Atomic Café (1982) a cette particularité d’être composé exclusivement d’images d’archives. Pendant près de 90min, les réalisateurs mettent en lumière, la façon éhontée avec laquelle le gouvernement américain a instauré subrepticement et durablement un climat de peur et de paranoïa au sein de ses concitoyens.
C’est un patchwork d’images d’archives gouvernementales, éducatives, militaires et d’actualités qui viennent s’enchaîner à un rythme effréné. On y découvre notamment la désinformation auprès des populations (à travers d’innombrables films de propagandes), les différents tests militaires (sur les bombes atomiques et à hydrogène), ainsi que les largages sur Nagasaki et Hiroshima (avec le retour "à chaud" des pilotes).
C’est à marche forcée que s’opère le lavage de cerveau des américains, les films sont hallucinants et prêtent plus à sourire qu’autre chose (en les découvrant 80 ans plus tard, avec le recul et les effets néfastes du nucléaire que l’on sait tous). Des extraits qui font froid dans le dos et nous questionnent sur notre faculté déconcertante à accepter tout et n’importe quoi sans jamais remettre en question les récits et autres les témoignages.
Le film permet de lever le voile sur des années de propagande soigneusement entretenues par les gouvernements successifs pendant la Guerre Froide. Si cela peut prêter à sourire, le résultat n’en reste pas moins flippant et vient nous rappeler que cette manipulation d’opinion est toujours d’actualité (suivez mon regard : la Corée du Nord).