Quand en 1989, il apparaît dans « Blaze » comédie inspirée de la relation « scandaleuse » d’un gouverneur (Earl Kemp Long, 3 mandats durant les années 1940 et 1960) de Louisiane avec Blaze Starr, une ancienne strip-teaseuse, Paul Newman âgé de de 63 ans n’est plus très loin du terme de sa carrière cinématographique qu’il a volontairement ralentie pour se consacrer pleinement à sa passion pour la course automobile. Il ne tournera plus que dans sept longs métrages concluant sa prestigieuse filmographie en 2002 avec « Les sentiers de la perdition » de Sam Mendès dans le rôle d’un parrain de la mafia irlandaise père spirituel de Tom Hanks. Ron Shelton scénariste à l’origine, adapte le livre de souvenirs de Blaze Starr. Il a fait ses débuts de réalisateur un an plus tôt avec « Duo à trois » romance située dans le milieu du base-ball qui a profité de la très forte popularité du moment de Kevin Costner. Paul Newman tient le rôle du gouverneur blanchi sous le harnais aux manières plutôt rustres entrant en campagne électorale alors que Lolita Davidovich encore débutante incarne Blaze Starr. Filmée sous tous angles, l’actrice s’avère très convaincante par le mélange qu’elle diffuse entre candeur, sensualité affirmée et caractère bien trempé. Elle deviendra par la suite l’épouse de Ron Shelton. Politique iconoclaste exubérant, sortant souvent hors du cadre censé être le sien, le gouverneur s’il peut paraître d’abord plutôt exaspérant voire antipathique, laisse apparaître derrière la façade une réelle empathie pour les délaissés notamment les noirs dont il soutient avec doigté leur émancipation dans un État plutôt réactionnaire. Paul Newman lui aussi blanchi sous le harnais et pourtant peu à l’aise dans les rôles excentriques, parvient à donner le change face à une Lolita Davidovich qui montre à la manière de Valerie Perrine dans « Lenny » (Bob Fosse en 1974) qu’elle bien d’autres choses à faire valoir que sa plastique très avantageuse. Malheureusement, elle aussi mènera une carrière un peu décevante au regard de ce qu’elle avait laissé entrevoir dans ce « Blaze » plutôt attendrissant malgré ses maladresses et la mise en scène un peu brouillonne de Ron Shelton. Comme on pouvait s’y attendre le succès ne sera pas au rendez-vous.