Une satire du capitalisme, facile et extrême, qui aurait gagné à être traitée avec plus d'ironie. Le tout lorgne plus vers le mélodrame pompeux que vers le cynisme. Dommage car José Garcia est parfait.
Excellent thriller signé Costa-Gavras. José Garcia est vraiment très bon et le sujet évoqué nous pousse aux limites de l’ultralibéralisme. Trop exagéré à mon goût, un peu répétitif et lent vers le milieu, « Le Couperet » n’en reste pas moins un très bon film qui s’inscrit dans l’air du temps.
Costa-Gavras est le roi du film politique, en tout cas très engagé (voir Z, L'aveu, Amen). Il se penche avec son complice Jean-Claude Grumberg sur le roman homonyme de l'auteur Donald Westlake et prend José Garcia dans le rôle principal, celui de Bruno Davert. Ce dernier est un cadre supérieur dans une usine de papier mis à la porte à cause de la délocalisation de son entreprise. S'ensuivra une période de chômage longue de deux ans qu'il vivra mal. Un beau jour, il se décide à passer à la vitesse supérieur. Pour s'octroyer le poste tant convoité, il n'hésitera pas à tuer ses concurrents. Ce qui glace de prime dans ce film, c'est le personnage de José Garcia et sa normalité. N'importe qui pourrait se retrouver à sa place et se mettre à agir comme lui (pour moi, c'est même étrange que ça ne se soit pas encore produit). Le film est avant tout très actuel. Costa-Gavras dénonce l'ultra-libéralisme, les délocalisations qui brisent des familles entières et fustige les profits des grands patrons et leur manque d'humanité. Il souligne même de manière globale le repli sur eux, l'égoïsme et la grande solitude des gens au chômage, les recruteurs et leurs questions on ne peut plus formatés. Nous sommes désormais dans une société où il faut se vendre et les moins compétitifs à savoir les plus faibles, sont irrémédiablement mis de côté. Cela fait froid dans le dos mais c'est la réalité. Garcia, qui semble se diriger dans des rôles de plus en plus sombres et on ne s'en plaindra pas (La boîte noire, Pars vite et reviens tard), est inquiétant à souhait et mieux vaut ne pas croiser sa route. Un film à montrer en cours d'économie.
Un excellent thriller dénoncant la décadence du capitalisme. José Garcia est remarquable dans son personnage d'un tueur dont la faim justifie les moyens. Une oeuvre délicieusement amorale.
Excellent adaptation d'un roman de Donald Westlake dont l'oeuvre a souvent inspiré des adaptations plutôt ratées. Le film était à l'époque bien dans l'air du temps mais il dépasse son sujet pour atteindre les sommets du film noir.
C'est aprés avoir rencontré Costa-Gavras dans un festival de cinéma ou Amen et compartiment tueur que je me suis intéressé a ce réalisateur... Je suis allé lui parler etc .. et il m'a conseillé de regarder le Couperet pour aborder sa filmographie aprés les films que j'avais vut... Et bien exellent choix!! Le couperet est un film qui fait remonter le cinéma francais dans mon estime (mais il est quand méme bas ...). Engagé politiquement, assez drole et déjanté , Le couperet est le genre de film marginal qui plaira a certaines personnes et qui ne plait pas a certaines personnes (comme un certain Nicolas ...) Enfin bref : a voir!
Un sujet original et tragique sentant bon le désespoir. On peut dialoguer sur le sujet de "La fin justifie-t-elle les moyens", en tout cas, les moyens employés par Costa Gavras donnent au final un bon film qui tire un profit parfait du sujet.
Une galerie de personnage et de désespoir avec un José Garcia que l'on sait très bon... Ici, il l'est vraiment et peux donner à lui tout seul une raison de voir le film.
Après "Amen", Costa-Gavras nous offre un autre film "coup de poing", superbement maîtrisé de bout en bout. Dans ce qui est l'une de ses meilleures interprétations à ce jour (sinon LA meilleure), José Garcia campe un homme ravagé par la perte de son emploi et prêt à tout pour se réapproprier la vie qu'on lui a volée. Tous ses concurrents potentiels sur le marché du travail deviennent alors des proies... Néanmoins, dans le monde actuel, le prédateur peut aisément devenir une proie à son tour (à cet égard, chacun se fera sa propre interprétation du dénouement). Terrifiant mais, hélas, terriblement d'actualité...
une belle manifestation de ce que Marcel Aymé appelait le confort intellectuel: muré dans ses certitudes, drapé dans la vertu dénonciatrice, dans la justesse de son diagnostic, l auteur du film peut se décréter le droit à l 'invraisemblance et à l 'immoralité , malgré une toile de fond prétendument réaliste. Un film qui plus est rempli de fioritures (l affaire du fils, la petite fille en culotte..) au dénouement pathétique de facilité. Quant à la pauvre Karine Viard ,on lui fait pas de cadeau avec le role de l'épouse à l'américaine, effacée et compréhensive. Les scénes du psycholoque de couple sont des sommets de bétise. Le navet affligeant qui manquait à la filmographie de Costa
(Fausse)fable sociale sur la peur du travail, le nouveau film de Costa-Gavras avait de quoi faire pâle figure. Il n'en ai rien. Et hormis un démarrage un peu long et quelque peu outrancier, le film s'enlise avec virtuose dans un cauchemar éveillé. C'est alors que les personnages prennent vies, cherchant avec rage l'identité perdue. Et c'est par la suite que le film nous montre sa véritable identité : un conte cynique et immoral, dépourvu de toute réalité pour prendre le chemin de l'iréel. La fin achève avec brio le second degré du film, qui devrai certainement laisser des traces dans les mémoires des cinéphiles. Une perle.
Ce film est impressionnant, ce n'est pas tellement par la mise en scéne plutot classique mais vraiment pour l'interprétation de José Garcia. Il est a des années lumières de ses roles de clown habituels. Il repond parfaitement à la question: peut-on continuer à aimer sa famille et mener une vie normale tout en étant un serial killer ?.
Une fois encore, Costa gavras ne peut laisser indifférent. Son film, totalement dans l'air du temps et polémique, est un monument de noirceur et de cynisme. Et pourtant, le Couperet peine à convaincre. Toute la première partie du film agace par ses stéréotypes et ses maladresses. On a le droit à notre petite leçon bien récitée sur la difficulté d'être au chômage, sur les méchantes entreprises qui licencient et délocalisent. Après, Costa gavras essaie laborieusement de nous faire comprendre comment un chômeur peut se transformer en meurtrier. Tout ça est intéressant sur le fond, mais la démonstration est lourde, même les acteurs ne savent pas trop comment s'y prendre et nous on n'y croit pas vraiment. A partir du 2e meurtre, le personnage joué par José Garcia se retrouve totalement engagé dans une escalade meurtrière. Et c'est à partir de là que le film devient meilleur. On sort du discours empesé pour se concentrer sur le parcours d'un être ordinaire dont la société a fait un monstre. Le film gagne alors en cynisme et en complexité. Sur l'ensemble, le film reste toutefois en demi-teinte, à la fois engagé et maladroit.