Remake d’Infernal Affairs, un thriller undercover haletant malgré quelques surenchères, porté par une interprétation magistrale. Oscar du Meilleur film et premier Oscar du meilleur réalisateur remporté par Scorsese. 3,75
"Les Infiltrés" c'est avant tout un casting de premier plan, voyez un peu: Leonardo Di Caprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg et Martin Sheen entre autres, autant dire que niveau interprétation c’est vraiment très convaincant (la V.O étant indispensable). Mais "Les Infiltrés" c'est aussi un scénario accrocheur et palpitant et dont on ne peut à aucun instant prévoir ce que nous réservera le dénouement. Un dénouement qui se révèle d'ailleurs excellent car très loin des standards hollywoodiens. Malgré tout, il y a bien un ou deux petits défauts qui titillent comme la mise en place de l'intrigue un peu trop longue et un poil brouillonne par moment, ou comme un manque de folie dans certaines scènes. On passe quand même un bon moment, quoi de plus normal devant un bon film.
"Quand on est gamin, on se disait qu'on voulait devenir flic ou criminel. Face à un flingue, quelle est la différence ?" : c'est dans cette zone trouble que s'aventure "Les Infiltrés", dans un vertigineux jeu du chat et de la souris, de méfiance constante vis-à-vis de son coéquipier, susceptible de mentir sur son véritable rôle dans cette traque meurtrière qui vise Frank Costello, chef de la mafia irlandaise des quartiers Sud de Boston. Mais le film ne se contente pas d'établir une opposition Costigan/Sullivan (DiCaprio et Damon, qu'on aurait plus attendu dans les rôles inversés) mais brouille progressivement les données en remettant en question les identités d'autres flics ou mafieux, principaux ou secondaires, paranoïaques (Costello, Dignam) ou effacés (Delahunt, Barrigan), dans une logique de montages parallèles et alternés qui finissent par s'annuler lors d'une scène de filature rapprochée et une autre de fusillade sauvage. Mais dans ce film d'hommes, une femme existe : ce serait mentir d'affirmer que ce personnage féminin est le plus beau qu'ait créé Scorsese mais il reste intéressant dans la mesure où il joue le rôle d'arbitre entre Sullivan et Costigan et tente par sa psychologie de déceler la vérité chez les deux hommes. "Les Infiltrés" n'a pas l'ampleur et la force dramatique des meilleurs films du cinéaste, mais il est tout de même passionnant par le mélange novateur qu'il fait entre des résidus de forme provenant de la période 90's (style grandiloquent, montage rapide) et une structure narrative plus classique qui vise l’efficacité.
La première fois, le souvenir du film « Infernal Affairs » dont est issu ce remake me l'a fait trouver peu original. Mais une fois que l'on en fait abstraction, c'est très grand film grâce à son casting ahurissant bien servi par des dialogues savoureux (ceux de Mark Wahlberg notamment...) et une réalisation pleine de panache. Quasi chef d'oeuvre.
Faire un remake d’une réussite cinématographique est souvent assez risquée. Mais quand c’est Martin Scorsese qui s’y colle, on peut être nettement rassuré. Ainsi, remake avoué d’Infernal affairs d’Andrew Lau et Alan Mak, Les Infiltrés est une véritable réussite qui a d’ailleurs été récompensé par 4 Oscars dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Toutefois, si Les Infiltrés est un excellent polar, ce n’est pas le meilleur film du cinéaste ou celui où sa patte est la plus reconnaissable. En effet, Scorsese opte pour un style plus classique qu’habituellement mais conserve malgré tout une maîtrise impressionnante. Dirigeant à merveille ses multiples stars (Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg, Martin Sheen ou encore Alec Baldwin), il signe un polar extrêmement prenant adaptant son récit au milieu américain. Remaker un excellent film n’est pas forcément voué à l’échec. Encore faut-il posséder le talent de Martin Scorsese.
"Les Infiltrés" est imprégné de la marque de Martin Scorsese et c'est une très bonne chose. Les principaux thèmes chers au réalisateur sont présents : la religion, la famille, la lutte entre le bien et le mal, la violence ... Le tout traité de manière brute, testostéronnée mais en laissant apparaître certaines failles dans les personnages.
Ce qu'il y a de bien dans ce film, c'est que personne n'est tout blanc (certains sont tout noir cela dit) : chacun des personnages a sa part sombre, si bien que l'on se demande parfois qui est le gentil et qui est le méchant.
La complexité des personnages se répercute ensuite sur le scénario. Ce dernier est très bien mené avec des rebondissements inattendus. C'est assez rare les films qui me surprennent dans leur histoire ou par un twist. Pourtant, "Les Infiltrés" a réussi cela. C'est la preuve que le scénario est bon.
Enfin, on oppose Matt Damon, Leonardo Di Caprio, Jack Nicholson et Mark Whalberg. Forcément, ça fait des étincelles et tout ces acteurs magnétiques nous obligent à avoir les yeux rivés à l'écran et à ne pas en perdre une miette.
"Les Infiltrés" est donc l'un des meilleurs Scorsese et ce n'est pas rien car j'adore beaucoup de ses films !
Martin Scorcese maîtrise parfaitement son sujet. Hormis la longueur, le scénario est suffisamment riche et porteur de surprises qu'il en vaut la chandelle. Après Scorcese a adapté Infernal Affairs, il s'en est inspiré grandement donc bon... à part la mise en scène et la direction d'acteurs, je ne vois pas le génie en tout ça. Surtout que la fin est un ramassis de coups de théâtres qui s'enchaînent à chaque seconde, ça en devient presque ridicule.
Scorcese offre là un face à face comme je les aime. Il maîtrise à la perfection la tension durant tout le film grâce à une mise en scène rythmé et une réalisation parfaite. Le casting est juste incroyable et chaque personnage est parfaitement écrit et aucun d'entre eux se marche dessus. Le film est imprévisible et ne te laisse jamais entrevoir ce qu'il va se passer ce qui permet de rester captiver à ce récit. Ce même récit qui réserve de super surprise. Un Scorcese qui m'a beaucoup séduit.
En 3 films, la collaboration entre le réalisateur Martin Scorsese et l'acteur le plus doué de sa génération Léonardo DiCaprio s'est bonifiée pour nous offrir ce petit chef d'oeuvre maîtrisé de bout en bout. Avec ce remake de "Infernal affairs", Scorsese renoue avec ses 1eres amours (le film de gangsters) et c'est tant mieux ! Le casting est tout simplement exceptionnel avec un Leonardo DiCaprio comme on ne l'a jamais vu en flic infiltré pouvant exploser à tout moment, un Matt Damon tout aussi inédit dans son 1er rôle de méchant, un Jack Nicholson monstrueux de charisme et une pléiade de 2nds rôles géniaux (Mark Whalberg en flic nerveux, Alec Baldwin en chef dépassé, Martin Sheen en figure paternel, Ray Winstone en amusant homme de main, Vera Farmiga en psy...). La BO est parfaite, la mise en scène est un exemple du genre, chaque scène ayant son utilité (qui à part Scorsese peut se permettre de balancer le générique 30 minutes après le début du film sans que personne n'y trouve à redire ?) et on ne pourra qu'apprécier le diabolique scénario qui met ses 2 personnages principaux constamment sur le fil du rasoir (ils peuvent être démasqués à tout moment et ça se sent !) jusqu'à l'implacable final. Certes, certains pourront trouver le film long, sans intérêt voire même vulgaire (faut dire que le nombre de "Fuck" doit être impressionnant) mais, pour moi, "Les Infiltrés" est sans doute le plus grand chef d'oeuvre de Scorsese !
"Les infiltrés" montre l'opposition entre deux Bostoniens, qui jouent chacun le rôle de "taupe" dans deux camps opposés, un dans la police l'autre dans un des nombreux gangs qui sévissent dans la ville (Boston, capitale du crime?).Cette opposition se fera à distance pendant la majeure partie du film. Cette frontière floue entre force de l'ordre et bandits se retrouve dans d'autre films, mais ce que j'ai trouvé le plus intéressant dans ce film c'est l'opposition entre les deux protagonistes principaux. Le "faux flic" joué par Matt Damon, a tout (alors qu'il s'agit d'une authentique crapule): une carrière (avec un essor fulgurant et irrésistible), une femme qui l'aime, une grand appartement avec une vue splendide; il ne prend aucun risque et pilote tout à distance, et enfin il n'a pas le moindre remord (c'est un "enfoiré" et il en est parfaitement satisfait). A contrario, Leonardo DiCaprio (celui qui est infiltré dans le gang) n'a rien: sa vie est constamment menacée, il est en maille directement avec la violence de rue, ne peut se fier à personne, va chez la psychologue, a tout de même une femme dans sa vie mais il s'agit de celle d'un autre (et cette liaison est donc évidemment précaire), et enfin n'a même plus d'identité sans parler de sa carrière (officiellement il n'est plus "flic"). J'ai beaucoup aimé cette opposition entre deux acteurs finalement extrêmement charismatiques, et qui finalement m'a énormément mis en empathie avec le "faux bandit" joué par Léanordo DiCaprio (tandis que Matt Damon y campe une "ordure" comme on en voit rarement). Donc un très bon film...
Superbe thriller avec un casting de premier choix: Nicholson, Martin Sheen, DiCaprio, Matt Dammon, Mark Whalberg et Alec Baldwin. Wow! ça fait du lourd! Mais la force du film est avant tout basée sur un scénario palpitant, un rythme toujours parfait et une mise en scène impeccable. Un excellent Scorcese, qui affirme une fois encore, son très grand talent.
Les remakes américains sont souvent mauvais, mais là c'est monsieur Scorsese qui s'y colle et c'est génial. A noter, la performance très réussit de monsieur Jack Nicholson.