Doté d'un certain humour, de très beaux décors et surtout d'une captivante intrigue, cet excellent péplum de Vittorio Cottafari est clairement l'un des plus réussi de la série des "Hercule ". De plus, Reg Park campe avec une certaine aisance le personnage principal.
Dur pour un homme fort comme Hercule de se reposer. Les producteurs italiens accrochés comme des poux à sa solide tignasse ne lui laissent pas une minute de repos. Pour ce dernier film de Vittorio Cottafavi dans un genre arrivé à maturité, c’est Reg Park, culturiste anglais, né à Leeds qui à près de 40 ans débute à l’écran en étalant sa puissante musculature face à tous les obstacles mis sur la route du fils de Zeus au fil de l’une des aventures improbables qui s’enchaînent depuis que Steve Reeves a commis ses travaux ("Les travaux d'Hercule" en 1958) trois ans plus tôt sous la direction de Pietro Francisi. Reg Park qui fut le second de Steve Reeves au concours de Monsieur Univers en 1950, lui succéda en 1951 avec deux autres titres remportés en 1958 et 1965. Son étonnante longévité le verra même se classer dauphin d’Arnold Schwarzenegger en 1970 à presque cinquante ans. « Hercule à la conquête de l’Atlantide » s’inspire sur un scénario de Duccio Tessari, spécialiste du genre, de la légende de l’île imaginaire qui après avoir connu un âge d’or pacifique évolua vers une volonté d’expansion belliqueuse stoppée par Athènes avant qu’elle ne soit engloutie sous les eaux par la volonté de Zeus. Tout un programme dont s’accommode fort bien Cottafavi qui pour son dernier péplum livre un film plutôt plaisant où la placidité qui se dégage de l’allure massive de Reg Park est utilisée à dessein pour alimenter quelques effets comiques plutôt bienvenus. Hercule qui a été embarqué de force dans cette aventure alors qu’il souhaitait prendre une retraite bien méritée, se fait tirer l’oreille pour déployer biceps et pectoraux. Rien de révolutionnaire bien sûr qui fera adhérer au genre ceux qui y sont rétifs mais qui apporte juste ce qu’il faut pour ravir ceux qui ayant gardé leur âme d’enfant, aiment les trucages animaliers rudimentaires et les énormes rochers qui rebondissent comme des ballons de football. On notera que Reg Park est plutôt à l’aise pour ce premier des cinq péplums dans lesquels il tournera dont le célèbre « Hercule contre les vampires » de Mario Bava juste à la suite. Enfin comme souvent dans les péplums, quelques jolies jeunes femmes viennent prêter main forte à l’homme fort, ici Fay Spain et Laura Efrikian. Les producteurs transalpins étaient vraiment avisés, sachant ratisser large.
Je n'ai jamais vus les films consacrés au aventures de Hercule dans les années 60 mais, celui-ci ma plutôt bien emballé. Un bon film avec du rythme , de la bagarre, de l'humour bonne enfant et de bons effets cartons pattes. Un récit d'aventure agréable et nous fait vivre sa propre version de l'histoire écrite par Platon. Correct.
Divertissement sympa avec des acteurs impliqués et convaincants. Les éclairages, la musique, les jolis costumes et décors nous mettent dans l'ambiance antique. Bien qu'on sache que tous est tocs et cartons, on est transporté par la naïveté et la gentillesse de ce conte pour grands au cœur d'enfants. La qualité est largement au dessus des films récents.
Décidément ou plutôt officiellement, Hercule est le personnage fictif ayant le plus changer d’interprète mais toujours dans un but de montrer les gros bras et une barbe bien garnie. Avec un tel titre je m’attendais à voir une nouvelle avancée technologique et artistique en vue de la découverte de cette fabuleuse cité, spoiler: bizarrement le décor est planté bien plus tôt que j’aurai cru mais surtout, aucune scène ne montre le passage dans un autre monde, si tôt entrée dans une grotte, voilà le demi dieu arrivée dans le grand « hall » du palais Atlante. Là encore un réel problème de fond des péplums d’antan, inviter le spectateur au voyage ultime mais n’en préparer aucunes prémices. Le jeu lui redevient plus sincère, adieu Hercule version Roméo « dodo » et pour la première fois, la musculature est mise en avant plutôt intelligemment. Notre reine Atlante est aussi banale que peu charismatique mais ses tenues sont excellentes, tous comme celles de la garde royale. Le récit lui ne brille pas et tourne en rond, aucun élément sur la cité et son mode de vie, limite des échanges sur la pluie et le beau temps. Le final en revanche est comme à chaque fois bien bruyant dans sa catastrophe mais survient tellement tardivement, si soudainement et avec tellement d’étonnement, qu’on à peine à saisir l’instant . Les récits Herculéens sont donc pour l’heure bien minces et ne sont brièvement sauvés que par les décors et costumes.
Un réalisateur cultivé et d’envergure s’attaquant au plus mineur des genres populaires, ça donne forcément un résultat paradoxal. « Hercule à la conquête de l’Atlantide » a son substrat obligé de spectacle totalement naïf et primaire (surtout musculaire évidemment), mais avec aussi de l’invention scénaristique et visuel, quand les thèmes mythologiques se combinent au fantastique, à la science-fiction, et même aux allusions à l’histoire récente (la race de guerriers surhommes bien blonds…). Ça atteint par moment une forme de poésie onirique, surtout à la fin, quand des séquences documentaires d’éruptions volcaniques sont collées dans des scènes de destructions de villes. Dans le même genre italiens de mythologie fantastique, Riccardo Freda a fait tout de même mieux (« Maciste aux enfers »…).