L’Homme est une louve pour l’Homme
Voici le tout premier film de ce qui est ensuite devenu une série (3 films officiels). Tout le concept est exploité ici et le visage (et le reste) de Diane Thorne naît en tant que Ilsa, objet de culte depuis. A la réalisation, un tâcheron oubliable.
Nous sommes pendant la Seconde Guerre mondiale, dans un camp de concentration. A sa tête, Ilsa est officier SS et médecin. Elle dirige le lieu d’une main de fer dans un gant de latex. Au programme, torture, expériences douteuses et parties de jambes en l’air.
Le personnage d’Ilsa est très librement inspiré d’un mélange entre Ilse Koch et Karl Koch qui dirigeaient le camp de Buchenwald. L’un étant un escroc notoire et l’autre étant une sadique présentée comme nymphomane et collectionneuse d’abat-jours en peau humaine (historiquement faux). Pas de méprise cependant, il ne s’agit pas là d’une reconstitution qui s’embarrasserait d’une exactitude historique. Aussi, le film fait la part belle à l’exploitation du fantasme de la femme de cuir vêtue et cravache à la main. Car c’est à 100 % un film d’exploitation crapoteux, un nazisploitation comme on dit dans le milieu ou encore un WIP, genre voisin. Le budget est rikiki, ce qui explique le peu de prisonniers dans ce camp à peine plus grand que mon jardin. Mais l’essentiel est là : des femmes nues, des tenues de SS, des ébats réguliers, de la violence gratuite, des tortures de tordus … et une fin chargée de rappeler la bonne morale. Le fait est que le film fonctionne mieux que sa suite soviétique. L’interprétation n’y est pas aussi dégueulasse et l’intrigue se suit sans problème, en empruntant ici et là aux faits réels. Dans le genre, on peut même parler de réussite … car tout est toujours relatif. On rit assez souvent du côté nanardesque de certaines scènes et on reste aussi fasciné par ce cinéma d’un autre temps qui produisait à tours de bras des films bis pour les réseaux de petites salles moins prestigieuses, un cinéma libre et sans complexe pour le meilleur et aussi, souvent, pour le pire.
En bref, un film qu’on ne pourra évidemment pas conseiller à tout le monde mais plutôt à des spectateurs qui aiment pousser les limites, conscients de la nature du film et de son contexte de création. Pour ceux-là, un moment fun en perspective. Mais il y a fort à parier qu’ils le savent déjà.