Voilà bientôt une dizaine d'années que le petit père Blier n'a rien fait de bon au cinéma (touchant littéralement le fond de la cuvette des toilettes en signant les dialogues de "Pédale dure"). Face à un tel désastre, il faut bien reconnaître que ce nouveau film apparaît comme une bouée de sauvetage au milieu d'un océan de boue. Ici, le scénario est intéressant, les personnages sont bien plus travaillés, les dialogues sont toujours magnifiquement ciselés. Bref, on retrouve un peu plus la Blier's touch qui nous a tant plu dans les années 70-80. Son film brasse des thèmes aussi importants que le rapport entre les hommes et l'argent, entre la vie en société et l'intimité des êtres, entre les hommes et les femmes. Ces dernières ont encore le droit à quelques coups de griffes bien sentis, mais l'auteur en profite aussi pour clamer son amour absolu pour le sexe dit faible. Il trousse au passage des portraits d'hommes pathétiques, tous plus faibles les uns que les autres. L'ensemble est très bien interprété par des comédiens très concernés, même si Bernard Campan reste encore un peu trop fade à mon goût. Là où le bât blesse, c'est au niveau de la réalisation, trop démodée. La mise en scène semble datée d'il y a trente ans, ce qui est renforcé par une musique inégalement convaincante (parfaite lorsqu'il s'agît d'airs d'opéra, épouvantable lorsqu'elle se donne un air jazzy désuet). Le tout n'apporte pas grand chose à l'oeuvre du maître, mais permet de nous réconforter à l'idée que son inspiration n'est pas de l'histoire ancienne.
Je trouve ce film très bien. Bernard Campan, Monica Bellucci et Gérard Depardieu jouent très bien. Le scénario est bien écrit avec pas mal d'humour. Très bon divertissement.
Pas le meilleur de Blier mais qui témoigne d'une pure tendresse mélangée avec du radicalisme et de l'humour salace.C'est du Blier tout craché et là on se pose la question de savoir si on aime ou pas.Si on est facilement choqué,on preférera passer le chemin mais ces derniers se retrouveront privés d'une bonne démonstration de talent où chaque dialogue cache une pensée et une idée.En revanche on pourra toujours regretter quelques négligences au niveau de la mise en scéne mais qui contrairement à certains de ses autres films est soignée.
Sans doûte involontairement, c'est très drôle. Les dialogues normalement tragiques peuvent être vus comme parodiques. La musique classique (l'opéra) rajoute un côté excessif, la situation devient comique. Seule la scène avec la voisine est bien vue.
Vu le 03/09/2024. Ce film est vraiment particulier. Étant depuis longtemps un fan de la beauté plastique de Monica (que j'avais découvert dans "Malena" puis vu aussi dans d'autres opus et notamment le terrible "Irreversible"), il me tardait de voir ce film. C’est chose faite et j'en ressors assez mitigé. Le problème n’est pas la beauté de Monica Bellucci (dans le rôle de Daniela), où effectivement, on en prend plein les mirettes durant tout le film. Cette femme a une force de sensualité et d'attirance sans égal. On la voit souvent en nuisette avec ses formes plus que généreuses et son accent italien qui rend un peu fou. Parfois nue aussi, à plusieurs reprises, la courte scène dans la voiture après la pluie est assez dense dans ce domaine. Non, ce qui me gêne plus, c’est le déroulé du film avec une histoire qui ne tient pas debout: spoiler: - un gars dit avoir gagné au loto pour se payer la plus belle prostituée de Pigalle et lui demander de vivre avec lui, mais jamais elle n'a l'idée de vérifier qu'il ne baratine pas
- un gars qui fait deux malaises de cœur en début de film au point de devoir faire appel aux médecins et plus rien ensuite pendant plus d'une heure?
- un souteneur (joué par Depardieu dans le rôle de Charly), qui apparait au milieu du film sans qu'on sache ni pourquoi ni comment, qui semble avoir un pouvoir absolu (on peut imaginer la scène de torture qu'il commence à raconter avec des rats) alors qu'à l'inverse le médecin joué par Darroussin disparait avant la moitié, mort d'une crise cardiaque en voyant Bellucci nue (quel veinard)
- le truc le plus abruti de ce film c’est même la bande de collègues de François (joué par Bernard Campan) et qui vont lui prendre la tête pendant 10 min pour qu'ils leur disent pourquoi il semble plus heureux qu'avant. Et lui ensuite les ramène chez lui. C’est tellement niais et improbable ce film que j'ai failli arrêter là. Dans quelle réalité voit-on ce genre de comportement sérieux?
Quand vous ajoutez à ça des bandes son curieuses à grand coup d'opéras italiens ( (Vincenzo Bellini, Giuseppe Verdi et Giacomo Puccini), un scénario qui ne tient pas la route (on se demande pourquoi par exemple en fin de film Daniella part avec un Edouard Baer qui semble complètement niais dès son apparition. Certains discours aussi sont complétement aberrant comme quand Daniella revient chez François et qu'il la trouve au lit avec sa voisine de palier, le gars lui dit tout simplement "tu attends que je termine, j'ai ai pour 10 min" c’est totalement ubuesque. Voilà dans l'ensemble, je m'attendais à une histoire morale et au lieu de ça, on tombe sur un film avec des dialogues creux et naïfs, irréels et pas du tout concrets et ancrés à la réalité. Campan est vraiment nul dans ce rôle, je pense que j'aurai pu prendre sa place alors que je ne suis pas acteur professionnel. Reste Monica évidement qui sauve le film, pas pour son jeu d'actrice qui reste moyen mais pas sa sensualité exacerbée (surtout qu'elle sortait d'une grossesse donc forcément...)
Si ce n'était pas du Blier, l'absurdité de ce film aurait été ridicule. Mais comme il nous a habitué à ce genre de décalage, on accepte mieux. Heureusement que Bellucci existe pour donner un sens au film. On ne regarde qu'elle, qu'on l'aime ou pas. L'opéra omniprésent rend le sujet plus consistant et on est content de retrouver un bon Depardieu. Ce n'est pas du grand Blier, mais ce n'est pas méga ennuyeux non plus. On sourit à plusieurs reprises et c'est plaisant.
Un bon film avec des acteurs geniaux il y'a une belle musique et un scenario original.Je trouve que la fin est super contrairement au debut que je trouve completement nul bon dans l'ensemble le film est bien et je le vous conseille.
Des dialogues ciselés et des situations absurdes, sur un fond de folie grivoise réjouissante. Parfois bancale, décousue et hésitante, cette fantaisie amoureuse rêvée cherche son unité et son rythme. Blier est un peu paumé dans son nouveau costume, mais il ouvre son coeur pour quelques moments bouleversants.
J'en voulais à Bertrand Blier depuis que je m'étais sentie flouée par "Les acteurs" où il se payait honteusement notre tête. Pas question que je me fasse encore avoir, me disais-je, mais j'ai fait une exception cette fois à cause du casting éblouissant. J'étais donc sur mes gardes, prête à bondir. Mais il a à nouveau réussi un film fort et consistant. Un film qui dérape parfois, certes, un exemple: le monologue de l'excellent Darroussin est un brin longuet, quelques passages sont vulgaires, ou pénibles. Mais dans ces profondeurs on trouve mainte perle, maint bijou ciselé dans des dialogues qui vont faire date. Les personnages disent tout haut dans ce film ce que dans la société ils taisent par politesse, et l'on se demande parfois si on rêve, ou si les personnages rêvent, mais non, c'est cynique, c'est tendre, c'est misogyne mais plein d'amour, c'est du Blier. Les seconds rôles valent le détour, l'excellente voisine maghrébine et la jeune Sara Forestier de "l'Esquive" très touchante en collègue fougueuse et débutante de Daniéla. Quant à notre cher Depardieu il "fait du Depardieu" bien sûr mais avec quelle jouissance et dans un personnage de proxénète inattendu! Les citations du cinéma italien des années 50, lorsque Monica ne s'habille plus en prostituée de luxe mais en Mamma (souhaite-t-elle le devenir, on ne le sait pas trop et c'est un des charmes du film) sont très émouvantes. Et bien sûr la bande son: elle est sublime et nous offre Verdi, Puccini et Bellini dans leurs opéras ainsi qu'un air de Vêpres de Vivaldi m'a-t-il semblé. On n'imagine même pas une autre musique pour accompagner Monica. C'est filmé subtilement avec des alternances d'éclairage tout à fait bien ciblées. Ce film est inégal et énerve parfois, mais ne méritait pas d'être aussi esquinté par la critique. Cette fois vous ne gaspillerez pas votre argent en achetant votre place de cinéma.
Du Blier dans toute sa splendeur. Tout au long de ce film d'un genre indéfini, il nous emmène dans un univers déjanté, irréaliste voire surréaliste. Le tout ponctué de drame, d'érotisme et d'humour noir bien sûr. On regrette un peu que Monica Bellucci soit utilisée uniquement comme un objet sexuel pour les besoins du film, il manque une dimension à son personnage. Le gros défaut de ce film est la musique qui tombe souvent à point nommé, mais qui est trop présente, ce qui la rend désagréable. Le reste est bien léché, dans un style très particulier. Déroutant au début, mais vraiment bien.
Quelle horreur ce film, tout est mauvais, les acteurs, le scénario, la mise en scène... sans parlé de la fin qui n’a ni queue ni tête. A oublier d'urgence, quoique ça va être dur... je suis traumatisé.
Décidément avec B. Blier, on ne sait pas à quoi s'attendre; il n'y a pas de juste milieu, ses productions sont soit excellentes (Buffet froid, le bruit des glaçons, beau-père, par exemple) ou complètement nulles comme celle-ci. Le personnage de P. Campan est vraiment trop caricatural et peu crédible.