1670 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
138 critiques spectateurs
5
44 critiques
4
53 critiques
3
17 critiques
2
13 critiques
1
10 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Cadreum
74 abonnés
824 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 6 mai 2026
Inspiré d’un fait divers survenu, Nobody Knows raconte l’histoire de quatre enfants laissés seuls dans un appartement tokyoïte par une mère instable qui s’efface peu à peu. Le matériau de départ pourrait donner lieu à un drame social accusateur, à un mélodrame larmoyant ou à une enquête journalistique filmée mais ce qui intéresse Kore-eda, c'est l'érosion et la durée.
Ainsi le cinéaste dilate le temps pour épouser celui des enfants. Les jours se succèdent, rythmés par l’attente d’un appel, l’achat de nouilles instantanées, des jeux improvisés. La tragédie sédimente indifférent au sort des enfants dans cet appartement exigu.
Cet espace, d'ailleurs, devient le véritable cœur du dispositif. Filmé en plans fixes, Kore-eda enregistre la dégradation progressive des conditions de vie : objets qui s’accumulent, lumière qui change, désordre qui gagne. Le lieu garde la trace de ce que personne ne vient constater. À l’extérieur, la ville apparaît indifférente. Les enfants vivent à la lisière du monde, dans l'un de ses angles morts. En d'autres mots, ce qui intéresse Kore-eda n'est pas la prouesse de la survie mais la question de l’invisibilité.
La mère, être qui aurait pu cristalliser la colère, est traitée avec une retenue bienvenue. Kore-eda la montre immature, fuyante, incapable d’assumer la responsabilité qu’elle a pourtant acceptée. Le film ne distribue pas des rôles clairs entre coupables et victimes absolues. Il observe une chaîne de responsabilité et c'est là que naît l'horreur.
Au centre, Akira, interprété par Yūya Yagira, dont la performance fut saluée au Festival de Cannes, incarne son rôle avec une grande maturité. Peu de larmes, peu d'extériorisation. Son être devient surface d’absorption. On voit un enfant contraint d’accélérer sa maturation, d’endosser des responsabilités sans les mots pour les nommer.
La mise en scène refuse toute manipulation émotionnelle. Pas de musique insistante, pas de crescendo dramatique. Les sons ambiants dominent. Le silence pèse. Même le plan final ne délivre aucune réparation. Le monde continue, légèrement plus vide.
Nobody Knows montre comment l’invisibilité peut devenir une forme de violence structurelle. Personne ne savait, dit le titre. Mais le film inverse la proposition : désormais, nous savons. Et cette connaissance fait de nous des humains pires encore à force d'inaction et de constat.
Avec Nobody Knows, Hirokazu Kore-eda observe l’enfance abandonnée avec une retenue bouleversante, refusant tout pathos appuyé. La mise en scène, d’une discrétion quasi documentaire, capte le quotidien des enfants dans sa durée, laissant émerger une tragédie silencieuse. Kore-eda privilégie les gestes ordinaires et les moments suspendus pour révéler l’ampleur de l’absence adulte. Yūya Yagira incarne avec une justesse saisissante un enfant contraint de devenir prématurément responsable. Un film d’une douceur trompeuse, dont la simplicité formelle accentue la violence émotionnelle.
Il n'y a pas besoin d'avoir été parent ou enfant pour ressentir la détresse, dépeinte sans pathos, de ces enfants. Ce sont 2 h et quelques de frustration. spoiler: Comme on déteste cette maman qui faillit à son devoir, comme on aimerait traverser l'écran pour aider ses pauvres enfants. Il est d'autant plus triste de voir l'irréparable se commettre quand, pour la première fois du film, Akira oublie sa condition et s'amuse; l'univers le punit d'être un enfant.
Les images sont magnifiques ; on croirait être plongé dans un conte et pourtant le film est inspiré d'un fait divers encore plus sordide. Le jeu d'acteurs des enfants laisse sans mots. Mon professeur nous a confié que le réalisateur ne leur avait pas transmis le scénario, il dirigeait les enfants avant chaque scène. Bref, c'était super méga génial.
La vie de 4 enfants abandonnés par leur mère à Tokyo. C'est lent mais ce n'est pas mou. On partage leurs tranches de vie. On s'attache à l'ensemble des personnages. On souffre presque avec eux. Un film qui ne vieillit pas et permet de s'interroger sur les adultes et la vie d'enfants laissés à eux même. Un film bouleversant à ne pas regarder un jour de bad mood.
Un film japonais racontant l’histoire de 4 enfants obligés de vivre par eux-mêmes dans un appartement. Drame intimiste d’une grande sincérité, émouvant, mise en scène avec beaucoup de simplicité et porté par de jeunes comédiens d’une incroyable justesse. Un film tout simplement bouleversant.
Au Japon, une mère célibataire peine à offrir un environnement stable à ses 4 enfants. Séparée du père de plusieurs des enfants, elle cherche à refaire sa vie mais sait qu'il sera difficile de trouver un homme qui accepte de prendre en charge une famille nombreuse. Nous suivons la vie de plus en plus difficile des enfants à travers le point de vue d'Akira, un enfant de 12 ans et de ses frères et sœurs. Une vie de débrouille, de combines, bref de misère commence pour cette fratrie abandonnée, dans un pays où la situation des enfants non reconnus par leurs pères constitue un tabou. Le réalisateur montre subtilement les états d'âme d'Akira, tiraillé entre l'insouciance de son âge et les responsabilités écrasantes qui sont désormais les siennes. L'extrême précarité de leur situation familiale rend les drames difficilement évitables. Une frontière invisible sépare la population intégrée et les exclus. Mais le réalisateur ne cède jamais à l'extrême noirceur et montre qu'une forme de résilience est possible.
Inspiré d’un fait-divers qui défraya la chronique dans le Japon de la fin des années 80, Nobody knows raconte l’histoire de quatre gamins déscolarisés et abandonnés par leur mère dans leur appartement tokyoïte. Akira, l’aîné âgé de 12 ans – incarné par le superbe Yūya Yagira, prix d’interprétation au Festival de Cannes en 2004 – va dès lors tenter de prendre en main sa famille, essayant bon gré mal gré de gérer le quotidien comme il peut. Simple et poétique, ce drame qui évolue au fil des quatre saisons dresse en creux le portrait d’un Japon contemporain aux ressorts individuels et collectifs complexes.
Inspiré d’un fait réel invraisemblable, ce film du réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda, sorti en 2004, montre l’envers du décor de la société nipponne. Un univers sordide dans lequel la structure familiale traditionnelle est mise à mal. L’histoire retrace la vie de quatre enfants abandonnés par leur mère et ayant survécu seuls durant plusieurs mois. Le cinéaste prend le parti de suivre uniquement le quotidien de ces gamins, en alternant de longs plans-fixes dans l’appartement et quelques scènes de leurs interactions avec le monde extérieur. Cela instaure un faux rythme, parfois plombant, qui étouffe les émotions et ne permet pas pleinement de s’attacher au sort de ces enfants. Délaissant les raisons de l’égocentrisme des adultes, le scénario n’aborde finalement qu’une partie de ce drame familial. Bref, cela reste néanmoins une œuvre bouleversante.
A partir d’un fait divers assez étonnant, des enfants livrés à eux même suite à leur abandon par leur mère, Kore-Eda aborde déjà dans ce film ce qui sera l’un de ses univers préférés, celui de la famille, et plus particulièrement celui des enfants. Ce premier opus est très réussi, grâce à la direction et au jeu des très jeunes acteurs, à la subtilité de l’approche, où le moindre détail est signifiant, où les faits les plus terribles sont révélés avec pudeur, et à la grâce d’une mise en scène feutrée, riche de plans tour à tour fonctionnels et symboliques.
Dramatiquement beau. Incroyable histoire au l'égoïsme de ce monde pousse à l inexplicable. On est touché par cette quête de vie de cette petite famille, par le poids de cette charge qui impcombe a l aîné. Cette douloureuse réalité lors de la chute de la petite et cette fin qui nous laisse totalement sans solution. Pourquoi ?
Quatre enfants, frères et sœurs, probablement de pères différents, mais cela restera une énigme, vivent reclus avec une mère aimante mais surtout absente et démissionnaire. Cette mère fait sa vie tant bien que mal, laisse la charge de la famille à son aîné pas encore ado. Les absences de la mère s’allongeant ; au rythme des saisons et d’un appartement se délabrant, on voie le jeune garçon devenir chef de famille comme il le peut. Kore Eda est le cinéaste des liens familiaux ; il interroge film après film ce qui constitue une famille en s’intéressant en premier lieu aux enfants qui la compose. Durant 2 heures, il va montrer une fratrie bancale s’en sortir comme elle peut et montrer tout l’attachement entre les 4 enfants et le dévouement des ainés. Tiré d’un fait réel son film est fort et plutôt que de nous tirer une larme montre des scènes du quotidien qui font une vie particulière. Ces scènes sont parfois longues et aussi répétitives ; si dans la première heure, on apprécie ces tranches de vie, dans la seconde moitié, on aimerait que le film se dynamise. La lenteur restera le crédo du film jusqu’à son terme. Puis une question se pose à moi très vite dans ce film. Ces enfants, qu’il faut cacher au risque que les services sociaux s’alertent d’une famille dysfonctionnelle, finissent par avoir une vie sociale. Mais personne n’alerte les services sociaux sur cette misère pas même la propriétaire au loyer impayé qui repart comme elle est venue sans se soucier de ne jamais percevoir de loyer !!! Et c’est plus que troublant et empêche d’entrer intégralement dans le film. Aussi pourquoi, une scène finale aussi tragique alors que l’émotion peine à naitre au sein d’un film aussi distancé de ses personnages ; à part la mère et le fils ainé, les autres protagonistes sont quasi transparents. Un avis bien mitigé pour un film d’un réalisateur dont j’apprécie surtout l’œuvre qu’il s’évertue de construire film après film… et pour cela ce film est indispensable car il fait partie d’un propos bien plus large que Kore Eda étoffe à chaque sortie. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Tourné en 16 mm, l’histoire s’inspire d’un fait divers de 1988. Sur un sujet poignant, l’abandon de 4 enfants, de pères différents (2 garçons, Akira et Shigeru et 2 filles, Kyoko et Yuki) par leur mère Keiko (jouée par You, à la voix désagréable bien que chanteuse) et l’absence de détection dans une société moderne (certes dans une mégalopole, dans un quartier où s’arrête le train qui relie la capitale à l’aéroport de Tokyo-Haneda et malgré le non-paiement des factures d’électricité, d’eau et du loyer), le réalisateur manque de concision et fait trainer en longueur le film (2h21 !) en accumulant les scènes de la vie quotidienne au fil des saisons (ils ne vont pas à l’école et doivent faire preuve de débrouillardise, surtout Akira), ce qui affadit son propos. Le premier coupable est la mère, volage, égoïste et irresponsable et le second est la société des adultes. Seuls les admirateurs des films de Maurice Pialat [« L’enfance nue » (1968)] et des frères Jean-Pierre et Luc Dardenne, qui, eux-aussi, ont reçu une Palme d’or à Cannes, peuvent y trouvent leur compte.
Nobody Knows n'est sans doute pas l'oeuvre la plus connue de Hirokazu Kore-eda, mais elle est suffisamment percutante pour valoir le détour, et elle préfigure en quelque sorte les succès futurs du réalisateur: sa capacité à mettre en valeur le quotidien et les très jeunes acteurs est déjà flagrante, dans une histoire qui tient presque du survival (des enfants livrés à eux-même, littéralement). Un poil trop long à mon goût, Nobody Knows est néanmoins solide et maîtrisé de bout en bout.
Film bouleversant ! Yagira Yuuya est exceptionnel ! Difficile de rester insensible devant ce film. Malgré la longueur du film, on reste passionné devant cette descente aux enfers. C'est lent, mais pas ennuyeux. Les personnages sont tellement bien joués qu'on aimerait rentrer dans le film pour leur venir en aide.