Note moyenne
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Avec Memories of Murder, Bong Joon-ho ne signe pas un simple thriller mais une conscientisation progressive qu'ils sont face à un mal insaisissable. L’enquête avance en trébuchant, les certitudes s’effritent, la vérité se dérobe. Ce n’est pas un polar qui cherche à démasquer un coupable, mais un miroir tendu à une société qui ne sait plus où regarder. Inspiré des meurtres de Hwaseong, le film déconstruit les codes du film d’enquête pour en faire une œuvre sombre, tragique mais paradoxalement drôle où chaque geste visant une résolution est une tentative avortée de comprendre l’horreur.
Le film épouse le cadre du polar pour mieux le pervertir. Là où le genre repose sur la résolution, Bong Joon-ho préfère la dissolution. L’enquête ne suit pas une progression logique mais s’enlise dans des impasses, se heurte à des intuitions trompeuses, s’épuise dans des certitudes vacillantes. La police locale, incarnée par Park Doo-man, est une caricature d’elle-même, brutale, superstitieuse, aveugle dans sa quête d’un coupable. Face à lui, Seo Tae-yoon représente l’illusion du progrès, porté par ses valeurs, l’espoir que la méthode scientifique puisse rétablir un ordre rationnel. Mais ce progrès se heurte à la même fatalité, à la même incapacité.
Le contexte historique ne se limite pas à une toile de fond. Le film s’ancre dans une Corée du Sud en pleine mutation, encore prisonnière d’un régime autoritaire où la police privilégie l’apparence de l’ordre à la quête de justice. L’absence de moyens techniques, l’usage de la torture, la fabrication de faux coupables traduisent un système gangrené par ses habitudes d'antan. Mais Bong Joon-ho ne se contente pas d’un discours sociopolitique, il va plus loin, interroge la croyance même dans le progrès. La science ne sauve pas, la modernité n’éclaire pas et les nobles valeurs non plus. Ce qui reste, c’est une traînée de crimes, une litanie de victimes, une énigme béante qui ne se refermera pas.
La mise en scène traduit cette errance, cette incompréhension. Les plans-séquences donnent l’illusion d’une fluidité, mais cette fluidité est trompeuse, elle mène toujours au même point mort. Le hors-champ devient un espace où le tueur existe sans jamais apparaître. Tout le film est hanté par l’absence, par cette figure qui n’a pas de visage. Le regard devient un motif obsédant, qu’il soit à travers une vitre, dans un miroir ou dans l’affrontement final avec la caméra. Ce que les personnages cherchent à voir leur échappe, ce que le film tente d’attraper l'est tout autant.
Puis vient cette dernière scène, d’une simplicité dévastatrice. Des années ont passé, l’enquête s’est refermée sur du vide, et Park Doo-man revient sur la scène du crime. Son regard rencontre la caméra, franchit la frontière entre la fiction et nous, fait vaciller le spectateur dans l’angoisse d’une question sans réponse. Le mal est partout et nulle part, il peut être celui qui regarde, il peut être celui qui se détourne. Le polar classique promettait une révélation, Bong Joon-ho n’offre qu’un "s'il vous plait, dénoncez-vous".
Le film épouse le cadre du polar pour mieux le pervertir. Là où le genre repose sur la résolution, Bong Joon-ho préfère la dissolution. L’enquête ne suit pas une progression logique mais s’enlise dans des impasses, se heurte à des intuitions trompeuses, s’épuise dans des certitudes vacillantes. La police locale, incarnée par Park Doo-man, est une caricature d’elle-même, brutale, superstitieuse, aveugle dans sa quête d’un coupable. Face à lui, Seo Tae-yoon représente l’illusion du progrès, porté par ses valeurs, l’espoir que la méthode scientifique puisse rétablir un ordre rationnel. Mais ce progrès se heurte à la même fatalité, à la même incapacité.
Le contexte historique ne se limite pas à une toile de fond. Le film s’ancre dans une Corée du Sud en pleine mutation, encore prisonnière d’un régime autoritaire où la police privilégie l’apparence de l’ordre à la quête de justice. L’absence de moyens techniques, l’usage de la torture, la fabrication de faux coupables traduisent un système gangrené par ses habitudes d'antan. Mais Bong Joon-ho ne se contente pas d’un discours sociopolitique, il va plus loin, interroge la croyance même dans le progrès. La science ne sauve pas, la modernité n’éclaire pas et les nobles valeurs non plus. Ce qui reste, c’est une traînée de crimes, une litanie de victimes, une énigme béante qui ne se refermera pas.
La mise en scène traduit cette errance, cette incompréhension. Les plans-séquences donnent l’illusion d’une fluidité, mais cette fluidité est trompeuse, elle mène toujours au même point mort. Le hors-champ devient un espace où le tueur existe sans jamais apparaître. Tout le film est hanté par l’absence, par cette figure qui n’a pas de visage. Le regard devient un motif obsédant, qu’il soit à travers une vitre, dans un miroir ou dans l’affrontement final avec la caméra. Ce que les personnages cherchent à voir leur échappe, ce que le film tente d’attraper l'est tout autant.
Puis vient cette dernière scène, d’une simplicité dévastatrice. Des années ont passé, l’enquête s’est refermée sur du vide, et Park Doo-man revient sur la scène du crime. Son regard rencontre la caméra, franchit la frontière entre la fiction et nous, fait vaciller le spectateur dans l’angoisse d’une question sans réponse. Le mal est partout et nulle part, il peut être celui qui regarde, il peut être celui qui se détourne. Le polar classique promettait une révélation, Bong Joon-ho n’offre qu’un "s'il vous plait, dénoncez-vous".
Longuet par moment, pas trop surpris du dénouement mais un très bon jeu d'acteur, des scènes intéressantes et une ambiance prenante.
Un des meilleurs Polars que j'ai vu, et premier chef-d'oeuvre de Bong Jhon ho au cinéma, les frissons sont au rendez-vous avec des acteurs exceptionnels, des scènes immenses, et une réalisation efficace.
Si ce film avait été Européen, on aurait crié à l'escroquerie mais comme il y à un fantasme envers le cinéma Sud-Coréen, les gens trouvent tout incroyable. J'ai déjà vu des épisodes de l'inspecteur Derrick bien plus haletant et je suis sérieux.
Heu... c'est quoi cette note là ? J'ai vu un 4,7 je me suis dis wow, ça doit être un sacré polar/thriller psychologique sud coréen. Et ben en fait...non. On est loin de la tension et de la folie d'un Seven par exemple. Les acteurs sont bons sans être incroyable. La fin est à peine passable. Les musiques et la tension sont quasi inexistant.... bref. Pourquoi cette note ? Noté tel un chef d'oeuvre, mais la réalité est qu'on est plus sur un polar qui passerait sur France TV un après midi de samedi de novembre. Bref, rien d'exceptionnel. Sans parler de la fin qui laisse dans un brouillard complet quand à l'identé du tueur. Passez votre chemin.
Inspiré d'une histoire vraie, ce polar coréen te tient en haleine du début à la fin. Les acteurs sont top, et l'ambiance est prenante.
Ce film est vraiment intéressant avec une bonne ambiance . La réalisation de Bong Joon-Ho est top, et l'intrigue est bien construite, mais je trouve qu'il manque un petit truc pour en faire un film incontournable. Ça reste un très bon moment, mais je m'attendais à un peu plus. Il reste tout de même bien.
Memories of Murder, réalisé par Bong Joon-ho, est un thriller coréen fascinant, inspiré de faits réels, qui explore l’enquête sur une série de meurtres non résolus dans une petite ville de Corée du Sud dans les années 1980. Dès les premières minutes, le film nous entraîne dans une atmosphère à la fois étouffante et captivante, mêlant l’obscurité des crimes à des éléments de comédie noire qui, loin d’alléger le propos, renforcent l'absurdité des situations auxquelles sont confrontés les enquêteurs.
Ce qui rend Memories of Murder unique, c’est la manière dont il met en lumière l’impuissance des policiers locaux, qui se retrouvent dépassés par des crimes d’une violence inédite. Le film pose un regard critique sur le système judiciaire et policier de l’époque, montrant des techniques d’enquête archaïques, souvent brutales, et des enquêteurs qui se perdent dans leurs propres émotions et frustrations. Les deux acteurs principaux, Song Kang-ho et Kim Sang-kyung, sont magistraux dans leurs rôles d’inspecteurs aux approches radicalement opposées. Leurs performances transmettent toute la complexité et le désespoir qui animent leurs personnages.
Visuellement, Bong Joon-ho maîtrise chaque plan, créant une tension palpable qui nous accompagne tout au long du film. L’ambiance humide, brumeuse et oppressante des décors participe à renforcer le sentiment de malaise, comme si la ville elle-même était marquée par la noirceur des crimes qui s’y déroulent. Le suspense monte crescendo, avec une réalisation qui nous tient constamment en haleine, même dans les moments de silence.
spoiler: La dernière scène du film est particulièrement marquante, non seulement pour ce qu’elle raconte, mais aussi pour l’aura d’inachevé qu’elle laisse. Au moment de la sortie de Memories of Murder, le tueur n’avait toujours pas été identifié, ce qui donne à ce dernier regard face caméra un impact immense et glaçant. C’est cette incertitude, ce mystère persistant qui confère au film une profondeur et une aura unique. La dernière scène de Memories of Murder est particulièrement puissante, car elle conclut le film sur une note d’incertitude troublante et poignante. Dans cette scène finale, le détective Park Doo-man, devenu civil, revient des années après sur les lieux du premier meurtre. Il est visiblement marqué, usé par les années d'enquête infructueuse. Lorsqu'une petite fille passe par là, elle lui mentionne que quelqu’un est venu observer cet endroit récemment, un homme « tout à fait ordinaire ». Ce détail ravive immédiatement l’obsession de Park, et il se penche pour scruter l’endroit une dernière fois. À ce moment-là, Park regarde directement dans la caméra, un regard lourd et chargé de sous-entendus. C’est un moment intense, car il est clair que Park n’adresse pas ce regard au spectateur. En réalité, il sait que le tueur, où qu'il soit, pourrait regarder ce film un jour. Ce face-à-face silencieux est donc dirigé vers ce meurtrier insaisissable, comme un défi muet ou une invitation à enfin se dévoiler. C’est la manière de Park de dire « Je sais que tu es là », un appel provocateur à ce tueur qui, même après toutes ces années, échappe encore à la justice. Ce dernier regard, empli de rage contenue, de douleur et de résignation, est un appel aussi désespéré que symbolique. En brisant le quatrième mur, Bong Joon-ho nous fait ressentir l’obsession de Park, son sentiment d’impuissance et sa haine inexprimée envers ce criminel qui a détruit tant de vies. C’est comme si Park, n’ayant jamais pu faire justice, voulait, au moins par ce regard, atteindre l’âme du tueur où qu’il soit, lui signifier qu’il ne sera jamais libre de ses crimes. La profondeur de cette scène réside donc dans ce lien étrange, cette connexion ténue que Park espère créer avec le tueur. Il ne peut plus le poursuivre, mais il sait qu’il est là quelque part, comme une ombre sur sa vie, le spectre d’un crime impuni. Ce moment donne au film un impact durable : le mystère persiste, et avec lui, le malaise et l'obsession qui hanteront Park toute sa vie.
Ce qui rend Memories of Murder unique, c’est la manière dont il met en lumière l’impuissance des policiers locaux, qui se retrouvent dépassés par des crimes d’une violence inédite. Le film pose un regard critique sur le système judiciaire et policier de l’époque, montrant des techniques d’enquête archaïques, souvent brutales, et des enquêteurs qui se perdent dans leurs propres émotions et frustrations. Les deux acteurs principaux, Song Kang-ho et Kim Sang-kyung, sont magistraux dans leurs rôles d’inspecteurs aux approches radicalement opposées. Leurs performances transmettent toute la complexité et le désespoir qui animent leurs personnages.
Visuellement, Bong Joon-ho maîtrise chaque plan, créant une tension palpable qui nous accompagne tout au long du film. L’ambiance humide, brumeuse et oppressante des décors participe à renforcer le sentiment de malaise, comme si la ville elle-même était marquée par la noirceur des crimes qui s’y déroulent. Le suspense monte crescendo, avec une réalisation qui nous tient constamment en haleine, même dans les moments de silence.
spoiler: La dernière scène du film est particulièrement marquante, non seulement pour ce qu’elle raconte, mais aussi pour l’aura d’inachevé qu’elle laisse. Au moment de la sortie de Memories of Murder, le tueur n’avait toujours pas été identifié, ce qui donne à ce dernier regard face caméra un impact immense et glaçant. C’est cette incertitude, ce mystère persistant qui confère au film une profondeur et une aura unique. La dernière scène de Memories of Murder est particulièrement puissante, car elle conclut le film sur une note d’incertitude troublante et poignante. Dans cette scène finale, le détective Park Doo-man, devenu civil, revient des années après sur les lieux du premier meurtre. Il est visiblement marqué, usé par les années d'enquête infructueuse. Lorsqu'une petite fille passe par là, elle lui mentionne que quelqu’un est venu observer cet endroit récemment, un homme « tout à fait ordinaire ». Ce détail ravive immédiatement l’obsession de Park, et il se penche pour scruter l’endroit une dernière fois. À ce moment-là, Park regarde directement dans la caméra, un regard lourd et chargé de sous-entendus. C’est un moment intense, car il est clair que Park n’adresse pas ce regard au spectateur. En réalité, il sait que le tueur, où qu'il soit, pourrait regarder ce film un jour. Ce face-à-face silencieux est donc dirigé vers ce meurtrier insaisissable, comme un défi muet ou une invitation à enfin se dévoiler. C’est la manière de Park de dire « Je sais que tu es là », un appel provocateur à ce tueur qui, même après toutes ces années, échappe encore à la justice. Ce dernier regard, empli de rage contenue, de douleur et de résignation, est un appel aussi désespéré que symbolique. En brisant le quatrième mur, Bong Joon-ho nous fait ressentir l’obsession de Park, son sentiment d’impuissance et sa haine inexprimée envers ce criminel qui a détruit tant de vies. C’est comme si Park, n’ayant jamais pu faire justice, voulait, au moins par ce regard, atteindre l’âme du tueur où qu’il soit, lui signifier qu’il ne sera jamais libre de ses crimes. La profondeur de cette scène réside donc dans ce lien étrange, cette connexion ténue que Park espère créer avec le tueur. Il ne peut plus le poursuivre, mais il sait qu’il est là quelque part, comme une ombre sur sa vie, le spectre d’un crime impuni. Ce moment donne au film un impact durable : le mystère persiste, et avec lui, le malaise et l'obsession qui hanteront Park toute sa vie.
Ce film est extraordinaire. Un film noir / policier comme je n'en avais jamais vu.
Le réalisateur réussit le tour de force incroyable de faire un film de fiction mettant en scène une véritable série de crimes qui a traumatisé la Corée. Le portrait des policiers est d'une finesse impressionnante (et Song Kang-ho, l'acteur principal, est formidable). C'est visuellement une splendeur.
Bref, foncez.
Le réalisateur réussit le tour de force incroyable de faire un film de fiction mettant en scène une véritable série de crimes qui a traumatisé la Corée. Le portrait des policiers est d'une finesse impressionnante (et Song Kang-ho, l'acteur principal, est formidable). C'est visuellement une splendeur.
Bref, foncez.
C'est d'abord une mise en scène efficace puis une histoire qui laisse place à une succession d'émotions.
Je suis déçu après toutes les super critiques lues partout. Si ce film a indéniablement de bons côtés (qualité d'acteur de Kim Sang-kyeong, image, réalisation, tension dans la 2e moitié, bonne fin, ...), il y a aussi pas mal de points frustrants : les locaux sont tous caricaturalement bêtes (et donc avec du surjeu comme Song Kang-ho), des rebondissements improbables (
spoiler:
la flic qui remarque toute seule qu'une chanson passe à la radio le soir des meurtres, le témoin qui meurt subitement
), une première partie molle qui sert juste à montrer que les flics locaux, en bons pieds nickelés, gâchent toute enquête possible (1 ou 2 fois suffisent, là c'est bon au bout de 10 fois, on a compris), des scènes grotesques ( spoiler: les "préservations" de scène de crime, la reconstitution, la scène de torture de l'idiot
), ...
), une première partie molle qui sert juste à montrer que les flics locaux, en bons pieds nickelés, gâchent toute enquête possible (1 ou 2 fois suffisent, là c'est bon au bout de 10 fois, on a compris), des scènes grotesques ( spoiler: les "préservations" de scène de crime, la reconstitution, la scène de torture de l'idiot
), ...
J’ai l’impression d’avoir vu un film sur l’incompétence de la police coréenne.
Hormis les 10 dernières minutes, j’ai trouvé le suspense inexistant.
Déçu par le film après avoir vu tous les avis positifs.
Hormis les 10 dernières minutes, j’ai trouvé le suspense inexistant.
Déçu par le film après avoir vu tous les avis positifs.
Ce thriller/polar sud-coréen narre l’enquête d'une équipe de policiers sur une série de meurtres, dans un village paumé de campagne. Ce détail est important car il donne du charme à l'histoire, aussi bien au niveau des environnements que des personnages : on nous les montre complètement dépassés par les évènements car pas formés pour ce genre d'investigation. Le réalisateur en profite d’ailleurs pour se moquer de ses protagonistes , les faisant passer pour des incompétents ou coupables de violences policières : on sent la critique sous-jacente , mêlée d'une certaine compassion. Memories of Murder est surprenant dans son mélange des genres , dans le sens où on a des situations parfois complétement ubuesques , et parfois dramatiques ; toutefois malgré l'humour le fond reste nihiliste à l'image d'une fin frustrante. Une chose intéressante dans ce film est l'opposition entre deux policiers , l'un étant originaire du village et l'autre arrivant de la ville. Au départ le premier est à la limite de l'incompétence et est prêt à tout pour clôturer l'enquête quitte à inculper un innocent , usant de violence et de faux aveux. Le deuxième est plus rationnel et cherche vraiment des indices probants , bref il fait son travail correctement. Et bien au fur et à mesure de l'intrigue leurs deux trajectoires vont s'inverser pour finalement aboutir à une collaboration d'égal à égal , les deux se rendant compte que face à ces meurtres il n'y a pas vraiment de méthode qui prime. Bref Memories of Murder vaut le coup d’œil de par son histoire et ses personnages , mais également par sa critique virulente d'une police incapable et en manque de moyen.
Des meurtres horribles, sans indices, et des enquêteurs perdus, sans pistes pour trouver le coupable. Dans ces conditions, que faire ? Polar glaçant sur la plus célèbre affaire criminelle de Corée, non résolue à l'époque de sa sortie, Memories of Murder s'intéresse à la psychologie des policiers chargés de l'enquête et à leurs réactions face au drame qui se joue - l'activité d'un tueur en série -. Exposant toutes les failles de la police coréenne de l'époque, le film montre des hommes aux méthodes arriérées, violentes, mais suivies "faute de mieux". Désemparés et impuissant, ils mènent un temps une chasse sans raison rappelant l'affaire Patrick Dils. Car il faut trouver le criminel, coûte que coûte. Face à une forte pression populaire et médiatique, ils ne peuvent faire autrement ; quoi que, le soucis affiché de ne pas voir leurs "débordements" s'ébruiter trahit la volonté de ne pas faire mauvaise presse à l'institution, déjà sous le feu des critiques de médias qui, décidément, s'immiscent partout. L'opposition entre le jeune enquêteur venu de Séoul et son aîné permet ici une intéressante perspective. Face à un collègue formé aux procédures scientifiques, Song Kang-ho représente une vieille école, complètement dépassée. Investi toutefois, et comprenant l'impasse ou ses actes le mènent, il sait faire évoluer son jugement. Son comportement gagne alors en professionnalisme. A l'inverse, le chemin emprunté par son cadet montre comment l'horreur peut faire dérailler même les êtres les plus rationnels. Bong Joon-ho réussit donc quelque chose de grandiose avec ces deux figures, qui incarnent chacune à leur manière les effets de l'indicible sur l'être humain. Ajoutons que près de 15 ans plus tard, en 2019, la toute fin de ce Memories of Murder s'est colorée d'une façon bien particulière, puisque la police coréenne a annoncé avoir identifié un suspect. Il a depuis été démontré qu'il s'agit du véritable meurtrier. La justice a donc triomphé. Tard, sans doute trop pour les familles des victimes mais enfin, elle est parvenue à résoudre l'affaire. Memories of Murder ne laisse pas indifférent. Témoignage d'une façon d'enquêter qui, espérons le, sera pour toujours reléguée aux livres d'histoire, il sait tour à tour être poignant, émouvant, cruel, absurde, et joue magistralement avec les codes propres à son genre. Un film immense.
Surpris par la note allociné dythirambique, je reconnais que ce polar asiatique contient des qualités indéniables : ambiance, photographie, dialogues... dans le genre de Seven avec Brad Pitt. Mais je n'ai pas tellement aimé l'interprétation qui m'a paru souvent grotesque (peut-être mal doublée en français), ainsi que ce sentiment d'une enquête faisant du sur-place, et alimentée par peu de scènes dignes d'intérêt. Notons que
spoiler:
l'on ne saura jamais qui est l'assassin-violeur, comme dans le film français La nuit du 12,
et que ça a de quoi frustrer le spectateur, et que la toute-fin du film relève tout de même un ensemble qui m'a semblé assez moyen.
et que ça a de quoi frustrer le spectateur, et que la toute-fin du film relève tout de même un ensemble qui m'a semblé assez moyen.
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