L’ambiance du film et les personnages font davantage que le film lui-même. Pour ce qui est du mystère et de l’action, on repassera. C’est tellement académique et presque plan plan. Pour un policer c’est décevant. Gabin est le personnage principal mais il ne fait que tourner autour de tout le monde sans agir.
Il ne faut pas beaucoup de temps pour comprendre que le travailleur qui s'embarque sur la péniche "La vierge du Rhin" est ce patron d'une compagnie de navigation porté disparu en Allemagne pendant la guerre. Et le personnage de Jean Gabin a des comptes à régler. Ce mélo populiste qui prend un tour policier à la fin -episode tout à fait superficiel et grossier- est caractéristique de la médiocrité du cinéma de Gilles Grangier et des adaptations littéraires des années 50. Tout est factice dans ce film. Les scénaristes agitent des marionnettes dépourvues d'épaisseur, d'authenticité et de vérité humaine. La palme à Elina Labourdette, l'épouse remariée et garce cupide jusqu'à la caricature, et à son nouveau mari, une crapule insignifiante. C'est risiblement mal joué, surjoué, et l'interprétation est, d'une façon générale, très mauvaise faute d'une direction d'acteurs à la hauteur. Cette petite intrigue dramatique sans la moindre idée, sans la moindre personnalité, n'a pas d'autre originalité que de se dérouler aux abords du Rhin et de proposer quelques vues de Strasbourg.
Un drame romantique assorti d'une petite intrigue policière. Ce n'est pas inintéressant mais la mise en scène manque tout de même de relief et de rythme, tout comme le jeu des acteurs.
Il est vrai que les 20-25 premières minutes peinent à démarrer avec cette voix off que je ne comprends pas. Et le film avance à petit pas pour entrer finalement au coeur d'une histoire qui nous intrigue. Évidemment, l'intrigue est rondement bien menée. La beauté de Nadia Gray et le jeu pétillant d'Andrée Clément ( femme au destin dramatique) sont deux atouts indéniables du film qui tient finalement vachement bien la route malgré ce départ mitigé.