L’aveu
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Redzing

1 463 abonnés 4 989 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juillet 2020
Dans les années 50, à Prague, un haut-dignitaire du parti communiste se fait arrêté. Il est alors sommé d'avouer des crimes qu'il n'a pas commis, et régulièrement torturé. Après "Z" et sa critique des dictatures militaires d'extrême droite, Costa-Gavras adapte le livre autobiographique d'Artur London, dénonçant le fonctionnement des purges dans les dictatures staliniennes. Un film qui fit beaucoup d'effet en France à sa sortie en 1970 (plus de 2 millions d'entrée !), une époque où l'URSS était idéalisée par beaucoup, et où le Parti Communiste Français était un courant politique influent. Mais Costa-Gavras cherche moins avec "L'Aveu" à faire de la politique qu'à critiquer le totalitarisme. Ou comment briser physiquement et psychologiquement un individu, et se faire passer auprès de son peuple pour un système juste, civilisé et démocratique. Le tout porté par un Yves Montand sensationnel, qui incarne ce communiste qui croit en ses idées jusqu'au bout, et ne peut admettre que son parti fait une erreur en le sommant d'avouer. L'acteur s'est d'ailleurs considérablement amaigri au cours du tournage pour représenter l'affaiblissement de son personnage. Mais la réalisation n'est pas en reste, offrant des décors & costumes volontairement austères, une image froide, et des acteurs peu connus symbolisant les rouages, figurants, et pions interchangeables du pouvoir. Plusieurs plans sont marquants, les effets de montage accentuent les répétitions et pressions subies par le protagonistes, et l'on note quelques idées de mises en scènes assez originales. "L'Aveu" est donc un film fort, et important pour son époque.
marmottefurieuse
marmottefurieuse

13 abonnés 523 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 avril 2020
Un excellent film de nature politique qui est une véritable dénonciation des dérives horribles du communisme en Tchécoslovaquie durant la Guerre froide. Le spectateur est constamment plongé dans une atmosphère pesante, oppressante lorsqu'il assiste à la purge dont fait l'objet un groupe de cadres (tous des antifranquistes) du parti communiste tchèque avec l'utilisation de procédés arbitraires dignes de l'URSS au temps de Staline (torture, violences psychologiques, manipulations, extorsions d'aveux montés de toute pièce, procès théâtralisé...) Yves Montand (dans la vraie vie, il fut un véritable sympathisant communiste) incarne avec conviction et efficacité (allant même par perdre pas mal de poids pour mieux coller à son personnage victime de mauvais traitements) l'un de ces cadres du parti ayant fait l'objet de cette purge (teinté d'un certain antisémitisme) à la sauce stalinienne. Un film sans doute choc à l'époque pour les sympathisants communistes dont beaucoup fermaient encore les yeux par idéologie (l'infaillibilité du parti communiste) devant ces exactions. Une réussite.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 mai 2019
Un long discours passionnant d’interrogatoire sur des prisonniers politiques durement réprimandés, en pleine projection succédant au sujet des dictatures militaires souverainetés identités nationales sud-américaines. Le regard se porte vers le régime totalitaire de l’échiquier URSS et ses satellites pions d’Europe côté bloc de l’Est, la rivalité face à l’influence des États-Unis dans sa région hégémonique. C’est un pamphlet d’impartialité avec cette mise en scène glissée d’archives ambiguës, que ce soit de droite comme de gauche le clivage politisé, les extrêmes étatiques ont instauré l’histoire. Il n’est pas besoin de le répéter la leçon d’école, on n’aura de cesse de le savoir à cause de quoi concrètement. Les démocraties populaires étaient franchement autoritaires comparés à leurs opposants contre-révolutionnaires conservateurs nationalistes, des cachotiers d’un cercle vicieux, une complicité équivoque qui divisa le monde froidement en guerre indirecte. Des tortures connus par le vécu de la dissidence dont l’auteur autobiographique de cette adaptation semi-fiction, son opinion personnelle restera neutre malgré l’éprouvante emprisonnement d’avoir subit un acharnement étatique. Il était vivant sain et sauf au moment d’écrire son livre et de le citer aux journalistes ennuyés à la recherche de sensation presse pour s’attirer les faveurs d’une bonne opinion publique. C’était une méthode plus psychologique que physique tout autant douloureuse, le manque de sommeil, l’eau qui tombe violemment glacée sur la tête et un effort de marche forcée. La fatigue bousculante fut une épreuve tortueuse, finalement l’aveu à l’aveuglette retient ses larmes à faire fondre, la sentence capitale ou à vie laissant au temps viendra à bout de la réhabilitation. L’entrée en scène théâtrale au sein du parti propre à ces gouvernements socialistes fut une mascarade, le synopsis d’un homme qui n’avait jusque-là rien à se reprocher, grâce à son passé républicain anti-franquiste irréprochable n’était qu’un résumé, ses origines ciblées au procès rappellent son inspiration Trotskiste mineur. Ce sera toujours l’amour d’une femme, l’honorable actrice épouse la Simone à intriguer, qui trahira sa confiance troublée comme dans les histoires politiques folkloriques, ainsi soit ce roman réalisme. L’objectif du cliché photo encore flou, il réussira à s’extirper en faisant défection à l’Ouest Occidentale, l’interprétation est du grand cinéma français. C’est une analyse non-anticommuniste mais une critique à l’égard des dirigeants successifs après le père fondateur qu’est Lénine, qui ont dirigés l’Union Soviétique en le transformant en purge bataille Stalinienne à ciel ouvert. Sa dérive en direction de la boussole autoritarisme, le bouc émissaire et une peur psychose des bourgeois, un sentimentalisme nationaliste même pensée idéologie dans les pays où le communisme de dictateur persécuteur y a triomphé. L’heure du printemps de Prague a sonné le glas pour les Tchécoslovaques, une intrigue de plus historique.
Ti Nou

632 abonnés 3 939 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 janvier 2019
Costa-Gavras signe avec "L’aveu" un film éprouvant sur des tortures menées par le parti communiste en Tchécoslovaquie. La sobriété n’empêche pas à la paranoïa d’envahir le récit. Un film politique pessimiste.
Max Rss
Max Rss

260 abonnés 2 331 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2019
Après « Z », dénonçant la dictatures des Colonels grecs, Costa-Gavras se penche sur un autre type de régime totalitaire : le Stalinisme. Fondé sur le roman d'Arthur London, « L'Aveu » est film pour le moins couillu. Car en 1970, en France il y avait beaucoup de personnes qui adhéraient aux idéologies du Parti Communiste. Mais qui s'obstinaient à ne pas croire aux ravages et aux crimes que le Communisme engendrait. Le cinéaste dénonce la justice à la « sauce » soviétique. Basée sur l'autocritique permanente, les privations, les épuisements mentaux et physiques. Pour exemple, le personnage joué par Yves Montand, est contraint de marcher constamment, sous peine de recevoir une volée de coups. Contraint de dormir dans une seule et unique position, sous peine de se voir infliger la même sanction. Au delà de ça, Costa-Gavras va encore plus loin en montrant cash que ces hauts responsables du régime soviétique n'avaient absolument rien à envier aux nazis. Car eux aussi, se laissent aller à tenir des propos visant très clairement celles et ceux qui sont de confession juive. Le point d'orgue est atteint lors du procès de tous les accusés. Le terme exact serait plutôt simulacre de procès lorsque l'on voit les méthodes employées au cours de cette audience. « L'Aveu », c'est un film froid, abrupt, qui n'a absolument pas pour vocation de caresser dans le sens du poil celui ou celle qui le regarde. Une œuvre courageuse, mais à ne pas mettre entre les mains de tout le monde.
pierrre s.

569 abonnés 3 446 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 octobre 2016
Après le bon Z, et le très bon Section Spéciale, je continue de découvrir l'œuvre de Costa-Gavras. Une fois encore le sujet est "politique". Et une fois encore le propos dérange, provoque mais toujours à bon escient. D'Yves Montant à Jean Bouise, en passant par Michel Beaune les acteurs sont tous parfaits et contribuent à l'ambiance dérangeante et oppressante du film.
Ricco92
Ricco92

295 abonnés 2 349 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 septembre 2016
Après avoir dénoncé le fascisme dans Z, Costa-Gavras dénonce à nouveau une autre forme de totalitarisme, à savoir le stalinisme. L’Aveu, tiré du roman autobiographique d’Artur London, est donc une œuvre assez courageuse car, en 1970, une bonne partie de la Gauche française (appartenant essentiellement au Parti communiste) refusait de croire dans les crimes que ce régime causait.
Ainsi, il y dénonce les méthodes judiciaires du bloc soviétique faites d’autocritiques et d’épuisements psychologiques et physiques (Artur est obligé de passer son temps à marcher et de dormir dans une seule et unique position). Cet épuisement physique se fait notamment en montrant l’amaigrissement impressionnant d’Yves Montand au cours du film (le film fut d’ailleurs tourné en respectant quasiment la continuité du récit, ce qui permit à l’acteur de perdre 17 kg très visibles pendant le tournage). Il montre même à quel point l’aveuglement idéologique était présent dans le régime à cette époque puisque Artur lui-même avait, par le passé, jugé de la même manière qu’il le sera d’autres personnes soupçonnées du même type de "crimes" que lui. De même, Costa-Gavras ose montrer que les responsables du régime peuvent tenir des propos antisémites que n’auraient pas reniés des nazis.
Pour appuyer sa dénonciation, le cinéaste se permet d’utiliser tous les moyens que lui offre son art, à savoir la narration spoiler: (alternance de flashbacks et de retours au récit principal que l’on découvre, en milieu de film, être lui-même un récit raconté par Artur quelques années après)
, les techniques de prise de vue (travelling compensé), le son (voix-off) et le montage spoiler: (ralentis, les montages très cut pour souligner l’éternel répétition des jours d’emprisonnement, l’accumulation des mots "mort" et "perpétuité" lors de l’énoncé du verdict, l’utilisation des images d’archives pendant la détention d’Artur pour montrer les raisons de son engagement politique ou encore l’alternance finale entre d’autres images d’archive, des photos d’actualités ou des photos du personnage joué par Montand pour montrer le Printemps de Prague)
.
Costa-Gavras, aidé par d’excellents comédiens (dominés par Simone Signoret et surtout par un Yves Montand impressionnant de vérité) et par une équipe technique où l’on retrouve les noms de Chris Marker (en temps que photographe) et Alain Corneau (en tant qu’assistant-réalisateur), signe donc un film fort et courageux qu’il est important de voir pour comprendre ce qu’étaient les procès staliniens.
Philippe C
Philippe C

128 abonnés 1 195 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 avril 2016
Tiré du roman autobiographique éponyme d'Arthut London, ce film est une illustration éloquente de la déviation inéluctable des régimes communistes vers le totalitarisme et l'oppression de ceux au nom desquels ils prétendaient agir : purges, torture, aveux escroqués, procès truqués dans lequels les accusés interprètent le propre rôle qu'on aécrit pour eux,...le tout à des fins politiques ou personnelles, et organisé sous la pression et avec la complicité de l'URSS.
Yves Montand, pourtant ex compagnon de route du PCF, dans le rôle d'un vice ministre qui se voit accusé de Trotskisme, titisme et espionnage donne grâce à son talent, une véritable crédibilité à cette démonstration et Simone Signoret, épouse de ce minstre, déchue de sa position favorable dans la nomenklatura, finit par renier son mari puisque le Parti, qui ne peut se tromper à mis à jour sa vraie nature.
Ce film a fait beaucoup en France pour ouvrir les yeux de nos compatriotes sur la réalité des régimes communistes d'Europe de l'Est. Il marque le début du déclin du PC dans notre pays
CrackO DingO
CrackO DingO

62 abonnés 1 077 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 février 2016
Film trop politique, trop compliqué et trop long à mon goût. Sortez vos manuels d'histoire-géo pour bien maîtriser cette l'histoire. ----Février 2016----
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

146 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 février 2016
Film politique mythique de la seconde moitié du XXème siècle, L'aveu est une implacable dénonciation des terribles dérives du système soviétique, qui s'appliquent aussi à ses pays satellites. Le long-métrage raconte l'histoire vraie de l'homme politique tchécoslovaque Artur London – il s'agit d'une adaptation de son livre du même nom – qui fut l'une des victimes du procès de Prague de 1952, destiné à purger les éléments considérés comme les moins proches de la ligne officielle, et au cours duquel les aveux des accusés furent obtenus sous la torture. Costa-Gavras ne nous épargne rien du sort réservé à cet homme, magistralement interprété par un Yves Montand à la transformation physique impressionnante : spoiler: sévices physiques et psychologiques, violences de tous les instants, pressions sur sa famille...
Le cinéaste franco-grec dissèque avec brio les coulisses de ce système pourri jusqu'à l'os, dans lequel l'être humain n'a que peu de valeur face à un collectif entièrement fantasmé, et dont les dirigeants n'ont fait que multiplier les renoncements, s'accaparant une révolution n'ayant de populaire que le nom. Le film dénonce également avec force l'antisémitisme régnant au sein des instances dirigeantes, et le rôle majeur joué par celui-ci dans ces procès bidons. Une mise en scène superbe. Un grand film.
Jonathan M
Jonathan M

169 abonnés 1 529 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 février 2016
Le combat critique contre le mensonge. L'hypothèse qu'une politique sans esbroufe est impossible. Ce procès m'était alors inconnu. Les faits soient, la posture cinématographique conflue, une fois n'est pas coutume avec Costa-Gavras, vers une fiche Wikipédia scénarisée. Le grand Montand se retrouve empêtré dans un rôle de composition. Mais, Chris Marker est à la lumière, et la restauration de 2014 nous éblouit. La première heure est bavarde mais pertinente, la seconde vise un but sans aucune surprise. Si l'histoire doit laisser une trace, le film lui n'a su tirer le potentiel.
Black-Night
Black-Night

222 abonnés 421 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2016
L’Aveu est un très bon film. Je ne suis pas particulièrement adepte des films dit « politiques » ni même du sujet de la politique lui-même, mais il faut reconnaître que ça en fait des œuvres marquantes surtout celle-ci. Un thriller politique rondement mené.
Prague, au début des années 1950. Le vice-ministre des Affaires étrangères est surveillé et traqué par le parti, malgré un passé irréprochable. Un jour, il est enlevé par des inconnus. Le cinéaste grec décrit magistralement le mécanisme des purges en Tchécoslovaquie et la lente torture qui mène à l'aveu.
Entre 1949 et 1954, en Tchécoslovaquie, plus de 40 000 personnes ont été jugées pour atteinte à la sûreté de l'État. Les juifs et les intellectuels furent les premiers visés. Inspiré par le long témoignage de Lise et d'Artur London, survivants de ces procès, L'aveu est presque sans aucun doute le film le plus noir de la trilogie politique de Costa-Gavras (qui comprend, aussi Z et État de siège, pas encore vus). L'action se situe dans des couloirs souterrains, des cellules humides où les bourreaux empêchent le prisonnier de dormir, de manger, le déshabituent de la lumière, du rythme des jours, afin qu'il perde toute notion de réalité.
Dans sa cellule comme lors des interrogatoires, le prisonnier doit sans cesse marcher, ébloui, assoiffé, affamé. Contrairement aux soldats français en Algérie qui utilisaient des méthodes expéditives et violentes, la torture est ici moins directement brutale, plus raffinée, mais marquante. L'aveu public doit alors prendre la forme d'un cérémonial afin de sauver le parti.
Pas de bande son à déclarer pour renforcer un réalisme saisissant et surprenant, seulement une petite ritournelle sombre mais belle en début et fin de film.
Le réalisateur Costa-Gavras signe ici son 4ème long métrage avec une œuvre coup de poing, au fort réalisme, une réalisation d’ensemble très bonne avec quelques bémols dont des lenteurs. Le casting joue à merveille où Yves Montand, luttant contre l’abrutissement joue ici l’un des plus beaux et grands rôles de sa carrière. Simone Signoret, Michel Vitold, Gabriele Ferzetti, Jean Bouise, Sacha Briquet, Guy Mairesse, Laszlo Szabo y sont très bons.
Avouez ! J’avoue je suis un poil déçu mais ça reste une œuvre choc et marquante à voir.
Ma note : 8/10 !
Stephenballade

461 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 février 2016
"L’aveu" est le quatrième long métrage du réalisateur français le plus régulier qualitativement parlant. Ce film, né durant le montage de "Z", se base sur le livre autobiographique éponyme d’Artur London, un résistant d’origine juive qui a commencé sa route dès l’âge de 14 ans en entrant aux Jeunesses communistes, avant de rejoindre les Brigades internationales en Espagne, puis de se retrouver bien plus tard sous le feu des projecteurs en devenant Vice-Ministre des Affaires étrangères en Tchécoslovaquie, après avoir été déporté par les forces allemandes durant la Seconde Guerre Mondiale. Cette histoire, je ne la révélerai pas davantage, afin de sauvegarder tout l’intérêt de ce destin ahurissant qui nous est conté ici. Afin de dénoncer le totalitarisme quel qu’il soit, le projet fut tourné dans la quasi continuité de l’action, ce qui contraignit Yves Montand à perdre dix-sept kilos dans le but de bien montrer à l’écran les effets produits par les mauvaises conditions de détention et les mauvais traitements qu’ont dû subir les accusés. Le voile est levé courageusement sur le stalinisme et le moins qu’on puisse dire, c’est que le résultat est édifiant. Au prix d’une réalisation intimiste, grave, et sans aucune musique ou presque, Costa-Gavras nous propose de découvrir en toute sobriété les débuts de la Guerre Froide avec un superbe Yves Montand dans le rôle principal n’hésitant pas à aller très loin dans son interprétation. Le style que nous propose le réalisateur nous place au même niveau que le principal intéressé, non pas sur les conditions de sa captivité qui ne manquent pas de choquer le spectateur, mais sur les questions qu’il se pose : que se passe-t-il ? de quoi on l’accuse ? qu’a-t-il à avouer ? qu’a-t-il fait de si répréhensible ? Pour bien transmettre cette interminable litanie, le film parait long, très long, et j’admets que ça peut en décourager plus d’un. D’autant plus long que les privations et les ordres se répètent inlassablement, agrémentés de manipulations diverses et variées. Le processus est interminable, mais se révèlera efficace puisque les aveux finissent par arriver au compte-goutte. L’approche faite par Costa-Gavras et le scénariste Jorge Semprún semble très réaliste, terriblement réaliste. Il en découle un film au propos fort et percutant, qu’on pourrait destiner à la mémoire des russes victimes du stalinisme. Yves Montand démontre ici qu’il est un grand acteur, de par son implication totale dans ce rôle, mais il ne faut pas négliger non plus les autres acteurs, car eux aussi contribuent aux sentiments de révolte et de dégoût que cette histoire suscite. "L’aveu" est donc une belle réussite au parfum de drame historique psychologique qu’il faut avoir vu au moins une fois, ne serait-ce que pour notre culture personnelle. De là à en faire un incontournable de sa vidéothèque personnelle, il y a un pas, car à mon sens, il manque ce petit quelque chose d’indéfinissable qui aurait pu rendre ce film mémorial définitivement inoubliable.
maxime ...

317 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 février 2016
L'Aveu, le titre à lui seul fait frémir ! Le film en lui même aussi. Après deux long métrages - Amen et Séction Spéciale - fort intéressant mais pas concluants de bout en bout pour moi, celui-ci m'a conquis dès la première minute. Yves Montand est divin, la décadence de son personnage dut à la torture physique et psychologique dont il est la victime est tout simplement abominable et inhumain. On souffre pendant deux heures, cette sensation est à la fois malsaine mais d'une nécessité sans pareil. Ce cycle Costa-Gavras est décidément fort intense, je sens que Z lundi va encore me perturbé comme ce fut le cas aujourd'hui avec L'Aveu ...
ghyom
ghyom

110 abonnés 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mai 2014
L’Aveu est l’adaptation du livre homonyme d’Artur London. Ce livre est le témoignage du vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie (Artur London) qui fut arrêté, torturé et condamné lors des procès de Prague. Il serait à mon avis néfaste d’en dire plus sur l’histoire car c’est là le principal intérêt du film. Montrer l’ampleur de l’horreur, de l’amoralité, de l’inhumanité d’un système totalitaire pour provoquer à travers ce récit le sentiment d’injustice.

Ce principal intérêt est peut-être aussi, pour moi, son principal handicap. La difficulté pour des films « témoignages » c’est d’avoir une réalisation, un montage, une mise-en-scène intéressante sans pour autant atténuer la puissance du propos. Costa-Gavras choisi ici la solution de facilité en restant très, trop à mon goût, sobre. Alors il y a certes un fond qui garde toute sa puissance mais, si ce n’est l’excellente performance de Montand, quelle différence y a-t-il avec une bonne fiction documentaire ? Il y a bien quelques effets de superposition très bien sentis et un montage lors des verdicts du procès beaucoup plus grossier, mais ce film est sans doute pour moi resté trop sobre dans sa forme pour avoir un véritable intérêt artistique.

Malgré tout, le sentiment de révolte qu’a voulu provoquer Costa-Gavras est bel et bien là. Pour cela, pour Montand (et Signoret même si son perso est très secondaire) et pour le cynisme de quelques phrases telle que « Il faut juger le passé à la lumière des vérités que le parti a établies aujourd'hui » ce film reste une belle réussite.
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