Ayant lu le roman de Grangé (pas son meilleur, mais intéressant), j'ai vu le film avec à la fois de l'intérêt et de l'appréhension. Rassuré (une assez bonne adaptation, dans l'ensemble, et un Jean Réno convainquant), mais aussi déçu (les héros ne survivent pas, dans le roman ; sans doute ne sont-ils pas tués dans le film parce qu'il s'agit, entre autres, de Jean Réno ?...de plus, la fin, dans le roman, ne fait intervenir que la femme, les hros meurent avant).
Du sang neuf dans le polar nerveux à la française ! Voilà l'intéressante ambition de Chris Nahon avec L'EMPIRE DES LOUPS. Et effectivement, le casting sans star (hormis Jean Reno) et les premières minutes, sèches et violentes, de L'EMPIRE DE LOUPS titillent notre curiosité. Habilement mêlées, les deux histoires séparées apportent mystère et suspense. Mais on déchante très rapidement, dès que le film emprunte les rails bien droits du polar simple et tout juste efficace. Les clichés se multiplient, du traumatisme du jeune flic à cheval sur les lois, au personnage de Jean Reno et ses répliques lourdaudes (« je ne connais qu'une seule loi, la mienne ») que n'auraient pas reniées Chuck Norris ou Charles Bronson. Plus le film avance, plus la métamorphose se fait rapide et profonde. Jusqu'à la fin, n'importe quoi absolu, où le personnage principal féminin s'est transformé en guerrier imbattable et où l'on assiste au débarquement d'un commando français au fin fond de la Turquie...