Un joli film (en N&B) réalisé par Marcel Carné en 1954. Il nous offre une mise en scène sans faille, une direction d'acteurs efficace, et une distribution de choix avec l'inoubliabe Arletty, et un beau Jean Gabin à juste titre récompensé par le prix de la meilleure interprétation masculine à la Mostra de Venise. Son scénario, coécrit avec Jacques Viot, nous propose des personnages attachants dans une histoire amoureuse émouvante. Dommage que l'épilogue nous laisse un peu sur notre faim, nous laissant dans l'ignorance de l'avenir de Dédé le beau boxeur interprété par Roland Lesaffre.
Je ne savais pas que c'était de Carné en le regardant et je ne l'aurais pas deviné tellement ce film est différent de ceux j'ai vu.
Bien belle histoire, à la fois en retenue et en même temps qui met ses personnages à nu, surtout le personnage principal. Il est boxeur mais au fond si fragile, loin de l'image de la brute qui combat. Au final il combat surtout la misère qui l'accompagne depuis toujours.
Au risque de me répéter, pas un acteur n'est moyen. Est-ce dû au talent du réalisateur ou des acteurs ? Probablement les deux. Arlety est encore géniale et sans retenir son nom, l'actrice principale est géniale elle aussi. On sent en fait que ces différents acteurs ont vécu et mettent leur vécu au service de leur rôle. On dirait que le personnage qu'ils incarne, il l'ont été toute leur vie.
Les films qui parlent de boxe sont rares et celui-ci étant un prétexte au reste donne sans doute un cachet hors du commun au long métrage.
Je n'ai pas les mots mais ce film est vraiment un très beau film à regarder...
Ce film mérite le détour, ne serait-ce que pour le duo mythique Gabin-Arletty. Les dialogues, portés par l’élégance et l’ironie d’Arletty, sont un régal à eux seuls, et le film se laisse regarder avec plaisir. Pourtant, il pèche par un défaut majeur : son scénario. Car, au fond, il ne s’y passe pas grand-chose. Les intrigues amoureuses, bien qu’elles structurent le récit, s’enchaînent sans véritable tension, et la fin, aussi molle qu’inattendue, laisse le spectateur perplexe. Ni tragique ni heureuse, cette conclusion manque cruellement de cohérence, au point qu’on en ressort avec un goût d’inachevé. Dommage, car avec une fin plus percutante, ce film aurait pu gagner en intensité et en mémorabilité. Les acteurs, à l’affiche, promettaient pourtant une œuvre bien plus marquante.
Un entraîneur de boxe parisien rêve de former un grand champion alors que son épouse se languit d aller vivre sur la côte d azur. J ai aimé dans ce film l histoire des rêves que l on vit par procuration et plus simplement des rêves tout courts d une vie meilleure. Les combats de boxe sont très bien filmés et j ai apprécié la manière dont Carné faisait vivre son récit. Dommage que l interprétation soit inégale et que la fin ne paraisse trop abrupte.
"L'Air de Paris" (1954) est un film qui, sans être spectaculaire, parvient à capturer une certaine authenticité dans son portrait du Paris populaire des années 50. L’histoire suit Victor, un ancien boxeur devenu entraîneur, qui prend sous son aile un jeune apprenti, André, avec l'espoir de le mener au sommet. C’est un film centré sur les rêves, les désillusions, et surtout, les rapports humains.
L’atmosphère du Paris ouvrier est bien retranscrite, avec ses salles de boxe, ses bistrots, et ses rues où la vie ne semble pas toujours facile. Jean Gabin, dans le rôle de Victor, est impeccable comme d’habitude. Il joue ce personnage bourru, mais profondément humain, avec une justesse qui fait tout le charme du film. L’affection qu’il développe pour André est touchante, même si parfois prévisible.
Le problème, c’est que le film traîne un peu en longueur. L’intrigue avance doucement, et on sent parfois que certaines scènes auraient pu être plus dynamiques. La relation entre les personnages est intéressante, mais elle aurait mérité un peu plus de tension ou de surprises. Au final, l’histoire reste assez simple, sans grands rebondissements, et ça peut finir par sembler monotone.
En résumé, "L'Air de Paris" est un film attachant, surtout grâce à Jean Gabin, mais qui manque un peu de rythme.
Horriblement surjoué et même très mal joué (surtout Lesaffre dont Carné semble plus intéressé par sa musculature que par son talent). Côté boxe on est bien loin de Rocky et plus près de combats de chiffonniers. Arletty et Gabin ont la cinquantaine fatiguée et voir Gabin en masseur et faisant du jogging avec des oreilles faussement boursouflées...c'est presque aussi grotesque que Jean Paredes en couturier grande folle. Seul intérêt : voir le Paris des Halles de l'époque avec le mélange des bouchers et des belles en visons. Un Carné à oublier.
Francis Lemarque avait eu meilleure veine avec « à Paris » plutôt qu’avec cette chanson, pourtant chantée aussi par Montand!! Mais Gabin, Arletty et Paris!! Quelle luxe!! Tout est dit déjà avant que le film ne commence!! Gabin veut aider les jeunes à « passer leur jeunesse de paumé sans faire de blagues ». Quelle phrase magnifique antédiluvienne! Quel langage superbement désuet. L’histoire en elle-même est quelque peu molle. C’est dommage mais on oppose l’amour de l’un à l’ambition d’un autre. Dur à concilier.
Le Garrec, manager et propriétaire d'une salle de boxe, croit avoir enfin découvert de la graine de champion avec l'ombrageux André (Roland Lesaffre). On pourrait croire que le duo Gabin-Arletty, mari et femme, est le coeur du film. En réalité, Marcel Carné, enamouré semble-t-il de son beau et blond Lesaffre, offre à ce dernier le rôle principal -un emploi de jeune premier trop large pour le jeune acteur d'ailleurs- dans une mélo sentimentalo-populo-sportif d'un parfait ennui. Le scénario et les dialogues sont mauvais, les personnages se perdent dans les conventions de la vie des prolos parisiens (ou italiens, c'est une co-production franco-italienne...). On est loin d'un quelconque réalisme tant social qu'humain. Marcel Carné, à cette époque, n'a plus la flamme, ni poétique, ni celle qui lui permettrait de ressusciter une certaine forme de cinéma populiste d'avant-guerre. Carné meuble, notamment avec une séquence où le réalisateur nous propose, au milieu du film, quasiment les trois rounds d'un interminable combat de boxe -au demeurant assez réaliste au sens où Lesaffre paie manifestement de sa personne- au long duquel la musculature en action de Lesaffre semble le seul intérêt du cinéaste. Précisons pour résumer l'esprit romanesque médiocre du sujet: le boxeur fatigué retrouve de la vigueur sur le ring au moment où apparait sa chérie... L'histoire d'amour qui pourrait se dessiner entre les deux est lourde de bavardage et d'emphase. A part la salle de boxe, tout est factice dans ce film.
Juste après le tournage de « Touchez-pas au grisbi » (Jacques Becker 1954), Jean Gabin retrouve pour la dernière fois (quatre films au total) Marcel Carné. Le réalisateur qui aura dès ses débuts commis six films réputés comme des chefs d’œuvre dont quatre avec Jacques Prévert à l’écriture du scénario, semble avoir un peu perdu la main auprès des producteurs et du public au sortir de la guerre par suite de l’insuccès des « Portes de la nuit » (1946). À tel point que quelques bonnes âmes se plurent à faire courir le bruit que sans Prévert, Carné n’était plus grand chose hormis son incontestable maîtrise technique. Il aura pourtant tourné seize longs métrages entre 1946 et 1977 dont deux inachevés qui comptent parmi eux certains de très bonnes factures comme « La Marie du port » (1950), « Juliette ou la clef des songes » (1950), « Thérèse Raquin » (1953), « L’air de Paris » (1954) ou « Trois chambres à Manhattan » (1965). « L’air de Paris » est tourné juste après « Thérèse Raquin » adapté d’Émile Zola qui un an plus tôt avait récolté un Lion d’argent au Festival de Venise, sonnant comme un retour en grâce qui n’aura malheureusement pas lieu. Pour ce film, Carné qui a noué une relation amoureuse avec le jeune Roland Lesaffre, entend après quelques apparitions, lui offrir un rôle de premier plan dans un de ses films. L’intrigue concoctée par Jacques Viot que Carné apprécie depuis que celui-ci l’a « sauvé » sur « Le jour se lève », prend pour cadre le milieu de la boxe que Lesaffre connaît pour avoir pratiqué le noble art. Victor Le Garrec (Jean Gabin) ancien boxeur de niveau national reconverti entraîneur cherche en vain parmi les jeunes déshérités qui fréquentent sa modeste salle celui qui pourra faire la carrière qui s’est refusée à lui. Blanche (Arletty) son épouse qui s’est toujours dévouée à la carrière de Victor souhaite l’âge de la retraite approchant que le couple se retire dans le Midi où sa tante vient tout juste de lui léguer une résidence. spoiler: Mais la rencontre de Victor avec André un jeune cheminot désœuvré (Roland Lesaffre) va venir contrarier les plans établis quand celui-ci va faire montre d’un talent prometteur. Dès lors l’entraîneur revigoré et tendu vers son objectif qu’il croit enfin toucher du doigt va devoir composer avec la rébellion sourde de son épouse et le caractère angoissé, instable et rebelle de son poulain qui va rencontrer une très belle femme de condition bourgeoise (Marie Daëms) s’offrant à lui corps et âme . La narration par instants un peu convenue et prévisible dans ses enchaînements n’en propose pas moins une galerie de portraits attachants et élégamment brossés. On pense notamment aux deux personnages féminins qui dans des registres différents sont très réalistes. Arletty comme la très grande actrice qu’elle était parvient à imprimer à sa gouaille légendaire des intonations particulièrement émouvantes où l’amour à son époux le dispute à la frustration de devoir continuer à se sacrifier sans attente de retour. Marie Daëms à la carrière beaucoup moins prestigieuse fait merveille dans le rôle d’une femme à la sensualité comme la fragilité à fleur de peau qui va voir son assise intellectuelle patiemment construite fondre comme neige au soleil. Jean Gabin s’il paraît assez peu crédible en ancien boxeur courant dans les sous-bois avec son boxeur parvient tout de même à laisser transparaître toute l’humanité de l’ancienne petite gloire heureuse de transmettre son savoir à des mômes qui sans lui auraient probablement un parcours moins reluisant. Quant à Lesaffre qui d’évidence ne maîtrise pas toutes les facettes du métier d’acteur, son inexpérience colle assez bien à ce jeune homme qui derrière un pessimisme hérité de son enfance cache une envie de croquer la vie qui va croissant avec cet air de Paris qu’il respire à pleins poumons que ce soit sur le ring ou dans les bras de la très envoûtante Marie Daëms. Marcel Carné dont l’esthétique comme toujours est parfaite (l’ambiance enfiévrée des salles de boxe) transcende cette chronique douce-amère qui à travers la relation entre Gabin et Lesaffre (dont il se dit qu’elle aurait été un peu houleuse au début) duplique d’une certaine manière celle de Pygmalion qui l’unissait au même moment au jeune acteur de vingt ans son cadet qui par-delà les ans lui restera fidèle, les deux hommes reposant désormais dans la même sépulture au cimetière Saint Julien de la butte Montmartre. Jean Gabin récoltera pour l’occasion sa deuxième coupe Volpi à la Mostra de Venise après celle reçue pour « La nuit est mon royaume » de Georges Lacombe quatre ans plus tôt.
Le récit initiatique d'un jeune boxeur des quartiers populaires confronté à la difficulté de choisir entre sa carrière et l'amour. Un drame social attachant mais inégal, en raison d'un scénario décousu, et du manque de charisme de Roland Lesaffre qui fait pâle figure face à Gabin/Arletty. 2,25
Quinze ans après"Le Jour se lève", Gabin et Arletty se retrouvent à nouveau sous la caméra de Marcel Carné dans "LAir de Paris". C'est plutôt réussi, notamment Gabin dans ce rôle de coach sportif de boxe et également de conseiller conjugal de son protégé, joué par Roland Lesaffre (acteur fétiche de Carné), amoureux d'une mannequin qui fréquente le gratin parisien. Arletty joue l'épouse de Gabin, elle voit d'un mauvais œil l'arrivée de ce futur champion de boxe. Il l'empêche d'accomplir son rêve : partir sur la côte d'azur. Le début du film est assez ennuyeux, mais très vite on est captivé par l'histoire jusqu'au dénouement final.
Le film commence assez bien, l'histoire est prenante... Mais la narration se perd dans une histoire d'amour, au départ secondaire, qui vient gâcher l'intrigue. Heureusement, Jean Gabin rattrape le tout en incarnant un personnage attachant et très réaliste, là où son jeune apprenti boxeur joue tout le temps faux, au point d'être ridicule parfois. Aussi, certaines scènes sont inutilement trop longues... Bref, c'est un film très moyen, parce qu'un peu prenant tout de même malgré les nombreux défauts.
La boxe était un sport en vogue dans le Paris d'antan qui n'était pas très branché sport, et faire un film dessus cassait un peu les classiques, on en tirait le plaisir de s'encanailler parmi ces suants musclés. Quoiqu'on puisse penser du thème, c'est ici l'occasion de retrouver Jean Gabin dans un rôle pour une fois sans ambiguïté. Le franchouillard ronchon marque par sa bonhomie et sa bonté, et on ne peut l'accuser que de ne pas faire la part des choses dans l'intérêt commun. Y aurait-il un pendant secret à cette gentillesse suspecte ? Même pas ! C'est aussi une comédie bien au-dessus de sa moyenne de drôlerie jusque là, et il fait enfin partie d'une fin pas si terrible. Bon, le protégé de son personnage a dû faire le choix entre sa carrière et son amour. Mais la dureté et la monotonie des matchs de boxe est compensée par un grain de folie rafraîchissant en la personne du tailleur notamment. Content de connaître le sourire de Gabin trois décennies après le début de sa carrière.
Je viens juste de découvrir ce film. Quelle claque j'ai reçu. Une histoire passionnante, un tableau social du Paris de l'après-guerre. Je ne me suis pas ennuyé une seconde. Marcel Carné mérite bien sa réputation.