Une jeune fille gouailleuse est prise en main par un professeur de bonnes manières et devient l'une des femmes entretenues les plus en vue de Paris. Sur un scénario qui rappelle (très) vaguement My fair lady, cette comédie désuète ne brille que par intermittences au gré de dialogues (parfois) spirituels. Plus que Raimu, scandaleusement sous-employé, c'est l'onctueux André Lefaur et l'exquise Renée Saint-Cyr qui tirent les marrons du feu. Mention tout juste passable.
Ginette est une cocotte à qui un aristocrate déclassé (Fernand Gravey dans un rôle épisodique et inabouti) propose d'apprendre les bonnes manières pour s'élever dans la société. Aussitôt dit et Ginette se trouve un "protecteur" : le concupiscent Labaume, sous les traits de Bernard Blier qui reprend le rôle de Raimu dans la version de 1935. Précisément, si cette version de Jacqueline Audry est meilleure que celle de Pierre Colombier, c'est parce que Dany Robin est bien plus à l'aise et convaincante dans le rôle de la fausse ingénue Ginette que Renée Saint-Cyr, deux décennies plus tôt, qui était une vraie erreur de casting en plébéienne. Cette comédie de boulevard n'est pas très emballante, faute de quiproquos et d'imbroglio peut-être. Elle repose essentiellement sur les ridicules de la gent masculine qui se bouscule auprès de la charmante cocotte. On aurait pu espérer de la part de la réalisatrice, suivant la nature du sujet, une approche résolument moderne et féministe. Mais la mise en scène de Jacqueline Audry ne s'élève pas au-dessus du vaudeville commun, sa seule audace étant de déshabiller Dany Robin intégralement !