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Un visiteur
3,5
Publiée le 11 septembre 2012
Film pour le moins énigmatique, la structure narrative est complexe et ne se clarifie jamais. Heureusement, la réalisation contemplative et fantomatique intrigue le spectateur mais débouche finalement dans la dernière demi-heure à un léger désintérêt. Ambiance taiseuse (peu de dialogues), un film ou il y a du bon et du moins bon.
En dépit d'un pitch sortant de l'ordinaire, le réalisateur semble se complaire dans les certitudes et donc le tout lasse bien vite, amalgamant naturalisme et réalité.
Présence magique de Michel Subor. Grace absolue de Goulobeva. Mythification de Béatrice Dalle. Claire Denis réussit un film de fantômes, de corps en miettes, volés, d'identités qui s'échangent, sans se connaître. Des paysages sublimes. Une vraie façon de filmer.
C'est fort-midable, on ne sait à quel saint se vouer. Ce film laisse la concurrence hagarde, les pieds dans les starting-blocks. Evidemment, les gens qui aiment les scénari structurés et les personnalités définies en seront pour les frais, mais c'est aussi le rôle du cinéma que de détruire les (faiseurs de) certitudes. Beau travail, miss.
Malgré un début correct,le film perd de son intensité au fil des minutes,le scénario est d'une trop forte complexité pour accrocher le spectateur qui s'ennui au bout d'une demi-heure de film.
Le film marque et fascine par sa narration très impressionniste, totalement elliptique, kaléidoscopique. Claire Denis filme les corps, les visages, les paysages, les bruits, les sensations. On est pris et légèrement enivré par cet ensemble d'éléments qui constituent un mystérieux poème. J’ai vu le film de nombreuses fois au cours des années et je ne peux pas vraiment dire quelle en est l’histoire. Le risque est de s’attarder un peu trop longuement sur ces corps et sensations, et d’en perdre une forme d’équilibre. La musique de Stuart Staples, plus dure qu'à l'habitude, tend vers le a-mélodique comme le film tend vers le a-narratif. Mais ultimement, cela reste un film d’une grande beauté.
J'aime trop certains films de Claire Denis pour ne pas lui en vouloir. Comment une cinéaste aussi douée pour d'habitude, créer des atmosphères fascinantes et troubles, peut-elle en arriver là ? Certes, la réalisatrice du cultissime "Trouble everty day" a toujours été la reine de l'ellipse. Mais là, c'est trop. Aucune histoire à laquelle se raccrocher, plus grave, aucun plan, aucun corps (à part peut-être celui de Grégoire Colin lors de la scène d'ouverture) ne parvient à exister, à fasciner, à émouvoir. Ca ne raconte rien, ça ne parle de rien, et ce n'est même pas beau à voir. On est dans un cinéma autiste et égoïste avec la désagréable impression que Claire Denis a fait son film pour elle toute seule, baladant sa caméra n'importe où, faisant un montage approximatif et évitant tout sujet et tout thème. On a beau y croiser tous ses acteurs fétiches, on ne reconnait pas un seul instant la Claire Denis qu'on aime tant et à qui on doit d'inoubliables émotions de cinéma. Là, aucun trouble, aucun vertige, aucune fascination. Juste un immense ennui qui se transforme au fur et à mesure que le film avance en profond agacement.
C'est beau, glacant et fascinant. Claire denis manie l'épure à l'extrême. Le film est long, certes, 2 heures, mais l'étrange et le mystère qui s'en dégagent maintiennent l'intérêt jusqu'au bout du voyage. Présence charismatique et charnelle de Michel Subor qui porte, à lui tout seul, le film sur ses épaules.