Voilà enfin un film qui sait, à linstar dun Bergman, parler subtilement des relations humaines, les vraies hein, pas les « idéalisées », mais celles faites damour et de haine, de fascination et de manipulation-dépendance, celles surtout qui font quun être évolue
parce quil na plus le choix ! Sur un scénario particulièrement bien structuré, Arnaud Desplechin nous présente ainsi des personnages qui vont interagir entre eux de manière passionnante ! Et ces personnages (Nora et Ismaël en tête), pourtant pas toujours sympathiques, vont ô combien nous émouvoir, probablement parce que leurs défauts, et leurs pires fonctionnements, sont révélateurs de leur fragilité. En tout cas, la part de lumière et dombre inhérente à chacun na jamais été aussi bien retranscrite depuis bien longtemps dans un film.
Quant aux dialogues, bien ficelés, ils servent à merveille les comédiens qui ont su se couler dedans. Emmanuelle Devos et Mathieu Almaric ont ici beaucoup de présence, et de charisme, pour des rôles qui ne sont pourtant guère faciles.
En tout cas, ce cinéaste français possède indéniablement un regard percutant et lucide sur lhumanité, également sensible (sans que cela soit de la sensiblerie) et pudique (et pourtant les dialogues possèdent aussi leur cruauté qui fait mouche !), un regard aussi tantôt drôle et léger, tantôt plus grave... Bref un regard suffisamment personnel et surtout, surtout, très inspiré. Décidément, un film épatant pour ce début dannée 2005 !