Première réalisation pour Joon-ho Bong, qui par la suite, s’oriente vers un tout autre registre pour son second long-métrage, en s’asseyant aux monstres génétiquement modifiés, avec le surprenant et sidérant The Host (2006), renvoyant par la même occasion Godzilla (1998) six pieds sous terre.
Mais c’est avec Memories of Murder (2004) qu’il s’offre ses lettres de noblesse, en gagnant la reconnaissance et le respect, notamment pour une première oeuvre (ce n’est pas donné à tout le monde) !
Pour le réaliser, il choisit de s’inspirer de faits réels, ceux qui se sont déroulés entre les années 80 & 90, où une série de viols et de meurtres étaient commis en Corée du Sud, révélant aux yeux de tous, le premier serial killer de toute l’histoire de la Corée !
Avec ce film, on suit pas à pas le déroulement de l’enquête, voyant les policiers évoluer, généralement en grandes difficultés pour parvenir à démasquer le tueur. Tandis que les crimes prolifèrent, on les suit au gré de leurs innombrables interrogatoires musclés, qui à chaque fois restent vains.
Manque de moyens financiers et techniques, peu habitué à ce genre d’affaire, les techniques d’enquêtes ne sont pas au point, trop souvent archaïques. Nous laissant entrevoir avec ce thriller, tous les défauts de la police Coréenne et nous permettent par moment quelques fous rires, tant les situations sont choquantes ou hilarantes.
A la fois drôle, cynique ou noir, Memories of Murder est un bijoux du cinéma Coréen, surtout venant d’un réalisateur qui débute dans la profession.