Le roman était loin d’être un chef-d’œuvre, le film de Taylor Hackford en est une adaptation assez libre qui assume davantage le fantastique mais en dilue le discours sur le culte de la réussite. Mais ça cabotine à outrance et le duel entre le jeune avocat prometteur Keanu Reeves et le diabolique Al Pacino ne tient pas ses promesses.
Al Pacino y fait une prestation magnétique, en fait un peu trop aussi. C'est le principal intérêt de ce film aussi efficace que maladroit. Le film avance en effet avec des gros sabots et des clichés à la pelle (ah ! ces feux de cheminées ridicules) pour une condamnation de l'ambition, du pouvoir et la perte des valeurs qu'elle entraine ("la vanité est mon défaut préféré). C'est assez prêchi-précha, manquant d'une vraie ambiance, d'une atmosphère. Le film oscille entre inquiètude et grand guignolesque, offrant quelques scènes de dépravations ridicules. Dommage pour le couple Keanu Reeve-Charlize Theron, assez bien assorti et auquel on s'attache. Mais le film ne trouve jamais son ton
Ça aurait pu etre meilleur si le titre du film ne devoilait pas un grand retournement. Le scenario reste bien construit, et les acteurs sont assez convaincant.
Il faut convenir que Al Pacino fait un bon diable de cinéma, même s'il n'est sans doute pas à la hauteur du Satan de Jules Berry dans Les visiteurs du soir. Mais la comparaison est délicate, tant les registres sont différents. Sa prestation mérite à elle seule le visionnage de ce film, bien qu'elle soit inégale. Toutefois, on aurait aimé un peu plus de subtilités, moins de moralisme et sans doute une demi heure de moins. La scène de la confrontation finale est par exemple un peu longue et, dans la liste de ses exploits, Pacino-Belzebuth aurait pu citer les deux dernières guerres mondiales. Mais ne boudons pas notre plaisir. Malgré ses faiblesses et incohérences, ce thriller démoniaque se laisse voir très agréablement.
"L'associé du diable" aurait pu faire un très bon film judiciaire. Ses meilleures scènes se déroulent soit dans un prétoire, soit dans un bureau à chercher une stratégie.
Le film choisit d'être aussi un film fantastique. Je trouve ces parties moins intéressantes, avec des effets spéciaux qui ont mal vieillis.
Cela dit, elles s'imbriquent bien au scénario, qui avance de manière fluide.
En réalité, au-delà de l'écriture, le film bénéficie du talent de ses acteurs, au premier rang desquels Keanu Reeves qui aura rarement été aussi expressif.
Le montage parvient, quant à lui, à jouer avec les nerfs des spectateurs, et à créer des moments d'angoisse ou de paranoïa.
L'œuvre est peut-être toutefois un peu longue et l'on aurait pu couper certaines scènes. Mais il vaut le coup d'œil.
Si la fin peut se discuter avec la révélation de la mère de Kevin Lomax, l’ensemble demeure assez captivant. Une métaphore sur l’ambition pour laquelle on ne s’imposerait aucune limite pour gagner. Jusqu’où peut-on aller pour assouvir sa soif d’ambition ? Un film à l’attention de tous les arrivistes, les dénués de scrupules et autres grosses têtes aux dents qui rayent le parquet. Par contre, j’ai bien aimé la toute fin : Kevin Lomax ne retiendra aucune leçon tant que son égo sera démesuré… Et Satan n’a pas fini de s’en amuser tant que l’homme sera vaniteux…
Mince,...je me le revois ce soir et j'ai l'impression de le voir pour la 1ère fois tellement celà faisait longtemps que je ne l'avais vu. Il me semble que je ne l'avais que moyennement apprécié à l'époque et au final QUEL FILM... Énorme. Comme quoi les goûts sur tout évoluent avec le temps. 4/5
Le film oscille entre le fantastique et le thriller sans jamais faire son choix et souffre de quelques longueurs (surtout le dénouement que l’on voit arriver avec ses gros sabots). Malgré tout, sans être captivant, cet « Associé du diable » arrive à entretenir une certaine tension durant plus de deux heures. Pas suffisant pour rendre le film plus intéressant que la moyenne.
Véritable pari audacieux qui aurait facilement pu tourner au désastre « L’associé du diable » est un drame judiciaire teinté de fantastique qui s’appuie sur un scénario intelligent dans lequel se mêle des questionnements moraux sur le spectacle judiciaire américain sur fond de réflexion faustienne et puisant aussi bien dans la dramaturgie de la Divine Comédie de Dante ou encore le Paradis perdu de John Milton. De sacrées références qui auraient pu faire dériver le film vers le grandguignolesque, mais la qualité de l’écriture associé à une excellente réalisation de Taylor Hackford rendent le long-métrage passionnant. Enfin, il faut évidemment souligner l’excellence de l’interprétation, de Charlize Theron à Keanu Reeves et surtout l’immense Al Pacino dont les prestations marquantes à l’immense de la longue scène finale contribuent grandement à la réussite du film.
Un film de la décennie 90 qui m'était passé loin des yeux et que je ne suis pas déçu d'avoir vu. Le scénario est très bien ficelé et peu commun, les performances des acteurs sont impeccables. Reeves toujours très bon en marionnette qui combat sa nature personnifiée par Al Pach dans les veines de son ton "winner" à la "Enfer du Dimanche". Même lorsqu'il part "en vrille" stylistiquement sur le dénouement c'est bien dosé en terme de temps et cela ne fait pas perdre la force générale du propos. Vraiment intéressant.
L'associé du diable est un très bon film ! Alors certes il part doucement et pendant longtemps on se demande quand Al Pacino va devenir diabolique mais finalement ça décolle et c'est très bon ! L'étau se resserre autour de Kevin et son épouse et c'est excellent ! La fin réserve même plusieurs rebondissements savoureux et franchement on passe un super bon moment en compagnie du grand Al Pacino, encore une fois impeccable ! Attention Satan vous regarde !
"L'Associé du diable" est un bon film. Abordant le thème de la justice, le film culte de Taylor Hackford permet de voir sous un angle nouveau les avocats du système judiciaire. Al Pacino et Keanu Reeves interprètent bien leur personnages et sont bien dirigés par le réalisateur. A voir au moins une fois !
Le film est globalement très réussi : L'idée de mêler thriller judiciaire et film fantastique est plaisante d'autant que les acteurs sont bons et l'intrigue s'avère complexe.
Hélas il faut près d'une heure pour que l'intrigue se lance véritablement.
Mais qu'importe : L'associé du diable est une réussite.
Superbe fable sur l'avidité et l'accession au succès à tout prix, le paranormal est très justement montré et distillé au compte-goutte de manière à rendre le film encore plus intriguant, voire effrayant. Les acteurs sont presque au sommet de leur art, un film culte.
L’Associé du Diable joue habilement sur la frontière entre thriller juridique et fable démoniaque. Keanu Reeves surprend dans un rôle où l’ambition dévorante de son personnage le mène vers une chute inévitable. À ses côtés, Al Pacino livre une prestation intense, théâtrale et jouissive, donnant au film une énergie diabolique inimitable. La mise en scène flirte parfois avec l’excès, mais c’est justement ce qui donne au récit sa dimension grandiloquente. Certaines longueurs et dialogues un peu datés peuvent freiner le rythme, mais l’ensemble garde une aura captivante. Le mélange de suspense, de critique sociale et de fantastique fonctionne mieux qu’attendu. Une œuvre marquante malgré ses défauts, à laquelle nous donnons 3,5/5.