Memories of Murder
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nikolazh
nikolazh

75 abonnés 1 060 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 septembre 2014
Une femme est retrouvée morte au bord d'un champ et un inspecteur de la capitale va venir dans la petite ville de campagne où les meurtres s’enchaînent pour prêter main forte à la police locale. Si le thriller adopte un rythme assez lancinant - mais terriblement efficace - avec une atmosphère un peu poisseuse (on est parfois du coté de SEVEN), il a également la bonne idée de le faire sur un ton par moment assez léger (l'un des enquêteurs est un bras cassé et d'une manière générale la police est ridicule) qui n’enlève rien à la crédibilité de l'ensemble et confère vraiment au film son originalité et son charme. Les personnages sont attachants, l’enquête bien construite, les (vrais?) faux coupables se succèdent, et l'issue est vraiment surprenante bien que déconcertante. Un très bon film donc, a mille lieux des standards américains, réalisé par Joon-ho Bong à qui on devra quelques années plus tard les excellents THE HOST, et MOTHER, et récemment LE TRANSPERCENEIGE.
Thierry D
Thierry D

45 abonnés 317 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 février 2020
Face aux avis dithyrambiques sur ce film et aux commentaires élogieux du podcast supercinebattle que j'écoute en ce moment, je me lance dans le visionnage de la pépite. Pas de bol, je ne la trouve qu'en version française, avec un doublage peu convaincant qui va me gêner tout le long du film. Mais je regarde jusqu'au bout.

Mon avis certainement biaisé par ces voix françaises qui ne rendent pas service au film est assez mitigé. L'enquête en tant que telle est classique, des meurtres en série qui touchent de jeunes filles, pas de suspects, pas de traces, pas de mobile clair. Dans la difficulté, la police locale, incompétente, va chercher un détective plus fiable à la capitale. Il va donc former un duo avec le commissaire du cru, les deux ayant une approche, une philosophie et des méthodes en tous points opposés.

Sur ce pitch, le film développe plusieurs singularités. Et il le fait à fond ! Il y a d'abord le contexte, coréen, dans un cadre historique particulier puisqu'en pleines tensions politiques et sociales sur la démocratie naissante. Ce cadre est parfaitement mis en valeur dans quelques rares scènes, mais bien conçues, donnant de la profondeur au récit.
Il y a aussi le développement de la campagne contre la ville. Les gens intelligents qui se prennent au sérieux contre les nigauds bouseux qui voudraient se faciliter la vie. Au final, les deux échouent. Morale. Ok, sujet intéressant en soi, mais que je trouve traité de façon trop caricaturale. Falsification de preuves d'un côté, chercher un sens à des allégations totalement foireuses de l'autre... ça ne fonctionne pas vraiment.
Il y a enfin cette fin surprenante que je vous laisse découvrir et qui a remonté le crédit que j'accordais au film jusque là.

Mais il y a aussi ce truc qui me perturbe souvent dans les films de Bong-Joon Ho, ce mélange des genres qui me fait sortir de l'histoire. Car, il insère dans ce cadre d'histoire hyper-sérieux flirtant avec l'horreur un humour burlesque, à coups de blagues potaches, de personnages complètement surréalistes de bêtise et de high kicks en plein interrogatoire. Je comprends que beaucoup apprécient cette façon originale de donner de l'air à l'histoire, mais ça ne prend pas sur moi. J'apprécie des thrillers comme seven ou le silence des agneaux par leur capacité à me mettre la tête sous terre et à l'enfoncer de plus en plus loin. Une fois que le film m'a attrapé, je suis sous tension et je m'intègre dans l'histoire à la recherche des indices sur le tueur, vivant à plein les relations entre les personnages en espérant sadiquement que d'autres moments glauques vont parvenir à m'enterrer davantage. Ce sentiment de tension mêlant curiosité et malaise fait le sel du genre. C'est lui qui me raccroche aux histoires qu'on me raconte et qui me permet de les apprécier. Je n'ai pas trouvé ça dans Memories of Murder, qui s'amuse à tirer mes sentiments dans tous les sens jusqu'à me perdre. C'est le gros point faible du film pour moi, qui suis peut-être trop "conservateur" pour ça.

Mais ça n'enlève en rien le savoir-faire évident de Bong-Joon Ho, tant au niveau des images, du montage que de la photographie claire obscure magnifique.

Bref, film bizarre, surprenant, attachant et dérangeant, difficile à juger et donc noté sur le ressenti du plaisir pris en le voyant, pas mal donc...
Logi L
Logi L

35 abonnés 58 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juin 2019
On ne leur enlève pas ça a ce réalisateur : il sait rendre l’atmosphère complètement étrange et uluberluesque tout en nous tenant en haleine..on s’attache vite à ce genre de scénario assez taré!
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 février 2022
Quatre ans ! C'est le temps que j'aurais tenu avant de replonger. J'évite en règle général de revoir les films trop vite, histoire de ne pas toujours me focaliser de manière obsessionnel sur les mêmes travaux et d'en découvrir d'autres au demeurant. Mais là, je ne pouvais plus, surtout après avoir vu Barking Dog le mois dernier. D'ailleurs, c'est de cette manière que je suis " tombé " sur Memories of Murder la première fois, quelques mois après avoir vu The Host. La tradition se répète en quelques sortes.

Pour faire vite, le second film de Bong Joon-Ho est une Masterclass ! Le film se situe dans la sphère de son ébauche antérieur, le curseur est juste pousser à son maximum. La scène inaugural donne le LA et ne lâche plus sa note. Le condensé de comédie et de détresse constitue un ancrage fort dans le cinéma de Bong Joon-Ho, à la fois hilarant et déchirant, parfois, dans la même seconde. Touts les interrogatoires, cette reconstitution de scène de crime, les théories et la mise en place de la traque des hommes sans " poils pubiens " sont évidement de cette teneur. Néanmoins, si je ne devais garder qu'une seule séquence de Memories of Murder, ce serait bien son ultime plan sur le visage de Song Kang-ho, ce fondu continue de me trotter dans la tête. La beauté de ces derniers instants raconte le film mieux que touts mes mots.

Bon, je ne vais pas finir ma critique sans un peu plus évoqué ces comédiens. La clique est fameuse, cela va sans dire. Je n'ai jamais assez de belles paroles pour vraiment dire à quel point j'admire ce qui s'inscrit sans tumultes pompeux. La modestie ne m'échappe pourtant pas, ils en sont une définition efficace. Cette succession de phrases n'a rien de très poétique, contrairement à ses protagonistes, qui à leurs manières témoignent de cette dernière à leurs façons.

Memories of Murder entre dans la ligné des films de références, de ceux qui influent le travail de ses contemporains, une Œuvre majeur de l'un des réalisateurs les plus éminents. Il n'y a rien de plus à ajouter. Je sais très bien que je le reverrai avant ma date butoir !
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 décembre 2025
Pour son deuxième long-métrage sorti en 2003, Bong Joon-Ho fait déjà preuve d’une grande habilité à mélanger les genres. En effet, le réalisateur nous entraîne dans un thriller tout aussi cocasse que terrifiant sans oublier de porter un regard critique sur la société sud-coréenne. L’enquête menée par une cellule de détectives pour débusquer un tueur en série exploite autant le coté buddy movie avec ces deux flics totalement opposés que la noirceur des faits. Leur recherche obsessionnelle ne peut effacer l’impuissance d’un système policier marqué par le manque de moyens et l’incompétence. Bref, un thriller percutant dont on ne parvient pas à effacer le goût doux-amer qu’il dégage.
pietro bucca
pietro bucca

90 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 octobre 2017
Qu'il est bon de regarder un film, qui est plutot long, mais ou a aucun moment, on ne regarde sa montre, tellement le film est prenant. Dans ce polar asiatiques, des flics aux méthodes peu orthodoxes, se démènent tant bien que mal, pour retrouver un tueur en série qui oeuvre dans la région. Le rythme n'est peut-etre pas a deux milles a l'heure, mais l'enquete captivante, fait que le film nous scotchent littérrallement.
keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 avril 2014
Après l'excellent "The Host", je continue à découvrir ce cinéaste très original avec grand plaisir. Avant le film de monstre pré-cité, Bong Joon-Ho avait déjà renouvelé un genre qu'on pensait réservé au cinéma américain : le film de sérial-killer.

Inspiré de faits réels, le film prendra très vite ses distances en multipliant les décalages, grâce à un humour bienvenu, des personnages de loosers, un sous-texte politique sur la différence entre ville et campagne, les méthodes policières, .... Il y a là un scénario en or, travaillé sur plusieurs niveaux qui se complètent très bien.

Le cinéaste travaille également la forme, avec la même réussite polymorphe.
Il nous offre ainsi, au sein du même film : des scènes de jour, de nuit, d'intérieur, d'extérieur, des plans-séquences (pour la deuxième scène de crime, où l'on sent bien le chaos qui règne), ou des hors-champ (le tueur), et j'en oublie certainement! Le film varie les plaisirs et le fait bien!

Bref, nouveau gros coup de coeur pour un cinéaste contemporain à suivre sans aucun doute.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 février 2025
Avec Memories of Murder, Bong Joon-ho ne signe pas un simple thriller mais une conscientisation progressive qu'ils sont face à un mal insaisissable. L’enquête avance en trébuchant, les certitudes s’effritent, la vérité se dérobe. Ce n’est pas un polar qui cherche à démasquer un coupable, mais un miroir tendu à une société qui ne sait plus où regarder. Inspiré des meurtres de Hwaseong, le film déconstruit les codes du film d’enquête pour en faire une œuvre sombre, tragique mais paradoxalement drôle où chaque geste visant une résolution est une tentative avortée de comprendre l’horreur.

Le film épouse le cadre du polar pour mieux le pervertir. Là où le genre repose sur la résolution, Bong Joon-ho préfère la dissolution. L’enquête ne suit pas une progression logique mais s’enlise dans des impasses, se heurte à des intuitions trompeuses, s’épuise dans des certitudes vacillantes. La police locale, incarnée par Park Doo-man, est une caricature d’elle-même, brutale, superstitieuse, aveugle dans sa quête d’un coupable. Face à lui, Seo Tae-yoon représente l’illusion du progrès, porté par ses valeurs, l’espoir que la méthode scientifique puisse rétablir un ordre rationnel. Mais ce progrès se heurte à la même fatalité, à la même incapacité.

Le contexte historique ne se limite pas à une toile de fond. Le film s’ancre dans une Corée du Sud en pleine mutation, encore prisonnière d’un régime autoritaire où la police privilégie l’apparence de l’ordre à la quête de justice. L’absence de moyens techniques, l’usage de la torture, la fabrication de faux coupables traduisent un système gangrené par ses habitudes d'antan. Mais Bong Joon-ho ne se contente pas d’un discours sociopolitique, il va plus loin, interroge la croyance même dans le progrès. La science ne sauve pas, la modernité n’éclaire pas et les nobles valeurs non plus. Ce qui reste, c’est une traînée de crimes, une litanie de victimes, une énigme béante qui ne se refermera pas.

La mise en scène traduit cette errance, cette incompréhension. Les plans-séquences donnent l’illusion d’une fluidité, mais cette fluidité est trompeuse, elle mène toujours au même point mort. Le hors-champ devient un espace où le tueur existe sans jamais apparaître. Tout le film est hanté par l’absence, par cette figure qui n’a pas de visage. Le regard devient un motif obsédant, qu’il soit à travers une vitre, dans un miroir ou dans l’affrontement final avec la caméra. Ce que les personnages cherchent à voir leur échappe, ce que le film tente d’attraper l'est tout autant.

Puis vient cette dernière scène, d’une simplicité dévastatrice. Des années ont passé, l’enquête s’est refermée sur du vide, et Park Doo-man revient sur la scène du crime. Son regard rencontre la caméra, franchit la frontière entre la fiction et nous, fait vaciller le spectateur dans l’angoisse d’une question sans réponse. Le mal est partout et nulle part, il peut être celui qui regarde, il peut être celui qui se détourne. Le polar classique promettait une révélation, Bong Joon-ho n’offre qu’un "s'il vous plait, dénoncez-vous".
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 avril 2018
Memories of Murder a tout du film somme. Polar, comédie, œil sur une époque, horreur, buddy movie. C’est un petit miracle car tout fonctionne et donne un ton au film hyper particulier et en même très naturel car ressemblant à la vie rassemblant une multitude d’émotions. J’avais trouvé excellent son remake espagnol qui reprenait la même histoire pour parler d’autre chose. Malgré le fait que justement je connaissais l’histoire j’ai été captivé du début à la fin, par cette enquête qui parle d’un pays à la croisée de l’hyper urbanisation et de l’ouverture sur le monde et en même temps de tradition et de ruralité. Une petite merveille.
Daniel Schettino
Daniel Schettino

31 abonnés 241 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 janvier 2021
Bong Joon-Ho est un grand cinéaste populaire. Il n'est pas du tout sûr que si il avait été Français ou Américain, les critiques lui auraient été si favorables. Avec Memories of Murder on retrouve les thèmes chers à Bong Joon-Ho : la violence sur toutes ses formes, la comédie (il y a toujours une grande part de dérision et de satire sociale dans ses films, qui vont jusqu'à la farce), et une référence décomplexée à un cinéma qui vise le grand public. Je suis toujours persuadé qu'à travers la violence sociale très présente dans ses films, la première source d'inspiration de Bong Joon-Ho est Charlie Chaplin, car c'est l'autre immense cinéaste qui filmait la misère sociale avec humour pour que son message soit compris par le plus grand nombre. Les personnages des films de Bong Joon-Ho sont souvent désespérés, et évoluent dans une société très dure et fermée, sans véritable espoir de s'en sortir. Bong Joon-Ho rejoint Charlie Chaplin. D'ailleurs les scènes d'interrogatoires odieuses et inadmissibles sont traitées avec dérision. On est dans la farce, le burlesque. Il y a aussi une certaine théâtralité dans le jeu des acteurs dans ces scènes. Uniquement dans ces scènes, car Bong Joon-Ho retrouve les codes du thriller dans les autres scènes du film avec les comédiens les armes à la main, les scènes de poursuites et de bagarres. Et Bong Joon-Ho fait appel à un acteur, grand, athlétique avec une belle gueule, pour ce genre de séquences. Kim Sang-kyeong est l'acteur idéal pour ces scènes. Il est dans le registre des rôles d'Alain Delon ou de Steve Mc Queen dans les films policiers classiques. Bong Joon-Ho assume complètement cette référence aux films policiers commerciaux. L'autre thème d'une importance capitale, est la place des médias et de l'image dans les films de Bong Joon-Ho. Dans Memories of Murder les policiers parlent souvent du rôle des journalistes. Une grande scène du film (sur le mode de la dérision et de l'humour) est cette incroyable reconstitution d'un crime avec ces dizaines de journalistes présents en arrière plan. Rien ne leur échappe visuellement. Et on se demande s'ils comprennent quelque chose à ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'ils filment ? Il faut souligner aussi que les policiers redoutent plus les journalistes que la justice. Bong Joon-Ho est un cinéaste de la condition humaine.
Léo Peteytas
Léo Peteytas

26 abonnés 127 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 août 2024
Des meurtres horribles, sans indices, et des enquêteurs perdus, sans pistes pour trouver le coupable. Dans ces conditions, que faire ? Polar glaçant sur la plus célèbre affaire criminelle de Corée, non résolue à l'époque de sa sortie, Memories of Murder s'intéresse à la psychologie des policiers chargés de l'enquête et à leurs réactions face au drame qui se joue - l'activité d'un tueur en série -. Exposant toutes les failles de la police coréenne de l'époque, le film montre des hommes aux méthodes arriérées, violentes, mais suivies "faute de mieux". Désemparés et impuissant, ils mènent un temps une chasse sans raison rappelant l'affaire Patrick Dils. Car il faut trouver le criminel, coûte que coûte. Face à une forte pression populaire et médiatique, ils ne peuvent faire autrement ; quoi que, le soucis affiché de ne pas voir leurs "débordements" s'ébruiter trahit la volonté de ne pas faire mauvaise presse à l'institution, déjà sous le feu des critiques de médias qui, décidément, s'immiscent partout. L'opposition entre le jeune enquêteur venu de Séoul et son aîné permet ici une intéressante perspective. Face à un collègue formé aux procédures scientifiques, Song Kang-ho représente une vieille école, complètement dépassée. Investi toutefois, et comprenant l'impasse ou ses actes le mènent, il sait faire évoluer son jugement. Son comportement gagne alors en professionnalisme. A l'inverse, le chemin emprunté par son cadet montre comment l'horreur peut faire dérailler même les êtres les plus rationnels. Bong Joon-ho réussit donc quelque chose de grandiose avec ces deux figures, qui incarnent chacune à leur manière les effets de l'indicible sur l'être humain. Ajoutons que près de 15 ans plus tard, en 2019, la toute fin de ce Memories of Murder s'est colorée d'une façon bien particulière, puisque la police coréenne a annoncé avoir identifié un suspect. Il a depuis été démontré qu'il s'agit du véritable meurtrier. La justice a donc triomphé. Tard, sans doute trop pour les familles des victimes mais enfin, elle est parvenue à résoudre l'affaire. Memories of Murder ne laisse pas indifférent. Témoignage d'une façon d'enquêter qui, espérons le, sera pour toujours reléguée aux livres d'histoire, il sait tour à tour être poignant, émouvant, cruel, absurde, et joue magistralement avec les codes propres à son genre. Un film immense.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2025
Bon Joon-Ho ne cessera d'impressionner ! La réalisation rend l'enquête passionnante et intéressante ! A noter le super jeu des acteurs films ! Grand film coréens
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juin 2018
Mise en scène de manière remarquable, baignée d'une lumière ténébreuse et d'une musique délicieusement sordide, cette plongée dans la Corée rurale des années 80 distille une atmosphère sombre et inquiétante. Cette histoire tragicomique qui narre la traque désespérée d'un tueur en série par deux policiers que tout oppose est d'abord et surtout un superbe portrait social et politique d'un pays à un moment donné. Équilibré et maîtrisé.
Anonymous :)
Anonymous :)

67 abonnés 533 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 août 2016
Considéré comme l'un des meilleurs films Coréens de cette décennie, "Memories of Murder" a rapidement acquis une grande notoriété auprès de la communauté des cinéphiles. Pour son deuxième film, Bong Joon-ho frappe fort avec un film d'époque, une comédie noire de pays sous-développé, qui plus est inspiré de faits réels qui ont secoué la Corée du Sud dans les années 80. Le scénario nous plonge dans les campagnes arriérées de Corée où des femmes sont mystérieusement assassinées et où des flics aux méthodes opposées enquêtent sur le terrain au gré des indices relevés. L'intrigue sert de base solide au long-métrage et va permettre au réalisateur de montrer le quotidien d'enquêteurs sans moyen, dépassés par les événements et plus soucieux de leur plan de carrière que de la résolution de l'énigme (fabrication de fausses preuves, interrogatoires musclés). La direction des acteurs constitue un gros point fort entre un Song Kang-ho parfait en flic bourru qui va se découvrir au fil de l'enquête une véritable âme de flic, et Kim Sang-kyung, très à l'aise en citadin sûr de sa force. Ces deux personnages, fondamentalement opposés, vont permettre de conter le choc de culture entre le policier de la ville et celui de la campagne, dans un drame social ingénieusement pensé. Porté par une réalisation franchement exceptionnelle, faite de plans serrés très longs et de travellings épurés, ainsi que par une excellente bande-son, le film nous prend aux tripes avec cette recherche de ce serial killer. Modèle de réalisation et de narration, "Memories of Murder" propose une plongée fascinante dans la Corée du Sud dans une ambiance moite. Bong Joon-ho a eu la brillante idée de délaisser les artifices dans la mise en scène (souvent propres au cinéma asiatique), ce qui permet de faire naître une véritable proximité avec les personnages. Avec sa noirceur sans cesse contre-balancée par une ironie constante, à l'image de la scène d'ouverture bordélique, "Memories of Murder" est un grand polar Coréen à la fois émouvant et touchant.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 novembre 2009
Un coin de campagne en Corée, dans les années 1980.
Une jeune fille habillée de rouge est retrouvée violée puis étranglée. Puis une deuxième. Les deux flics du coin, une brute patibulaire qui croit reconnaître un coupable en le regardant dans les yeux, et un teigneux violent et obsédé, n'arrivent pas à gérer l'affaire.
Un jeune policier de Séoul, beau et malin, rompu aux méthodes plus modernes d'enquête, vient les épauler.
A partir du schéma classique du serial killer Joon-ho Bong réussit un film très prenant et très beau.
Bien sûr, le développement de l'enquête qui ne ménage pas rebondissements et suspense, est captivant en soi.
Au-delà du prétexte policier, déjà très agréable, Joon-ho Bong nous offre une mise en scène raffinée, absolument étonnante chez un jeune réalisateur dont c'est le deuxième film. Les scènes de groupe démontrent par exemple un sens du cadre et de la composition remarquable (la scène du restaurant quand le commissaire vomit). L'alliance d'un réalisme très cru par moment (les cadavres) et d'un esthétisme discret mais très présent (le ralenti sous la pluie, la façon de filmer la nature, le brio des scènes d'action, l'atmosphère magique de la mine, l'épilogue élégiaque) donne au film une beauté plastique "qui fait sens". De ce point de vue Memories of Murder rappelle évidemment le style de David Fincher.
Percent également dans le film le sens de l'observation sociale qui sera le terreau de l'excellent The Host, et la finesse de l'étude psychologique avec des personnages qui évoluent beaucoup de ce point de vue tout au long du film. Tous les acteurs, Song Kang-Ho en tête, sont très bons.
D'autres critiques sur mon blog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
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