36002 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
1 191 critiques spectateurs
5
486 critiques
4
432 critiques
3
81 critiques
2
103 critiques
1
58 critiques
0
31 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Nicolas S
55 abonnés
670 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 5 novembre 2022
En le délocalisant, Woody Allen a donné un nouveau souffle à son cinéma, comme en témoigne Match Point, drame psychologique bien troussé qui est le premier d'une série d'excellents films tournés en Europe par le réalisateur new-yorkais. Ici, deux jeunes acteurs parmi les plus beaux et brillants de leur génération - Scarlett Johansson et Jonathan Rhys Meyers - jouent les outsiders dans la haute société anglaise, et finissent par tomber amoureux l'un de l'autre. D'un drame balzacien divertissant mais convenu sur l'ascension sociale de Chris, Match Point se mue bientôt en drame psychologique sous l'influence revendiquée de Dostoïevski, ce qui donne à Allen l'occasion d'ergoter sur la place du hasard, de la chance dans les destinées individuelles. C'est un peu tiré par les cheveux, immoral à souhait, et de toute façon trop lisse pour constituer un véritable chef d'œuvre, mais c'est tout de même diablement efficace.
L'exemple même d'un scénario transcendé qui devient un grand film . Soulignons d'abord ce qui est le plus frappant : la direction et le jeu d'acteurs qui atteint un niveau de "naturel" assez bluffant, Scarlett Johansson crevant littéralement l'écran. Ensuite le sujet est parfaitement maîtrisé, avec une montée en puissance qui va transformer la romance en thriller en faisant de Jonathan Rhys Meyers un personnage ambitieux complexe mais néanmoins sympathique, à ce point qu'on ne peut s'empêcher de s'identifier à lui, jusqu'à ce que cela ne soit plus possible. Que le film soit immoral est une évidence, mais c'était le but recherché, nous sommes bien dans une thématique de Woody Allen, rechercher le sens de la vie et la réponse qu'il nous propose est finalement désespérément un bon film . Avec une fin incroyable et très inattendue personne ne pouvais le voir venir . ce conte amoral captivant et machiavélique. Grosse claque.Woody Allen passe avec aisance de la comédie au suspense dramatique (la dernière demi-heure est remarquable).
Un des meilleurs, sinon le meilleur Woody Allen. Un excellent scénario, sur fond de grande bourgeoisie anglaise, qui glisse doucement de la comédie de moeurs au drame, une réalisation d'une belle maîtrise, une atmosphère charmante, futile et cruelle, une interprétation sans faille avec une mention particulière à l'acteur principal, à la fois attachant, pervers et complexe, et pour couronner le tout une bande son lyrique de haute volée.
Un marivaudage entre personnes de la bourgeoisie londonienne et des personnes de conditions bien plus modestes aux talents plus ou moins avérés qui essayent de se faire une place au soleil. Ça se met en place lentement mais sûrement jusqu'à basculer dans le crime de sang prémédité et une chute où une bague, telle une balle de tennis sur un filet rebondit sur une barrière et fait basculer le match du côte de l'amoralité. Le film est malgré tout prenant puisque le spectateur à tendance à s'identifier au personnage principal, coincé entre différentes aspirations contradictoires, qui entre dans une ronde infernale qu'il maitrise de moins en moins et dont on s'attend à chaque instant qu'elle se termine mal. Tout le monde est égratigné par Woody Allen : les bourgeois, leur dédain pour l'argent et eur attirance pour la cuture et la chasse, les parvenus et leur manque de scrupule, ceux qui ont de la chance et ceux qui n'en ont pas La particularité intéressante du film est le choix de la BO qui accompagne tous les virages du film par un air d'opéra
« Balle de match » en français, un Woody Allen de qualité, pas trop bavard, et des acteurs bien dirigés. Sur fond d’opéra et d’arias du célèbre Caruso, l’ascension sociale d’un Bel-ami qui se laisse emporter par une bonne fortune (à tous les sens du mot)… puis se transforme en jouisseur ambitieux et sans scrupule. La fin est astucieuse et parfaitement réussie.
Revu pour la 3eme ou 4eme fois ce soir sur Arte, Match Point est une pépite, métaphore de la société humaine et thriller à la sauce Allen, j'avoue ne pas comprendre les critiques négatives, car c'est un excellent cru dans la longue et talentueuse carrière de W.Allen.
L’Elisir d’Amore (l’Elixir d’amour), un opéra de Gaetano Donizetti (1838) va servir de fil conducteur à « Match Point », une parfaite métaphore, un croisement des arts, finalisant la grâce de cette œuvre assez déconcertante dans la filmographie de Woody Allen.
Chris (Jonathan Rhys-Meyers), est un parfait anti-héros, qui va basculer. Il provoque le destin farceur et espiègle, et toute la question est de savoir de quel côté du filet va tomber la balle quand elle flirte avec la bande. C’est l’histoire de la vie. C’est la prédominance de la chance sur le talent, qui sera le leitmotiv du film.
Une des virtuosités consiste en ce mix qui fait de « Match Point » un double polar, romantique évidemment, mais surtout terriblement social, une satire politique, une lutte des classes pop et glamour, dans cette soif absolue de briller, de réussir pour Chris le ténébreux Irlandais et Nola (Scarlett Johansson), la troublante américaine du Colorado, deux ambitions contrariées face à des nantis issus de la noblesse anglaise jusqu’à l’accent aux manières. D’ailleurs si le magnétisme opère instinctivement entre eux dès la première rencontre, c’est bien car ils se respirent, se sentent… Ils savent que ce n’est pas leur milieu originel.
Elle : « Quelqu’un vous a déjà dit que vous aviez un jeu très agressif ? » Lui : « Quelqu’un vous a déjà dit que vous savez des lèvres très lascives ? ». Le silence qui suit est encore plus sexuel.
Cette première scène, d’une intensité à couper, celle du ping-pong, qui est d’ailleurs l’affiche du film, est d’une extrême volupté, et le désir charnel de la séduction est troublant de réalité, tant dans sa mise en scène, le cinéaste new yorkais réussit à nous inonder d’empathie, comme si l’on ressentait leur ardente envie. C’est un film sensoriel, suggestif. La façon de Scarlett d’allumer sa clope… Et c’est nous qui partons en fumée avec.
La perfection de leur duo permet aussi cette pleine adhésion. Leur mouvement en coup droit, leur jeu de regard en revers, tout est un smash de sensualité dans le moindre de leurs échanges. Une sensualité incandescente de Scarlett Johansson, qui incarne l’interdit, le fruit défendu et la passion dévorante avec une grâce absolue. Ce couple entre Jonathan Rhys-Meyers et Scarlett Johansson est iconique, car il est comme hypnotique, il existe entre eux comme une évidence. Ils sont d’une renversante beauté, tant les performances d’acteurs sont puissantes. Emily Mortimer est une candide Chloé, autant amoureuse que vibrante de l’espoir qu’elle place en son couple. Elle est tout aussi bluffante que les deux autres stars…
Évidemment, tout va dégénérer et Nola, la princesse du désir de se transformer pour Chris en une citrouille bien encombrante. La jolie petite comédie romantique va se muer en un thriller haletant. Ce couple était trop fiévreux, trop brulant d’envie. Chris voulait le paradis, il va finalement provoquer le diable et mettre en lumière sa propre noirceur. Le banal menteur va devenir un lâche meurtrier, il tuera la passion pour tenter de garder ses privilèges. Cette option permet au film de croiser les genres entre le marivaudage du trio amoureux et le polar singulièrement prenant, où une seconde peut faire basculer de multiples destins.
D’aucun pourrait extraire une forme de binarité ou de manichéisme, mais tout est assumé, tout est métaphorique entre radicalité et classicisme, dans un esthétisme des corps et des âmes, au service d’une narration captivante pour un film autant corporel que cérébral, qui manipule nos ambiguïtés. On en sort troublé, c'est parfait.
Dans ce film, Woody Allen livre une chronique sociale sur fond de tragédie grecque modernisée, portée par deux acteurs à leur meilleur niveau. Difficile de ne pas tomber en admiration devant Scarlett Johansson, mais on ne peut nier la qualité du jeu Jonathan Rhys Meyers (beaucoup apprécieront aussi son charme). Leur performance est d'autant plus excellente que leurs personnages connaissent une évolution complexe au cours du récit. Match Point reste le film le plus abouti du cinéaste new-yorkais, qui inscrit ici son récit dans la bourgeoisie anglaise où un ex-tennisman américain plein d'ambition tente de grimper dans l'échelle sociale. Le scénario est excellent, le film passionnant du début à la fin même si je peux comprendre qu'on trouve un certain "ventre mou" entre 1h et 1h30. Mais pour moi c'est tout simplement parfait !
Un régal de l'avoir revu après plusieurs années. J'adore l'ambiance oppressante de ce film et son scénario intelligemment écrit. Très efficace. Bon casting et superbe BO.
Woody quitte New York pour Londres et ça lui réussi plutôt bien , pour beaucoup de critique ce film en 2005 et sa meilleure œuvre, le casting n’a d’égal que la maîtrise romanesque de Monsieur Allen , Amour , argent , tromperie , meurtre et finalement cette balle qui va tomber du bon côté du filet , du grand art .
Quelle place pour le hasard, la chance dans notre vie ? Ce film de Woody Allen l'aborde de la plus belle des manières. Pour le meilleur comme pour le pire. Un bon moment de cinéma.
C'est un Woody Allen décalé et cynique que l'on retrouve au travers de Match Point, l'histoire d'un homme qui a bien des difficultés à assumer ses choix de vie, et qui se retrouve tout au long du récit sur une fine couche de glace. L'exercice de style (antihéros + suspense) fonctionne bien, et permet au film d'être particulièrement prenant, à défaut d'être gratifiant. A noter le bon casting, avec un Jonathan Rhys-Meyers parfaitement détestable, et une Scarlett Johansson sublime.
Probablement le meilleur film de Woody Allen. Une véritable tragédie, rendant hommage à Shakespeare (présence de fantômes notamment). Fascinant récit de l'ascension, parfois bien menacée, d'un très habile cynique, parti de rien -professeur de tennis-.
Un film ciselé à l'or fin, qu'il s'agisse du scénario, de la réalisation, des dialogues et des acteurs, tous excellents. On s'attend à un sort à la Barry Lyndon sauf que la justice n'est pas toujours de ce monde ou plutôt que la chance en fait partie comme le dit à un moment donné le personnage principal. La victoire tient parfois à une bande de filet qui laisse passer la balle de l'autre côté sauf que dans ce cas précis, la bande donne la victoire en jouant le rôle pour lequel elle est dévolue originellement. Tout dépend finalement du camp dans lequel on se situe. Woody Allen maîtrise son art à la perfection et gère le suspense de façon magistrale. Une analyse fine des comportements et un certain cynisme sur les faiblesses de l'homme, sur sa lâcheté, sur sa capacité à franchir les limites sans en payer toujours le prix. Cela commence de façon presque anodine : la chance d'une rencontre et l'intégration dans un cercle exclusif comme dans un conte de fées moderne. Puis sous le relief lisse d'apparence ressortent les premières tentations qui vous happent irrésistiblement et vous ensèrent dans un engrenage sans fin, celui des non dits, des mensonges, de l'insatisfaction permanente. Une parabole sur l'art et la manière de se compliquer la vie quand l'essentiel est à vos pieds, sur l'incapacité à se contenter du bonheur simple et sur la lâcheté de celui qui veut autre chose au fond de lui même mais n'est pas prêt à laisser tomber les avantages acquis, à aller au bout de ses envies. La montée de la tension est progressive et continue. Et le décalage entre le protagoniste principal et son entourage, qui continue à évoluer dans la même linéarité, s'accroît inexorablement jusqu'à devenir insupportable. Cet insupportable dans lequel vous vous enfermez et qui vous fait commettre l'irréparable. Irréparable est bien le mot est c'est bien ce qui le hantera jusqu'à la fin de ses jours à moins que le cynisme ne l'emporte au fil du temps.... Je ne mets pas 5 étoiles car je trouve l'interview du détective criante de vérité sur la culpabilité de l'interviewé et donc le remettre en liberté comme si de rien n'était ne me semble pas très crédible mais ce n'est que mon avis personnel. Loin des feux d'artifice hollywoodiens, de ses effets spéciaux, visuels ou sonores, Woody Allen nous rappelle l'essence même du cinéma et c'est délicieusement merveilleux comme une dégustation de thé au Claridge's.
Dans le décor de Londres, Woody Allen raconte une histoire d'amour, de passion dont la tension monte crescendo, une comédie romantique (pas dans le sens des romcom britanniques classiques) qui s'ouvre sur un "polar". L'ambiance grande bourgeoisie anglaise, l'interprétation des acteurs (Jonathan Rhys Meyers), le sex-appeal de Scarlett Johansson et l'intrigue justifiant l'importance de la chance en font un thriller divertissant.