. Les amateurs de boxe aprecieront peut-être.La vie des années 50 et celle d'aujourd'hui.Laquelle choisir...
Un film de Marcel Carné sans Prévert suscite toujours des réserves tant c’est leur association qui a donné au cinéma français quelques-uns de ses plus grands chefs-d’œuvre. Les films qui ont suivi cette période dorée s’étendent pourtant sur près de trente ans et ne doivent en aucun cas être pris pour quantités négligeables. C’est le cas pour L’Air de Paris, film méconnu au générique pourtant flamboyant (Jean Gabin et Arletty, excusez du peu !). Il faut certes reconnaître que le scénario n’est pas des plus imaginatifs, nous resservant la vieille histoire du manager de boxe sur le retour qui se prend d’affection pour un jeune poulain et fait tout pour l’emmener vers les sommets. Mais l’histoire est bien racontée, les comédiens jouent bien et on se laisse prendre facilement dans ce petit univers. La mise en scène de Carné est très académique en dehors de quelques plans fulgurants rappelant son génie passé, essentiellement ceux qui restituent comme par magie cet « air de Paris » qui donne son titre au film.
Comme toujours chez Marcel Carné, les forces du mal sont à l'oeuvre pour flinguer une belle histoire d'amour. Je ne me moque pas, je constate. Je suis un peu blasé de retrouver ce même canevas scénaristique de film en film, ça nuit au suspense et au plaisir. Et puis, c'est pas très joyeux, non que je défende à tout prix la "positive attitude" à la manière de Raffarin, mais ça devient lassant. L'affiche laissait pourtant rêveur, Gabion et Arletty réunis à l'écran, excusez du peu. Il n'y a guère que les dialogues qui m'aient emballé, certaines répliques valent leur pesant de cacahouètes, encore plus lorsqu'elles viennent de la bouche d'Arletty.
Un film populiste bien dans la veine du cinéma de Marcel Carné. Si l'intrigue amoureuse avec Roland Lesaffre et Marie Daëms n'est guère passionnante et convaincante, les scènes avec Jean Gabin, formidable dans ce qui est incontestablement un de ses meilleurs rôles, en entraîneur du plus cinématographique des sports la boxe, sont savoureuses surtout quand il est face à la toujours excellente Arletty. Même si le film n'a pas la magie d'"Hôtel du Nord", "L'Air de Paris" est une très belle plongée dans le Paris des petits bistrots et des bonheurs simples.
Carné sans Prévert... Le cinéaste offre un film sans la poésie dont il nous avait habitué. Le scénario est basique malgré une fin mélancolique. Roland Lesaffre (jeune boxeur) est dénué d'intensité, il sera meilleur acteur avec les années ; joué un personnage avec autant de nuance n'était pas à sa portée. Le plaisir est grand de voir réuni le couple mythique de "Le jour se lève" de Duvivier ; Gabin et Arletty sont bien ceux qui tiennent le film à bout de bras. Les matchs de boxe sont très bons, avec un étonnant réalisme avec des coups réellement portés. Un Très beau et très bon film, comédie dramatique de moeurs aux espérances mélancoliques. Mais on ne peut aussi s'empêcher de penser que Prévert aux commandes aurait donné le côté poético-réaliste qui en aurait fait un chef d'oeuvre.
Un Carné qui déroule sa caméra dans le Paris des années 1950. Très attachant. Les critiques de l'époque disaient que c'était un film trop poétique; c'est ce qui en fait sa beauté aujourd'hui. A voir.
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4,0
Publiée le 27 décembre 2009
Rèalisè par l'immense Marcel Carnè, "L'Air de Paris" est un air que respireront à pleins poumons les vrais amoureux de Paris! On pourra revoir avec nostalgie les Halles, le ventre de Paris, où rien n'existe à part la nourriture! Le duo Jean Gabin-Roland Lesaffre (très affutè) fonctionne à merveille au grand dam d'Arletty, qui de sa voix gouailleuse, l'informe à plusieurs reprises qu'elle en a marre! Rarement un film français n'avait peint avec une telle vigueur la vie privèe d'un ouvrier où la lègèretè poètique de Jacques Prèvert fait place ici à la soliditè professionnelle de Jacques Sigurd! il entre quelque nuance dans ses portraits pour un excellent film qui doit beaucoup à la perfection technique de Carnè et à la prèsence de comèdiens tels que Gabin et Arletty...
Carné sans Prévert vaut bien un deuil pour entamer de «L’Air de Paris» (France, 1954). Le bref noir total ne laisse que quelques secondes au recueillement cinéphilique. Sans même attendre, s’entonne une douce chanson par la voix allègre d’Yves Montand. Cette allégresse de la vie que Carné réprouvait aux côtés de Prévert, et qu’il réprouvera plus ou moins bien par la suite, n’apparait ici que selon un rythme en dent de scie. Les aléas psychologiques du personnage de Roland Lesaffre confèrent au film son irrégulière cadence, son double rythme. Alternant joie et dépression, le film de Carné conserve les vestiges d’un «réalisme poétique» bel et bien enterré, sinon présent sous les formes d’un fantôme. Et Prévert sans Carné ? Scénario signé Jacques Sigurd, sans grande inventivité, c’est de la mise en scène du cinéaste qu’il faut se contenter. Dans le même temps, «L’Air de Paris» permet ce que ses films prévertiens ne permettaient pas : l’hégémonie de la réalisation sur la dextérité narrative. Carné est enfin présent, révélé en dehors de l’ombre de Prévert, trop éblouis par l’irradiation du grand jour. Sous cette chronique mélodramatique et doucement sociale, Carné se dévoile comme réalisateur du lieu. Pour générique, ce ne sont plus quelques animations qui complètent le fond des plans mais alors les vraies rues de Paris, les vraies écoulements de la Seine dans son lit de pierre. La salle de boxe et l’appartement bourgeois se partagent entre des prises de vue réelle et des reconstitutions de la main de Paul Bertrand. Cette présence du décor dans l’imaginaire de Carné nous invite à reconsidérer ses œuvres du «réalisme poétique» sous l’angle des lieux. Trauner serait alors bien plus complémentaire à Carné que ne le fût Prévert. Les édifices factices qui parsèment la rue du Crime dans «Les enfants du Paradis» détiennent la véritable poétique de Carné. Lieu immobile, préfabriqué ou indolent, l’homme se fait la bête moribonde dans l’impassibilité des lieux.
L'ambiance de ce que pouvait être un petit club de boxe à l'époque est rendu avec beaucoup de naturel. Le sujet ne casse pas trois pattes à un canard mais le film est fluide et se laisse regarder gentiment.