Oeuvre furieusement anti-nazie, "Chasse à l'homme" est un film où la concission et la rigueur légendaire de Lang font encore des merveilles. Le suspense est haletant, les rebondissements très nombreux et le cinéaste n'hésite pas confondre sans que cela nuise au film (au contraire!) plusieurs genres comme l'espionnage, le thriller ou encore le film de guerre le tout avec beaucoup d'humour. Walter Pidgeon est excellent en chasseur chassé (si on peux le surnommer ainsi), Joan Bennett parfaitement à l'aise en prostituée espiègle mais c'est surtout John Carradine avec sa silhouette inquiètante et George Sanders avec son allure dandyesque qui sont brillants dans les rôles de méchants nazis particulièrement horribles et détestables. Les scènes d'anthologie ne manquent pas dans ces 105 minutes qui laissent peu de répit au spectateur à l'exemple d'une remarquable séquence dans le métro londonien (superbement reconstitué). De l'excellent Fritz Lang.
Thorndyke, amateur d'émotions fortes, décide de placer Adolph Hitler dans sa ligne de mire avant d'être chassé par la S.A: Une oeuvre fondamentale à voir, et surtout pour la démonstration de la propagande de l'époque.
Un film de propagande intelligent, à l’instar du courageux Dictateur de Charlie Chaplin sorti l’année précédente. Car, bien que le film se termine par une scène tout droit sortie d’une publicité pour l'armée de l'air ou la Navy, tout le reste passe du film noir au film d’aventure, parsemé de scènes de comédie ou de romance (certes un peu maladroites, pas toujours convaincantes). Le film prend même pendant quelques minutes des allures de thriller hitchcockien dans le style 39 marches, avec son schéma typique de l’homme poursuivit à la fois par les méchants et par la police – une comparaison assez fréquente entre les deux maîtres, mais il est difficile de dire quelle est la part d’influence qu’à eut l’un sur l’autre, ou vice versa. De toute façon, cette situation ne dure que quelques scènes et n’est pas longuement approfondie comme aimerait à le faire Hitchcock. Un mélange des genres, certes, transcende Chasse à l’homme, mais ce n’est pas pour autant qu’il est fourre-tout ; au contraire, cela apporte à l’œuvre une grande richesse, des rebondissements à foison et imprévisibles, qui le rendent haletant et passionnant. Et la mise en scène de Lang, du pur génie, achève le tout et en fait un bel ouvrage, l’un des meilleurs films de son auteur. Et ce des les premiers plans : une forêt allemande, dans la brume, « shortly before the war »… Autre apogée, la scène du métro.
Premier film de propagande antinazi tourné par Fritz Lang, "Chasse à l'homme" est peut-être également son meilleur. Avec un talent incontestable, Lang fait monter la pression plus le récit progresse. Le film gagne en intensité au fur-et-à-mesure des courses poursuites au cours desquelles des nazis infiltrés en Angleterre poursuivent le héros, un chasseur virtuose soupçonné d'avoir tenté d'assassiner Hitler. La traque commence presque banalement de nuit dans les rues désertes de Londres, se poursuit dans le métro et se termine en apothéose dans une grotte perdue en pleine nature ou se cache le héros. Le chasseur est devenu le chassé, celui qui aimait traquer les bêtes sauvages en devient une lui-même. Propagande oblige, le film s'achève sur une note d'espoir. Même s'il faudra le temps qu'il faudra, la victoire est au bout du chemin.
Le scénario ne souffre pas d'invraisemblance mais Fritz Lang a suffisament de talent pour rendre ce film très agréable et divertissant. Néanmoins, le discours de propagande antinazi, certes nécessaire à l'époque et même précurseur (le film a été tourné avant l'attaque de Pearl Harbor), est trop prononcé et de ce fait, le film a pris un certain coup de vieux. Il reste néanmoins un film à suspense plutôt efficace.
Peut-être le meilleur film de Fritz Lang. Un sujet passionnant, des personnages de haut vol, des scènes qui ne tombent jamais dans le mélodrame ou la facilité. Mais aussi et surtout le combat d'un homme, voulant tuer Hitler et devant combattre a ce moment le IIIème Reich entier. Le sacteurs sont époustouflants, notamment Walter Pidgeon, mais la palme revient a George Sanders et John Carradine, époustouflants en Nazis. Un chef-d'oueuvre!