L'histoire d'une petite fille que rien ne prédestinait à être reine, ni le pays, ni l'intelligence, ni le courage. Le reste de l'histoire, tout le monde la connaît. Et c'est peut-être bien le problème de ce film.
Pour une fois, je ne me complaindrai pas sur le visionnage en version originale (la seule accessible dans les Mk2 d'ailleurs), totalement ridicule puisque je suis français, je vais voir un film dans une salle française, tourné en France, sur l'histoire de France et particulièrement une petite Autrichienne qui devient la reine de France.
Où se trouve la logique d'un film parlé en anglais ?
Mais en fait, comme c'est de la science-fiction dès le début, ça ne pose finalement pas de problème contrairement à des films plus authentiques comme « La jeune fille à la perle ».
Virgin Suicides était lancinant, truffé de trucs à la mode, mais à partir de la première demi-heure, un certain charme opérait, notamment grâce à Dunst, encore malhabile, mais habitée par une grâce qui ne devait pas tout aux flous romantiques de la réalisatrice.
Tokyo devait tout son humour à Bill Murray, et pas grand chose au vide abyssal du scénario.
Donc, hélas, on ne pouvait pas attendre grand chose de Marie Antoinette. Et Cannes ne s'y est pas trompé.
A cause de la bande annonce, on attendait un "Roméo et Juliette" du 20ème siècle, avec Rock and Roll, punk et métal attitude, ou à défaut un peu de décadence post punk genre new wave suicidaire. Manque de pot, tout est très lisse, il n'y a pas de scène d'anthologie ou si peu, c'est très creux, on se croirait dans un David Hamilton, mais sans érotisme, bref, même les musiques de Cure ne sont pas dans leurs versions originales ou tout du moins connues.
La musique classique est par contre pas mal choisie.
Bref, on n'est pas loin d'un ratage complet, parce que si ce n'est pas un film historique, franchement, la vie de Marie Antoinette, on n'a pas grand chose à faire.
Et pourtant, il y a un petit miracle dans ce film. Kirsten Dunst, tout simplement. Elle n'a jamais été aussi désarmante de gentillesse au premier degré, sans aucune intention malicieuse.
La bonté et la simplicité de son caractère illumine l'écran à chacun de ses sourires. Elle joue parfaitement bien, elle marche dans les couloirs en démontrant un travail d'actrice formidable, elle est parfaite.
Le fait que ce soit une de mes actrices préférées avec Nathalie Portman, Isabelle Carré et quelques autres ne change rien à mon jugement. Dans ce film inachevé, elle est extraordinaire. On a envie de la protéger soi-même d'un monde incroyablement hostile et vain, elle paraît si bonne que plus rien n'a d'importance. Et heureusement, la réalisatrice devait en être consciente, puisque tout le film est centré sur le personnage.
Elle fait vraiment penser à la petite blonde du nord se retrouvant confrontée à Hollywood, tout en gardant son intégrité de gentille rêveuse adolescente. Contrairement à d'autres qui ont vite joué des coudes pour s'imposer et se protéger.
Hélas, on s'imagine une fête pour les yeux et les oreilles, un film néo-futuriste sur le mythe Versailles, et on a qu'un film simpliste, avec peu d'originalité de mise en scène, peu de beaux plans. On aurait aimé la force d'un "Eyes Wide Shut" de Kubrick et la beauté d'un "Gabrielle" de Chéreau.
Peut-être n'est ce pas si grave, Sofia a sans doute été dépassée par la lourdeur technique d'un tournage dans un monument historique et le budget costume qui devait l'accompagner. Mais c'est bien dommage de ne pas offrir un chef d'oeuvre décalé à Kirsten Dunst qui mérite mieux.