Voilà qu'à ma grande surprise je n'ai pas aimé le dernier film de Costa-Gavras, un réalisateur que j'apprécie beaucoup d'habitude. Pourquoi ? Les acteurs ? Non, Jose Garcia est excellent, Olivier Gourmet aussi (dans un petit rôle), Kavin Viard est plutôt meilleure que d'habitude. Non, c'est le film lui-même que j'ai trouvé déplaisant. Mais pourquoi, alors que ce film éminemment politique semble avoir plu aussi bien à L'Humanité qu'au Figaro, à Libé comme à Télérama ? Ne mégotons pas : c'est bien un film qui s'attaque au libéralisme froid et à son cortège de délocalisations et de licenciements. Le problème que j'ai ressenti, c'est que le héros du film, pour s'en sortir, part sur une voie hyper individualiste : trucider tous ceux qui pourraient l'empêcher de retrouver du boulot. A partir de ce constat, 2 hypothèses : 1) le réalisateur est favorable à ce type de combat individuel. 2) il veut simplement montrer que la situation est tellement grave et déréglée et désespérée que des gens tout à fait normaux peuvent en arriver à de tels comportements asociaux, quasiment suicidaires sinon individuellement, du moins collectivement. Connaissant l'oeuvre de Costa-Gravas, je refuse de prendre en compte la 1ère hypothèse, bien qu'à la vision du film, ce soit celle que l'on aurait tendance à privilégier. Reste donc la deuxième. Dans ce cas, le scénario, tiré d'un roman, est pour le moins maladroit et la réalisation néglige les nuances ou le deuxième degré qui auraient permis au spectateur de se sentir davantage complice du réalisateur que du tueur en série. A part ça, il y a quand même beaucoup d'invraisemblances dans ce film. Un exemple ? Dans le monde de compétition pour un poste de niveau élevé que montre le film, la localisation géographique des postulants potentiels est a priori très étendue. Et bien, pour ce poste situé dans la région lilloise, tous les postulants résident dans un rayon de 250 km autour de Lille, ce qui rend beaucoup plus facile la tâche du tueur. Pas un