Savage Streets est un petit film d’action plutôt sympathique, qui s’en sort surtout par son propos hautement décomplexé, et par sa générosité de tous les instants.
Coté casting, Linda Blair livre une prestation assez moyenne il faut le reconnaitre. Lorsqu’il s’agit de se mettre en colère et de se montrer déterminée, il n’y a pas de problème de ce point de vue, elle assure, montrant une belle force de caractère, mais par contre lorsqu’il s’agit de jouer la tristesse (notamment concernant sa sœur), là elle est transparente. Elle ne livre vraiment rien, et ne fait pas du tout ressentir la détresse de son personnage. C’est assez regrettable. Linnea Quigley pour sa part ne présente pas grand intérêt ici, d’une part car elle apparait peu, et parce qu’elle a un rôle sans relief. La scène de viol est assez intense néanmoins. Quant à Robert Dryer et ses acolytes, ils n’ont rien à produire de particulier, puisqu’ils sont dotés de caricatures ambulantes, devant jouer les méchants en se montrant le plus détestables possibles. Une seule petite nuance avec le punk doté d’une conscience.
Le scénario est évidemment très simpliste. Une jeune fille toute mignonne, des punks (désastre des années 80 !), un crime irréparable, c’est là le point de départ d’une histoire de vengeance qui finalement ne se réveille qu’assez tardivement. En effet le milieu du métrage est essentiellement consacré aux exactions des punks, et aux remords de l’un d’eux qui conduira à la conclusion finale. Malgré tout, le film est nerveux, sans temps mort, et surtout il joue carte sur table. Il est musclé, cruel, sans pitié, il n’édulcore jamais son propos (même s’il y a quelques moments qui font plus sourire qu’autre chose). C’est un bon point. En clair, sans surprise, mais une certaine efficacité.
Sur la forme, Savage Streets est honorable. On sent qu’il n’y avait pas non plus un gros budget, mais le résultat est convenable. La mise en scène manque un peu de puissance. Steinmann n’est pas un grand réalisateur, et du coup, même s’il se permet de bonnes choses, notamment lors du meurtre d’une jeune fille, dans l’ensemble c’est très banal et pas vraiment à la hauteur de la violence que dégage le film. Maintenant, il ne faut pas se tromper, c’est tout à fait regardable. La photographie est quelconque, mais là aussi, c’est correct. En fait il n’y a pas de recherche particulière, de tentatives d’esthétisation des images, mais à la limite pour un vigilante movie ce n’est pas nécessairement une attente prioritaire. Coté décors, il faut s’attendre à du basique, avec des lieux bien communs comme le lycée, et une ville qui ne propose rien de distinctif. Comme je l’ai dis Savage Streets est un film violent. Il n’y a pas de scènes sanglantes à proprement parlé, mais des meurtres brutaux et sans raison (sauf ceux de la fin évidemment), des agressions qui attisent la compassion pour les victimes, et de ce fait il est dur. Pour ce qui est de l’érotisme le film ne lésine pas sur les seins nus, que ce soit justifié ou simplement gratuit. Il y a encore quelques plans dans les douches avec des pom pom girls entièrement nues. La bande son est le meilleur point du film avec un travail eighties d’un très bon effet qui ajoute encore à la nervosité du métrage, et donne un réel plaisir supplémentaire à le suivre.
En clair, Savage Streets s’adresse au amateur de justice expéditive, d’action musclée qui va à l’essentiel, et aux nostalgiques de l’ambiance années 80 qui est parfaitement restituée ici. Un métrage conscient de son simplisme, mais qui joue la carte à fond, et s’avère du coup généreux et franchement honnête avec son spectateur. Belle découverte pour ma part.