Voilà un nième film sur un tueur en série (abordé déjà par Fritz Lang, en 1931, avec « M le maudit »), qui plus est trop long (2h10). Qu’apporte-t-il d’original ? Il débute en octobre 1986, en Corée du sud, sous la présidence (1980-1988) de Chun Doo-hwan qui prit le pouvoir par un coup d’état (17 mai 1980), instaurant la 5e république et la loi martiale. Cet aspect politique de la situation est discret (surtout pour un public non coréen). Certes, le réalisateur montre des flics brutaux, violents et peu rigoureux dans leur enquête (préservation de la scène de crime, recherches des indices, etc.) sur un tueur et violeur en série de femmes (faits divers qui ont eu lieu à la même époque) dans une zone agricole céréalière et aussi industrielle (carrière). Forcément, les policiers n’aboutissent pas dans la recherche du tueur, la torture des suspects s’avérant inefficace. Une telle enquête, frôlant parfois la parodie, est-elle passionnante ? L’ajout de scènes nocturnes sous la pluie ne suffit pas à rehausser l’intérêt, d’autant que la pluie a déjà été utilisée dans d’autres films, mais on est bien loin de l’ambiance poisseuse et mortifère de « Seven » (1995) de David Fincher, qui réalisera aussi « Zodiac » (2007), autre enquête,
vaine
, sur un tueur en série. La pluie était aussi présente dans le film chinois, « Une pluie sans fin » (2017), mais le film était trop confus et elliptique et
sans fin réelle
. L’ambiance ne suffit pas sans un bon scénario : de façon plus classique, tourné en studios, « Maigret tend un piège » (1958) de Jean Delannoy, sur un tueur de femmes dans la quartier du Marais à Paris, pendant la canicule, était autrement plus passionnant. D’autant qu’il était construit sur des bases solides, adapté du roman éponyme (1955) de Georges Simenon. Plus proche de nous, « La isla minima » (2014) d’Alberto Rodríguez, se déroulant, en 1980, dans les marais de l’embouchure du Guadalquivir, avec 2 flics antinomiques, était, aussi, plus passionnant.