Lord of war est un film ambivalent. Car si au premier abord il s'agit d'une fiction, d'un autre côté nous ne sommes pas loin d'une vérité dérangeante et affligeante de notre piètre société. D'ailleurs Andrew Niccol n'a pas hésité à rentrer en contact avec de vrais trafiquants d'armes, et le personnage principal, Yuri Orlov, interprété avec brio par Nicolas Cage, est directement inspiré par un des plus puissant du milieu, Viktor Bout. C'est aussi pour cela que l'on se laisse happer par le film pour mieux essayer de comprendre les raisons qui poussent ces personnes à répendre le mal sur la planète. On s'aperçoit également le rôle joué par les dirigeants des pays comme les Etats-Unis qui sont autant responsables que ces trafiquants. Le sujet est donc grave et on voit pleinement l'horreur de ce trafic, ainsi que l'avidité des hauts dirigeants des pays en guerre. On se rend compte que le monde ne tourne pas rond, et que si certains essayent d'aider les pays en difficultés, d'autres au contraire n'hésitent pas à les faire sombrer dans un bain de sang. Pour en revenir au film, Nicolas
Cage nous offre une excellente performance, qui d'ailleurs reste sa dernière en date. Il est on ne peut plus crédible en requin menant une double vie. On se régale à le voir semer Interpol dont Ethan Hawke en est le représentant. Le frêre de Yuri Orlov, Vitaly, intreprété par Jared Leto, est beaucoup moins confiant que lui. En effet, même s'il s'interesse plus à s'amuser avec l'argent qu'il peut gagner en vendant des armes, d'un autre côté il se rend compte de l'ignominie de ce travail. Il se rend compte que ses armes vont anéantir des milliers de vies à cause de lui. Cependant même s'il essaye de dissuader, en vain, son frêre il ne peut pas le laisser tomber. C'est ainsi que l'on se rend compte de l'égoisme démesuré de Yuri Orlov. Ce business juteux devient sa véritable drogue contrairement à Vitaly qui lui se drogue pour de vrai (et donc ne détruit que lui même), entrainant la mort autour de lui. Et cette avidité va lui coûter très cher. Pourtant on arrive à penser qu'il est capable de laver son honneur en arretant net son trafic par contrainte et un peu par amour pour sa femme, mais c'est en fait pour mieux se rendre compte de sa dépendance à ce travail abject. D'ailleurs il n'hésite pas à se salir les mains en éliminant froidement ses concurrents très influents, voire pousser à bout toutes les personnes qui lui sont proches. Plus que l'amour, la fierté, l'honneur, et que finalement l'argent, cette toute puissance le ronge jusqu'à la moelle et fini tout simplement par le posséder.