Probablement un de mes films préférés non pas par son histoire mais parce qu'il dégage comme athmosphère, quelque chose de l'ordre de l'enchantement, une sorte de friandise, du rose, des rubans, des souvenirs d'adolescent qui se perdent dans le regard évasif de Kirsten Dunst, si convaincante en adolescente à la recherche d'elle-même. Car le faste de la cour est comme une immense illusion dans laquelle semble miroiter les fantasmes et les rires d'une enfant, qui cherche à combler son ennui, sa solitude à travers l'extravagence du luxe. Car ce film est triste ou du moins nostalgique, il a ce petit goût amer de l'adolescence déjà finie ou qui ne veut pas finir, et pour rien au monde on ne voudrait qu'elle grandisse, cette petite princesse dans ce palais du luxe. Mais la fin, brutale, ce Versaille abandonné, déchu, font qu'en un instant Marie-Antoinette cesse d'être une petite fille pour devenir la reine, trop tard. La réussite du film vient de ce mélange exquis des costumes parfaits, du faste, du luxe, de ces couleurs adolescentes, suaves et évocatrices des rêves de poupées, de la vie de château comme on l'imagine et une bande son incroyable qui recèle toute l'âme du film; une énergie d'adolescente traversée par la mélancolie. Une âme encore d'enfant dans un corps de reine, un refus éternel de grandir, rebelle. Le côté sans cesse décalé avec son temps du film, à coup de rock et de converses rend le film non plus historique mais universel, et finalement il s'agit d'une désacralisation de la reine qui est et restera toujours l'incarnation de notre adolescence , ou celle qu'on a tous rêvé un jour!