Le Général de la Rovere
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Yves G.

1 845 abonnés 4 015 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 août 2025
L’action se déroule à Gênes sous l’occupation allemande à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Emanuele Bardone (Vittorio De Sica) est un joueur invétéré et un mythomane accompli. Portant beau, il abuse de la crédibilité des familles de prisonniers italiens en prétendant qu’il peut intercéder auprès des autorités allemandes. Mais sa supercherie ayant été révélée, il est fait prisonnier. Le chef de la police allemande, le colonel Müller, décide de le faire passer pour le général Della Rovere, un haut gradé qui vient d’être tué alors qu’il tentait de revenir en Italie y prendre la tête de la Résistance. Il lui demande, en échange de sa libération, de dénoncer ses co-détenus.

J’ai découvert Rossellini durant l’été 1992, en pleine révision, grâce à une rétrospective diffusée dans l’un des cinémas du Quartier-Latin (était-ce la Filmothèque ou le Champo ?). Je me souviens encore du choc que j’ai ressenti devant "Rome ville ouverte", "Païsa", "Allemagne année zéro" que j’avais vu à la suite l’un de l’autre, au risque d’y délaisser mes cours de droit public et de macro-économie. Je me demande comment j’y réagirai aujourd’hui. Car le cinéma de Rossellini a mal vieilli. Sa grandiloquence est passée de mode.

"Le Général Della Rovere" (qui, à l’origine, est sorti en France sous le titre "Le Général de la Rovere" avant, quelques années plus tard de revenir à un plus orthodoxe « Della ») est tourné quinze ans plus tard, à l’orée des années soixante. Le néoréalisme italien a fait long feu. Mais le cinéma de Rossellini n’a guère évolué. Il tourne toujours en noir et blanc un sujet édifiant tiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée durant la Seconde guerre mondiale.

"Le Général…" est l’histoire d’une rédemption. Un minable arnaqueur va devenir un héros. On retrouve là des thèmes qui traversent tout le cinéma de Rossellini : son humanisme, sa foi chrétienne, son communisme, l’exaltation des valeurs de la Résistance au fascisme…. Ces thèmes sont-ils encore d’actualité ?

Qu’on instruise ou pas ce procès-là contre ce film, il est sauvé par la fluidité de sa mise en scène et surtout par l’interprétation de Vittorio De Sica. Le réalisateur du "Voleur de bicyclette" est impérial dans le rôle titre. Il réussit tout à la fois à lui donner la gouaille du malfrat et la noblesse du héros de guerre.
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 septembre 2021
Oui Le Général della Rovere est un bon film, oui c'est un beau film et durant les premières minutes j'ai été vraiment conquis, me disant que j'avais face à moi un film qui avait l'air grandiose malheureusement je ne peux pas dire que j'ai été réellement enthousiasmé.
Passé les premières minutes excellentes, la rencontre entre l'escroc et le général allemand, cela sombre dans plusieurs passages assez bavards, sur la durée ce film est trop long. La seconde partie durant laquelle l'escroc qui va se faire passer pour un chef de la résistance en prison (je rappelle que ce film se déroule en Italie en pleine guerre mondiale, en 1943) manque considérablement d'intensité, la souffrance des prisonniers qui risquent leur vie n'est pas ressentie par nous ; la réalisation, certes, de qualité de Rosselini est trop sobre. Et malgré un final renversant, ce drame me laisse sur ma faim.
Reste tout de même une belle histoire et une excellente interprétation de la part de Vittorio de Sica et de Hannes Messemer en colonel allemand loin d'être inhumain.
Alexcherbourg
Alexcherbourg

22 abonnés 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 août 2012
Ex Aequo pour le Lion d'Or avec La Grande Guerre, le General della Rovere a un peu le même sujet, à savoir la conversion héroïque d'un (2 pour la Grande Guerre) personnage médiocre et pleutre. Le traitement est toutefois différent. Le film de Rossellini flirte avec le comique sans jamais être outrancier, alors que celui de Monicelli accumule les blagues potaches.
Malheureusement, on retrouve aussi quelques tares du réalisateur, à savoir un aspect un peu brouillon (décors branlants, acteurs non dirigés qui regardent la caméra...), ou l'utilisation complétement artificielle d'images d'archive. En outre, il y a certaines faiblesses scénaristiques: Comment les Allemands savent-ils qu'ils ont capturé Fabrizio? Comment De Sica a-t-il obtenu du papier et un stylo?
Malgré tout, le General della Rovere est un grand film, tiré de bout en bout par le jeu parfait de de Sica et une histoire palpitante, qui nous confronte et nous interroge sur l'ambigüité humaine.
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 mai 2018
Film superbe sur un profiteur de guerre qui à force de jouer un rôle finit par croire à son personnage. On retrouve dans ce film la manière de Rossellini et son goût pour les images d'archive qui remplacent ici l'approche néo-réaliste de ses chefs-d'oeuvre des années 1940. Comme souvent dans son oeuvre, il montre la dignité de certains héros anonymes. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 décembre 2021
​La rédemption d’un anti-héros profiteur de guerre. Un drame saisissant porté par l’interprétation impeccable de Vittorio De Sica, même si la seconde partie manque d’intensité malgré un final renversant.
Lion d’or à Venise.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 227 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 avril 2025
Pendant la seconde guerre mondiale, dans l'Italie fasciste soumise à l'Allemagne, un petit escroc profite du malheur des familles de prisonniers ou de condamnés politiques.
Moins infâme que pathétique, moins cynique que faible, le personnage de Vittorio de Sica est un pauvre bougre qui traverse la guerre comme il peut et dont Rossellini, loin d'en faire une crapule définitive, démontre la regrettable ambivalence. La beauté du film tient dans ce portrait hors du commun. De Sica compose superbement ce comédien à l'italienne, séducteur volubile, ce Bertone vieillissant et veule, pauvre diable partagé entre sa conscience et son opportunisme misérable.
Mais Bertone, dont Rossellini peint avec une certaine cruauté l'indignité, n'existe dans le film que pour être réhabilité et témoigner du message à la fois moral et optimiste qu'adresse le cinéaste.

Dans une seconde partie bien distincte, Bertone, doit jouer son dernier rôle, spoiler: celui d'un général italien et héros charismatique du peuple. Rattrapé par la grandeur de son imposture, il découvre une conscience patriotique et solidaire.
Rédemption sans complaisance parce qu'attachée à des péripéties réalistes et graves, à une mise en scène sobre et sincère, à un personnage d'une profonde at attachante humanité.
La réalisation de Rossellini est magistrale et le rôle inoubliable.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 400 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mars 2022
Pendant l'occupation de l'Italie par les Allemands vers la fin de la seconde guerre mondiale, un ancien officier de l'armée italienne révoqué pour son manque de déontologie et ses escroqueries à la petite semaine, est recruté pour identifier le chef de la résistance. Couronné du Lion d'or au festival de Venise, "le général de la Roverre " ne rencontra au moment de sa sortie, ni un grand succès public, ni critique et poussa Rosselini, à se tourner peu à peu vers la télévision. Le thème porte sur la rédemption et la tentative d'un homme de se racheter après avoir mené une vie immorale. Au plan cinématographique, c'est, selon moi, un chef-d'oeuvre du réalisateur qui fût réhabilité par la critique professionnelle au fil du temps pour être aujourd'hui reconnu comme un des opus majeurs du père du néo réalisme. Rosselini poursuit ici sa quête de connaissance des tréfonds de l'âme humaine. L'interprétation de Vittorio De Sica est admirable ainsi que la direction des acteurs mêlés de professionnels et de non professionnels. Le film se décompose en deux parties, dont la seconde n'est pas sans faire penser, au plan thématique, à "l'armée des ombres" de Melville. "Le général de la Roverre" fait,à mes yeux, partie des œuvres majeures de l'art cinématographique.
Prad12
Prad12

122 abonnés 1 086 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2015
Étonnant film de guerre sur la résistance et la rédemption d'un escroc dont on voit la lente transformation et l'imprégnation de son rôle qu'il finira par confondre avec la réalité..... un très beau et âpre Rossellini sur une époque terrible où le scénario nous démontre que chacun peut choisir le bon côté pour peu qu'il soit humain..... les 10 dernières minutes sont impressionnantes de vérité, "je veux sortir je n'ai rien fait"...."je vous crois mais c'est justement là votre tort, de n'avoir rien fait"....... une immense dénonciation......
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2013
Film de guerre et de résistance, en Italie pendant la présence des nazis.
C'est l'histoire d'un homme plutôt voleur au début du film (la 1ère moitié) et qu'on obligera à se faire passer pour un général dans une prison afin de dénoncer les résistants. (2de moitié).
Très bon film de Rossellini. Réalisé en grande partie en studio (avec des extraits de documents d'époque) dans un beau noir et blanc, sans excès de style, mais très bien mis en scène avec de très bons acteurs (De Sica). Des dialogues de qualité, quelques documentaire de l'époque de la guerre, sont bienvenus. La 2ème partie, uniquement dans la prison, très bien réalisée également, avec des séquences émouvantes (la femme du général, et la fin du héros). Film qui pose bien le problème de la résistance et de la délation, et de l'héroïsme.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 février 2011
Les salauds ne dorment pas tous en paix.
Production de commande écrite et réalisée en quatre mois par Rossellini, El General Della Rovere raconte la métamorphose d'un escroc au cynisme naïf, suite à son arrestation. Ce dernier va devoir coopérer avec les nazis en jouant le rôle d'un général résistant, afin d'identifier les autres officiers détenus. Atmosphère glaciale, même ton que l'Armée des ombres de Melville, visions d'une ville déchue où l'humanité est à reconstruire, réminiscences du néoréalisme italien, ce film est un chef-d'oeuvre.
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