La Permission
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Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 836 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 avril 2025
Au-delà même du système répressif turc sont dénoncés l'obscurantisme, l'ignorance, le poids de fausses valeurs de loyauté ou d'honneur qui n'engendrent que davantage de violence, de misère et de misogynie (entre moralisme pudibond et rôle de soumission absolu) à travers les permissions accordées (finalement) à cinq prisonniers, tous à la fois victimes et rouages d'une société inégalitaire, inquisitrice, ignorante (saisissante image de jeunes enfants en train de fumer ou le couteau à la main). Conçue depuis une cellule inspiratrice, la mise en scène alternant entre temps de contemplation descriptive et de vivacité d'action (remarquable exploitation des décors, notamment lors des scènes de morts) enferme les personnages dans un cadre symboliquement resserré, au plus près des émotions frustrées, déçues, dépitées, de comédiens impeccables d'intensité et de sincérité (bouleversante ordalie). Des chemins où le bonheur et l'Amour semblent condamnés d'avance...
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 234 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2025
En Turquie, cinq détenus de droit commun obtiennent une permission. Tout à leur joie, ce qu'ils trouvent au dehors ne ressemble pourtant en rien à la liberté. Sortis de leur prison, ils en découvrent une autre: celle ou est contrainte toute la société turque à l'époque des dictatures militaires.
A ce moment du film, le malheur des Turcs semble directement lié au pouvoir militaire et au fascisme d'un Etat policier qui contrôle et emprisonne à tour de bras. Le réalisateur Yilmaz Güney -qui a connu la prison- va plus loin et son état des lieux du pays montre une société où beaucoup de ses concitoyens sont à la fois victimes et bourreaux. A travers le périple de chacun de ses cinq condamnés, le cinéaste évoque et fustige le traditionalisme, social et religieux, et ses archaïsmes.
Cette société à prédominance masculine qui relègue les femmes à un rang négligeable, qui proscrit l'adultère et condamne à mort spoiler: les ébats dans les toilettes d'un train
, Güney la filme sans aucun effet spectaculaire ou esthétique. Il décrit une société arriérée spoiler: où l'on massacre les kurdes, où l'on séquestre et répudie les femmes
, où l'homme turc cultive son propre fascisme.
Séparément des autres, chacun des personnages du film concrétise un aspect de la Turquie contemporaine, visage anecdotique mais éloquent qui, progressivement, au long de ce récit austère, nous touche et nous révolte.
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juillet 2024
À travers le parcours de cinq détenus tentant un retour chez eux lors d’une permission, Yilmaz Güney et Şerif Gören offrent un saisissant portrait de la Turquie. Malheureusement la narration est peu équilibrée et certains personnages ont du mal à exister.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 novembre 2018
C'est un bon film qui montré l'histoire de son pays. Les acteurs sont bien, les décors sont bien choisi, j'aime la musique mais il y a quelque chose qu'il est trés importent, c'est que le directeur parce qu'il nous a montré réalité de la société. D'aprés mois, Yilmaz GUNEY est le meilleur réalisateur que la Turquie. Et aussi, c'est film plus de réelle que dans son des films. C'est un film vraiment magnifique.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 juin 2018
Palme d'or à cannes en 1982. Étonnamment surpris par ce film turque que j'imaginais ennuyant. En vérité, il a captivant. Histoire de 5 permissions de prison qui tourne mal. Le film est militant, engagé et condamne la religion musulman bornée et la répression étatique de la Turquie sans oublier d'humaniser ses personnages tous touchants et très bien joués. Bien pessimiste mais bien utile.
dagrey1
dagrey1

107 abonnés 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 septembre 2017
Ayant purgé une partie de leur peine, cinq prisonniers turcs bénéficient d'une permission. Chacun s'en va rendre visite à ses proches dont la vie a été bouleversée par leur arrestation.

Le réalisateur du film, Yılmaz Güney a été arrêté dans les années 1970. De sa prison, il a écrit le scénario de Yol (la permission), et a dirigé le tournage en correspondant avec son assistant Şerif Gören à qui il donnait des indications depuis sa détention. Les images du film ont ensuite manqué d’être détruits par le pouvoir en place. Yılmaz Güney s’est évadé, est parvenu à gagner la France où il a achevé le montage de son film. Il est mort 2 ans plus tard.

Le film a obtenu la palme d'or à Cannes en 1982.

Fatum
Réalisé chronologiquement entre le film Midnight express d'Alan Parker (1978) et la Turquie contemporaine, religieuse et réactionnaire d'Erdogan, Yol n'est pas une carte postale idyllique sur le pays. A travers le destin de 5 prisonniers de droit commun, Yol raconte les bouleversements intervenus dans la vie des familles des protagonistes.
Le poids de la fatalité qui pèse sur la société turque s'exprime dans différentes thématiques traitées ici sous un angle aigu: la place de la femme, le poids des tradition, l'honneur et les crimes commis en son nom, la place des kurdes dans la société Turque, la religion musulmane (déjà...).

Le film est réaliste, il est même dur dans son traitement quasi documentaire d'une société verrouillée et patriarcale qui cadenasse l'individu, frustré dans les grandes largeurs.
Yol se déroule au son d'une excellente bande originale. Il s'agit d'un film engagé qui aborde fort intelligemment, entre autres, la question kurde.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 avril 2016
Un film comme un témoignage. Un contraste entre les paysages sereins et la dure réalité du régime. Parfois quelques élans de joie, mais pas d'espoir ou bien ce ne sont que des rêves. Constat amer et froid. L'émotion est brute. Pas vraiment divertissant..
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2015
Turquie, début des années 1980 : Quelques détenus obtiennent une permission pour retourner dans leurs familles dans un laps de temps assez courts. Mais ce retour à la réalité s’avérera plus compliqué que prévu...

C'est en prison que Yılmaz Güney (condamné pour avoir été mêlé à un meurtre) écrit et réalise Yol, la permission, donnant des directives à son assistant Şerif Gören, avant de s'échapper de prison pour rejoindre la France où il termina le montage. Tout le long de l'oeuvre, il braque sa caméra sur les cinq destins qui vont découvrir la façon dont leurs actes et détentions ont bouleversé le cours de la vie de leurs proches.

Güney arrive à nous intéresser à ses divers destins meurtris, donnant une vraie force et puissance dramatique au récit. On découvre d'abord les personnages avec leurs envies de retrouver leur proche et rattraper le temps perdu puis peu à peu les désillusions en découvrant la dureté et la réalité de la vie dans cette Turquie, à l'image de tout le passage dans le train, où l'intensité dramatique est à son comble. Il nous fait passer par tout un panel d'émotion en retranscrivant très bien celles des protagonistes, que ce soit le courage, les déceptions ou encore la cruauté, et vision, de la vie. Il met en place une atmosphère lourde et pessimiste pour un film regorgeant aussi de quelques beaux moments lyriques, notamment lorsqu'il filme la vie et les paysages turcs. Le montage, alternant entre les différentes histoires, est ingénieux, jamais lourd et sachant s'attarder suffisamment sur chacun des personnages pour en faire ressortir toute l'émotion, la mélancolie ou encore la cruauté et Güney utilise très bien la musique qu'il a à sa disposition.

Mais là où Yol, la permission est vraiment saisissant, c'est dans sa représentation de cette société turque prise sous un régime militaire. La vision de la population est aussi juste que puissante, à l'image des enfants fumant dans l'un des villages. Il retranscrit toute la pauvreté et le retard dans son évolution de ce pays. Mais c'est aussi l'importance de la religion, la place des femmes, le sort des Kurdes, la famille ou encore les mœurs alors en vigueur dans ce pays qu'il aborde avec authenticité et intelligence, faisant réfléchir le spectateur sur plus d'un point et ayant des répercussions sur bon nombre de questions actuelles.

Palme d'or au festival de Cannes 1982, Yol, la permission est un dur et poignant témoignage de la situation en Turquie, réalisé par un metteur en scène emprisonné et mettant en avant des personnages meurtris face à la vie, sa dureté, son absurdité et ses mœurs.
Uncertainregard
Uncertainregard

140 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2014
Une palme d’or amplement méritée vu le thème et la difficulté de tournage de ce film. Le début n’a l’air de rien et est plutôt ennuyeux à voir ces prisonniers profiter de cette « permission » en partant dans toutes les directions retrouver leurs familles. On ne se doute pas que c’est un véritable voyage de longue durée qui va se dérouler sous nos yeux à découvrir l’histoire passée de chacun d’eux. Ils ont été emprisonnés mais pourquoi ? Et que sont devenus leurs proches ? On pourrait s’attendre à de joyeuses retrouvailles mais c’est plutôt le côté obscure qu’a choisi ce réalisateur dans son scénario pour dénoncer son vécu en tant que Kurde en Turquie. Entre celui qui va se retrouver en plein conflit armé, celui qui va se faire arrêté pour avoir osé copuler avec sa femme dans un train et surtout celui qui va traverser les montagnes enneigés pour retrouver sa femme bannie pour s’être prostituée, c’est une profonde dénonciation pour ne pas dire un cri de guerre à l’encontre de l’autorité du gouvernement Turque mais surtout la culture sur le plan familial et religieux. Une jolie mise en scène et une très bonne interprétation pour ce très beau film peu bavard mais aux images fortes qui saura vous émouvoir avec de subtils passages musicaux fort bien choisis…
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 novembre 2014
Un film dur, qui critique de manière acerbe le traditionalisme turque. Enfermés dans leurs croyances, ils ne s'autorisent ni la liberté de penser ni la liberté d'agir, et l'indépendance de la femme semble ne pas être à l'ordre du jour, surtout dans les contrées reculées que nous présente ce film. Formellement parlant, "Yol" est assez lent et peu bavard, mais cela n'empêche pas d'avoir des choses à dire, notamment avec les non-dits et des regards qui en disent long entre les personnages. Le scénario, riche en histoires croisées, nous ramène cependant toujours à la même conclusion : d'où que l'on vienne, de quelle condition que l'on soit, on n'échappe pas aux dictats de la bienséance et des bonnes mœurs. A ce titre, la fin est assez éloquente et conclut d'une manière sombre un film déjà crépusculaire et désabusé de par son propos. Grand film.
Hotinhere

790 abonnés 5 467 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 janvier 2014
L’histoire de cinq prisonniers en permission. Une œuvre fascinante réalisée de sa prison par le réalisateur, qui attira l’œil du monde entier sur les violations des droits des prisonniers politiques sous la dictature turque. Un film profondément politique, pessimiste et émouvant. Palme d’or 1982.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juin 2013
C'est depuis sa prison que le cinéaste Yilmaz Güney donnait ses indications de mise en scène à son assistant, Serif Gören... Son film est un violent réquisitoire social et politique contre son pays, la Turquie, présentée comme une vaste prison sans barreaux. Rudesse des lois civiques et morales, oppression des Kurdes... Une oeuvre dure et douloureuse, où il est question de liberté, d'honneur, d'amour. Esthétique aride. Mais l'émotion arrive sur la fin.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 décembre 2013
Un film constat sur ce qu'était et est la Turquie. Un état gangrené par l'honneur et les traditions, mise en scène intense et plusieurs scènes sont édifiantes.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mars 2012
Il n'est pas rare d'oublier le sénario d'un film en sortant du cinema ( et ça arrive plus souvent qu'on ne le pense ). Mais lorque j'ai vu pour la première fois "La Permission", ce film m'a tellement emerveillé qu'il est resté graver dans ma mémoire. Des films comme celui la on n'en fait plus et c'est bien dommage! Il y a une réelle qualité sur le plan cinématographique : Les decors sont très bien choisi, la musique est belle, ce sont de bons acteurs (il faut également préciser que beaucoup sont des amateurs !). Mais ce qui me plait le plus à travers ce film, c'est que Yilmaz Guney nous a montré une peinture réelle de la société de cette époque tout en sachant que réaliser un film pareille en Turquie était assez risqué. Je reconnais bien ici son style. C'est un film vraiment magnifique que je conseille à tout le monde de voir ;).
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 août 2010
Palme d.or au festival de Cannes. Un film kurde à voir ! Eviter les versions censurées par le gouvernement turc. Pour info, Yilmaz GŪNEY est un cinéaste kurde mort en exil à Paris. Il est enterré au cimetière du Père-
Lachaise
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