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Kalie
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4,0
Publiée le 22 mai 2021
L'image de début et de fin de « Lord of War » montrant Nicolas Cage en costume-cravate avec un attaché-case à la main devant un tas de munitions, résume bien ce film polémique. Durant le générique à la BO pêchue, on suit le parcours d’une balle, de sa sortie d’usine aux théâtres des opérations, pour finir dans le front d’un innocent ! Les commentaires du film sont extrêmement cyniques à l’image du personnage principal (« Un homme sur douze est armé sur cette planète. La seule question est : comment armer les onze autres ? » ; « La violence est dans notre nature. Le plus vieux squelette humain était criblé de flèches. » ; « Je préfère que mes clients ratent leurs cibles. L’essentiel est qu’ils tirent. », etc.). Certains dialogues sont plus incongrus (« Tu peux me ramener le flingue de Rambo ? - Lequel ? Celui du un, deux ou trois ? »). Notre VRP fait l’éloge de ses produits avec une froideur toute professionnelle comme l’historique et la description dans les moindres détails de la tristement célèbre kalachnikov. Mais lorsqu'on voit notre vendeur d’armes juste derrière un combattant en pleine bataille ; le démonstratif vire à l’invraisemblable. Heureusement, avec ses images chocs qui valent bien des discours (enfants mutilés, enfants-soldats exécutés, populations massacrées à mille lieues des salons d’armement et leurs mannequins sexy), « Lord of War » dénonce clairement les conséquences tragiques du trafic d’armes partout dans le monde. Nicolas Cage montre ici plusieurs facettes de son talent avec l’évolution de son personnage qui passe d’acteur à victime de ce commerce souterrain. Le film raconte également la vie personnelle de notre commerçant un peu spécial sur plusieurs années (les relations avec son frère turbulent et idéaliste ; la femme idéale avec qui il fonde un foyer) parallèlement à son activité professionnelle (ses affaires, des pays de l’Est aux dictatures africaines ; la concurrence impitoyable ; l’agent qui le traque sans relâche). Si la première subit de gros changements ; la seconde continue de plus belle au-delà du film et ce malgré une arrestation. Pour certains, la voix off alourdit le film et fait un peu prétentieux. Selon moi, elle clarifie le message et donne du cachet au film. Sinon, j’aime bien le passage où notre trafiquant d’armes maquille en catastrophe un bateau avant que des gardes ne l’accostent ou la scène dans laquelle le personnage de Nicolas Cage refourgue à la hâte son stock de kalachnikovs à de pauvres paysans pour échapper à un contrôle. Vraiment, tout cela est bien immoral. Il faut dire que les mots « trêve » et « négociation » sont les pires ennemis du marchand d’armes. Bref, voilà un film intéressant et unique dont on aurait tort de se priver, à condition d’être attiré par le sujet.
Marquer les esprits. Tel a dû être le mot d'ordre chez Andrew Niccol, avec ce film sur le trafic d'armes. Le problème, c'est que pour marquer les esprits, il faut se démarquer. Sortir des sentiers battus. Ici, précisément, ne pas tomber dans la dénonciation ouverte et directe. Eviter les lourdeurs moralistes dans lesquelles s'embourbent bien des réalisateurs. Eh bien, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est réussi. Pendant 1h30, on en est même à se demander s'il y a bien la volonté de dénoncer. Très bon signe! Le personnage principal, formidablement incarné par un Nicolas Cage retrouvé, ne se pose pas de questions. Il fait ce qu'il a à faire, avec pour seul et unique but de satisfaire sa famille et sa femme. Seulement, c'est bien sa famille qui, de manière assez attendue finalement, l'amènera à réfléchir. Mais seulement à réfléchir. Car ce qui en ressortira, c'est que non seulement il n'est pas responsable, mais en plus une fatalité glaçante et tellement plus marquante qu'un repentir qu'on redoutait tous; bravo donc pour la conclusion qui donne tout son sens à la relative platitude du reste. Une monotonie qui en perdra certainement plus d'un.
Du cynisme à foison, des images de clip, un scénario à la Scorcese et des acteurs au top. Tel est le cocktail "explosif" de Lord of War qui ne s'emballe à aucun moment et ne surchauffe pas non plus. Un film aussi efficace qu'un AK47 en somme !
Un des meilleurs films de ces dernières années, sur un sujet difficile : le trafic d'armes. Les acteurs sont très bons, le scénario excellent. On passe un très bon moment, un film qu'il faut avoir vu. Comme Highlander III. Non, là je plaisante
Voici un film palpitant, bien ficelé, avec de bons interprètes et où l’on ne s’ennui pas un instant….
MAIS ce truc très bien foutu, est aussi, quant au fond, discutable.
Oui le personnage campé par Nicolas Cage est attachant. Mais c’est une véritable ordure qui vend des armes de guerre et contribue à alimenter les dictatures. Toute l’ambiguité est là : on s’attache à un personnage de fiction (certes basé sur le modèle de cinq salauds ayant réellement existé) qui est une noire crapule… Le principe du blockbuster : faut que ce soit marchand !
Mais ce qui me gêne le plus ne se rapporte pas au seul portrait de ce pourri… Non. C’est surtout le scénario même d’Andrew Niccol qui me semble pêcher par omission ou par déformation…
On y retrouve le prêche habituel de la majorité des films américains grand public… C’est de nous américain d’où surgi immanquablement la clairvoyance… Et puis Yuri, l’odieux trafiquant, ben, woui, c’est pas un vrai américain comme l’inflexible agent de la CIA jack Valentine… « Ah ! Ces Russes… Ils sont pas comme nous, yankees ! La fibre morale y connaissent pas ! » Et tout est à l’encan : les africains une majorité de miséreux passifs et destructeurs (le désossage d’un avion fait penser à une fourmilière s’attaquant au cadavre d’une souris) menés par des dictateurs sanguinaires grotesques… Rien n’est abordé sur l’origine de ces situations de guerre ou de ces despotes sanguinaires (bien souvent mis en place par les occidentaux pour servir leurs intérêts)… Rien n’est dit sur le refus des USA de signer les conventions interdisant la production de mines anti-personnelles !
Bon, c’est dit ! Il n’en reste pas moins que ce petit blockbuster (il n’a coûté « que » 42 millions de dollars) est un excellent pamphlet contre les marchands d’arme…
Coïncidence, hier (08/07/2014) à la télé on nous montrait le dernier né de la famille Dassault : un drone de belle envergure capable de transporter une bombinette massacrante en diable !
Tiens, j’m’en vas écouter « La java des bombes atomiques » d’un certain Boris (encore un slave !) Vian !
le dernier grand rôle de Nicolas Cage. Un film prenant et intelligent qui traite d'un sujet jamais exploré et surtout tabou. Mention spéciale à Jared Leto (son meilleur rôle).
Je sais pourquoi ce film m’a laissé froid, alors que mes potes eux le trouvent très bon. C’est parce que Nicolas Cage est bon dans le film. C’est même une des dernières fois qu’on le voit aussi bon, sauf que moi ça ne m’a pas fait oublier le film. La fausse bonne idée, c’est aborder un sujet très sérieux, sur le ton de la satire, et que ça n’arrête pas, et à un moment ça plombe le film, ça devient une vraie farce. Les gags deviennent plus importants que le sujet et ce n’est plus sérieux du tout. Et tout ça ne serait pas grave, si il n’y avait pas un retour cynique à la réalité vers la fin, avec en prime la liste des pays plus grands vendeurs d’armes du monde, pays qui ont dû bien rire en visionnant le film. Donc bonne distraction mais film moyen. Ce film qui aurait put être génial, reste léger mais surtout superficiel, au rythme d’un blockbuster avec des anecdotes comiques pour la plupart, comme si le réalisateur avait peur de regarder la réalité et son personnage en face. Il en fait un sympathique marchand d’armes occasionnel, en forme de biopic, mais cela n’a pas la rigueur d’écriture et le « réalisme »d’un vrai biopic. Pas de réflexion, rien que de l’action. Donc je reste sur ma première impression, elle était la bonne. A part le générique du début, que je trouve toujours aussi choquant. Bon générique.
Malgré quelques longueurs, Lord of war reste un film à voir. Il interroge sur le pouvoir de l'argent, et surtout, jusqu'où l'homme est-il capable d'aller et à quel point il peut décider d'être aveugle et laisser toute notion d'humanité de côté. Avant le générique le "tiré de faits réels" glace le sang et le film prend toute sa dimension. A voir vraiment.
En voyant le nom de Nicolas Cage dans le casting, on pourrait s'attendre à un énième navet, comme il en a beaucoup trop enchainé. Mais avec "Lord of War", l'acteur nous montre bien qu'il est aussi capable de jouer dans des films intelligents. Accompagné de Jared Leto et d'Ethan Hawke notamment, il incarne avec talent un trafiquant se faisant petit à petit une place sur le marché des armes. Avec une précision digne d'un documentaire, "Lord of War" expose ainsi tous les rouages de ce marché qui ne connaît pas de crise. De la récupération à la vente des armes, en passant par les pays/groupes acheteurs et revendeurs, rien n'est laissé au hasard. Nos idéaux et nos principes sont mis à mal par ce véritable exposé au réalisme certain. Ce trafiquant lâche, immoral, cynique et pragmatique nous secoue par son attitude, assumant pleinement son business tout en rejetant toute responsabilité sur l'utilisation des armes qu'il vend ; et semblant, à côté de tout cela, être un mari et un père attentionné. Par ailleurs, le réalisateur Andrew Niccol nous rappelle habilement que les exécutions sommaires, les massacres et l'instrumentalisation des enfants lors des conflits sont encore d'actualité dans bien des zones de conflits, bien que les médias ne le mentionnent plus assez. A noter la bande son très présente et très agréable, avec des morceaux bien variés. Ainsi, je conseille ce film à toute personne cherchant à mieux comprendre une partie des rouages du monde dans lequel on vit...et le déconseille si vous souhaitez être de bonne humeur ou vous amuser entre amis! L'absence de happy end et le réalisme risqueraient de plomber l'ambiance. Un excellent film à regarder donc pour sa valeur documentaire.
Lord of War est un film d’action qui nous narre la vie de Yuri, un des plus gros vendeurs d’armes au monde, on le suit durant différentes années de sa vie, de la gloire jusqu’à la déchéance. Ce film est réalisé par Andrew Niccol qui s’est fait connaître grâce à « Bienvenue à Gattaca » chef d’œuvre de la science fiction. Le long métrage commence par une introduction qui va devenir culte, on suit durant le générique, la « vie » d’une munition, de sa fabrication jusqu’à qu’elle soit utilisée. Le réalisateur utilise tout au long du film, la voix off du héros ou plutôt de l’anti héros. Le personnage fait preuve d’un cynisme glaçant et la fin du film est tout simplement révoltante. Les acteurs jouent bien, Nicolas Cage est très bon dans son personnage, Jared Leto joue parfaitement le rôle du frère un peu fragile. Lord of War est un très bon film qui traite des marchands d’armes, les acteurs jouent bien et l’action est intense. Un bon film.
"Häxen: La sorcellerie à travers les âges" de Benjamin Christensen nous narrait par le menu en 1922, les méfaits de la sorcellerie sur le sort des femmes tout au long des siècles depuis le Moyen Age. "Lord of war" en 2005 nous explique le fonctionnement méconnu du trafic des armes qui sert à l'homme pour détruire son semblable. Il peut sembler bizarre d'assimiler deux films si distants dans l'histoire du cinéma et pourtant c'est bien la même volonté de mêler vertu documentaire et fictionnelle au profit d'une démonstration méthodique qui anime les deux réalisateurs. Si Benjamin Christensen, très didactique nous exposait face à la caméra le cheminement un peu spécial que suivrait son film, Andrew Niccol ne procède pas autrement via son générique très imagé, suivant une balle de sa fabrication jusqu'à sa destination finale au beau milieu du front d'un enfant africain et via le discours liminaire d'un Nicolas Cage expliquant lui aussi face à la caméra, la finalité morbide de son business. Tout le monde a entendu parler du trafic d'armes et connait la forte implication des états dans ce puissant ressort économique. Mais l'odeur de souffre et de mort qui en exsude, exige des gouvernements très soucieux de leur respectabilité, le recours à des intermédiaires peu scrupuleux et surtout rompus à la négociation tout-terrain. Du temps de la Grande Guerre, un financier ottoman obscur comme Basil Zaharoff alimentait les fantasmes. Aujourd'hui ce sont plus volontiers des militaires comme Viktor Bout, ancien officier de l'armée rouge qui mettent à disposition leur connaissance du terrain pour assurer la rencontre entre l'offre et la demande. Yuri Orlov interprété par Nicolas Cage dont il va bien falloir reconnaître un jour le talent, a été en partie inspiré par Viktor Bout. Dans son style si particulier rappelant tout à la fois Sergio Leone ("Il était une fois en Amérique" 1983) , Martin Scorsese ("Les affranchis"1990) ou Darren Aronofsky ("Requiem for a dream" 2000), Niccol nous ouvre les portes de ce monde souterrain où le cynisme est la seule règle avec comme guide avisé Yuri Orlov qui parallèlement nous explique son parcours aux côtés de son frère Vitali (Jared Leto parfait) plus sensible et fragile et de sa femme (sublime Bridget Moynahan) maintenue dans l'ignorance grâce à un déferlement de luxe. Niccol peu prolifique (cinq films au compteur) a concocté lui-même ce scénario qui réussit le tour de force de parvenir à nous distraire tout en montrant l'horreur de ce qui se joue tous les jours dans le monde pour que certains s'enrichissent sur la mort des hommes. On dira ce qu'on voudra du cinéma américain, tous les jours décrié pour ses blockbusters débilitants mais on ne voit pas si souvent sortir en Europe des films dénonçant aussi lucidement et sans détour les faces sombres de l'humanité. A voir absolument et à montrer d'urgence aux plus jeunes.
Un film coup de poing sur les ventes d'armes marqué par le cynisme et l'appât du gain. A l'image du sujet, le personnage principal joué un Nicolas Cage très convaincant, finira détruit mais... riche. La démonstration atteint son comble en toute fin de film par ses quelques phrases :" Les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France et la Chine sont les plus grands exportateurs d'armes", il nous est ensuite rappelé que "Ce sont aussi les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu"... Tout est dit.
D'excellents acteurs, la guerre dans des pays dont on parle peu, vu sous un angle intéressant. Une bonne morale et un film qui nous apprend des choses. Intéressant tout le long.
Pour moi, c'est le dernier grand film où Nicolas Cage s'est illustré. Un cinéma engagé, un film coup-de-poing, qui te laisse perplexe sur l'état actuel du monde, surtout quand on sait qui vend les armes à qui. Ce qui m'a marqué aussi avec ce film, c'est qu'il ne tombe pas dans les travers du sujet qu'il traite : pas de clichés, pas d'outrance, un film sans concession, bref, un très bon film.