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fabrice d.
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3,0
Publiée le 12 avril 2019
Ce film est assez étrange. On a l'impression tout d'abord de voir une comédie dramatique et sociale mais ensuite on se rend compte que c'est plus fort que ça. Car on sent comme des influences de Tarantino avec cette violence et cette désinvolture dans les personnages. C'est peut être aussi violent que Tarantino car la violence nous tombe dessus alors qu'on s'y attend pas. Mais c'est plus poétique je trouve. Un film original donc, qu'il faut voir.
(...) Sans atteindre le statut ou la qualité d’un Bronson ou d’un Drive, ou de la trilogie susnommée, le film reste malgré tout de très bonne augure et laissera cet éternel goût un peu amer qu’ont les films du réalisateur, nous laissant la gorge un peu serrée devant les scènes présentées. Savoir donner des fins qui laissent pantois, c’est aussi ça le talent de ce grand réalisateur. Critique complète sur : http://www.leblogducinema.com/critiques/critique-drame/critique-bleeder/
Il aura fallu dix ans avant que Pusher, premier film réalisé en 1996 par Nicolas Winding Refn, soit distribué en France. Pour son deuxième long-métrage, Bleeder (1999), l’attente aura été plus longue encore puisque celui-ci est resté inédit en France jusqu’en 2016 ! Constat étrange car si Bleeder s’inscrit dans la veine radicale de son aîné, il se détache de celui-ci par une narration plus ambitieuse (non centrée sur un unique personnage principal) et un recours moins systématique à la violence. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
Bleeder est représentatif du style de Winding Refn, même si je ne trouve pas que ce soit son film le plus abouti. On y retrouve tout ce qu'il aime : de la violence et des personnages tordus, qui sont quand même habités par un amour pour quelqu'un mais qui s'avère assez toxique. Aucune relation dans le film ne semble saine. Pour autant, il manque un petit quelque chose pour que le film m'absorbe totalement, mais ça reste un bon film.
C'est un rattage, il n'y a rien a voir, tout est dans la façon de filmé les acteurs qui donnent l'impression qu'il vas ce passer quelque chose a tout moment. En fait rien.
Refn a un talent fou pour ce qui est de filmer dans le registre de la violence et du malsain au travers de personnages et d'histoires on ne peut plus banales. Typique du réalisateur, dans la veine de Pusher, avec cependant un concept encore plus malsain et délirant, ce à quoi je ne m'attendais pas du tout.
Maintenant que j'ai vu tout les films de Nicolas Winding Refn, je peux le dire : "Ce type est un génie !". Bleeder est le premier film du "jeune" réalisateur danois, et pourtant on retrouve déjà cette fulgurance, cette habilité pour la mise en scène. Ce premier long-métrage s'inscrit un peu dans la même lignée que la trilogie "Pusher", d'un point de vue esthétique et spatio-temporelle. On y retrouve les trois acteurs qui interprétaient un des personnages principaux de chaque film (Kim Bodnia, Zlatko Buric et l'exquis Mads Mikkelsen). Les deux films sont tournés en langue danoise et l'intrigue de Bleeder et de "Pusher" se passent tout deux à Copenhague. Et pour finir les quelques ressemblances, la réalisation allouée aux deux long-métrages est quasi identique, un stylé posé mais énergique, lent et brutal, avec quelques longueurs mais pourtant ultra bien rythmé. Je dis toujours ça sur ses films, mais probablement un de ses meilleurs, tout les fanboys de NWR se doivent impérativement de le voir. Un pur kiff !
Un film inégal je dirai. Un scénario très simpliste, des dialogues très pauvres mais une réalisation qui interpelle par moments, notamment au début du film. Le rythme est très lent.
Avant de m'attaquer à la trilogie Pusher de Refn, je me suis décidé à regarder ce Bleeder qui semble pas mal y ressembler. Les mêmes acteurs, dans la froideur du Danemark. Alors en gros c’est pas trop mal, sans non plus bousculer des montagnes. Disons que dans le genre c’est bien fait. On a à faire à un groupe de mecs d’une trentaine d’années qui se retrouve chaque semaine pour regarder des films ensemble. Parmi eux un autiste-cinéphile (belle interprétation de Mads Mikkelsen) qui bosse dans un vidéoclub, le patron du vidéoclub, un futur père de famille qui y loue des films, ainsi que le beau-frère de ce dernier. L’histoire se centre principalement sur les histoires d’amour du premier et du troisième, aussi différentes soient-elles. Le film montre comment des hommes sans histoires peuvent déraper sans trop prendre conscience des conséquences. C’est plus un drame qu’un thriller, c’est sans prétention, il y a quelques scènes qui valent le détour comme la présentation des personnages au début qui m’a beaucoup plu, ainsi que certains plans-séquences caméras à l’épaule. Le seul défaut qui me vient à l’esprit c’est sans doute le manque de rythme, il y a des moments un peu creux et lents où on divague un peu. Mais un bon film dans l’ensemble.
Même si Bleeder affiche une approche formelle et plastique qui s’apparente aux règles esthétiques du Dogme 95 avec sa caméra à l’épaule, son image un peu sale, ses acteurs très naturels et ses scènes qui donnent l’impression d’être improvisées, le film dénote et montre déjà l’émergence d’une volonté artistique atypique chez le danois. Bleeder s’impose comme la genèse d’un style, le témoignage de la naissance d’un auteur. D’une part, Nicolas Winding Refn tente des plans originaux : on y trouve des plongées vertigineuses, des travellings au ras du sol et des close-ups extrêmes qui donnent une impression de claustrophobie, d’enfermement. D’autre part, le réalisateur emploie aussi des couleurs très marquées, caractéristique qui se retrouve dans ses réalisations suivantes. Drive est dominé par le bleu et le vert, Only God Forgives par le rouge, et The Neon Demon nous offre une palette de couleurs très électriques. Ce travail est amorcé dans Bleeder avec l’utilisation fréquente de fondus au rouge, teinte vive qui évoque avant tout la violence, mais aussi l’amour.
On retrouve ces existences fragiles toujours à deux doigts de l'implosion, propre au cinéma de Refn. Trois des acteurs de Pusher sont à nouveau présents. Moins rythmé que Pusher, il offre cependant de nombreuses qualités. L'immersion de la caméra dans la vie quotidienne est parfaitement maîtrisée. Les dialogues, interrompus par des silences pesant, angoissent. Les personnages sont incapables de la moindre introspection. C'est angoissant, triste, nourri par un suspense syncopé. Il faut découvrir ce cinéma !
C'est surement son film le plus autobiographique, ou du moins c'est mon impression. C'est peut-être le fait que j'en connais un peu plus sur lui et sur sa personnalité, qui m'a amené à percevoir Bleeder ainsi. Réalisé quelques temps après le premier Pusher, Refn réutilise les mêmes ingrédients. On suit un groupe de personnes, qui ont à priori aucune histoire particulière, dans une ville paumée où règne la monotonie et l'ennui. Un jour, le quotidien morne de ces personnes est complètement chamboulé lorsque Leo découvre les sensations que peuvent éprouver la violence. En assistant à un règlement de compte dans une discothèque, Leo va prendre goût à la violence, lui qui paraissait pacifique. Sa relation avec Louise et va en prendre un coup, et va réveiller l'instinct fraternel de Louis. Leo deviendra beaucoup plus distant et plus cru, avec sa femme et va commencer à dire ses 4 vérités à propos de leur futur bébé. Comme dans pas mal de ses films, la relation père de famille- fils constitue un des sujets principaux du film, et on sent que Refn a envie de nous montrer ce qu'il a pu ressentir lorsqu'il a appris pour la première fois qu'il était Papa. En regardant un de ses interviews j'ai appris qu'avant Refn était quelqu'un de très nihiliste et narcissique, et que son premier gosse a vraiment bouleversé sa vie et lui a appris le sens des responsabilités. C'est ce qu'on ressent pleinement lors des relations entre Leo et sa femme Louise. Renf disait également qu'il ne jurait que par l'art, d'où le personnage de Lenny, gérant d'un vidéo-club. Il est incapable de parler d'autre chose que de cinéma et se comporte de manière très immature avec les filles, dont LA fille, qu'il n'ose même pas aborder. Encore une fois Refn signe un film très réaliste. Il sait comment mettre en scène le quotidien des gens, et leurs réactions face à la violence. Les scènes d'amour entre Lenny et Louise sont vraiment très bien représentées, ce sera un aperçu de ce qu'il sera capable de faire dans Drive. Il est capable d'apporter sa touche personnelle à une histoire qui parait simple sur le papier.
Bleeder de Nicolas Winding Refn s'impose comme un nouvel électrochoc dans la filmographie du réalisateur. Véritable fable au style pourtant très impersonnel, le film fait preuve d'un réalisme et d'une profondeur remarquable. Dans le sillage de Pusher 2, Bleeder aborde avec encore plus de spontanéité et d'émotion cette description de la monotonie urbaine, compensée tantôt par l'évasion (Lenny, le personnage interprété par Mads Mikkelsen est passionné de cinéma) tantôt dans la haine, la violence et le dégoût (Leo, sous les traits de Kim Bodnia, écoeuré par l'ennui et la violence au quotidien se fascine rapidement pour le mal). Acteurs impeccables puisque l'on y retrouve les gueules des trois Pusher, accompagnés par de nouveaux interprètes, tous plus talentueux les uns que les autres. Encore un immense film pour Refn, qui s'affirme comme l'un des cinéastes les plus admirables de sa génération.
Tout comme Pusher, ce deuxième film de Nicolas Winding Refn est plutôt lent, encombré de dialogues ultra-réalistes à la façon Nouvelle Vague et ponctué de scènes de violence crue, dans un quotidien assez minable où évoluent des personnages à la fois ratés et attachants. C’est d’ailleurs un des talents principaux du réalisateur danois que de sublimer ainsi la médiocrité sociale en insérant quelques touches d’humour (« je ne suis pas raciste, je mange aussi des falafels ») et de tendresse (la scène où Lenny tente de séduire maladroitement Léa).
C’est aussi avec plaisir qu’on retrouve plusieurs acteurs déjà présents dans Pusher et qu’on retrouvera dans d’autres films ou séries : Kim Bodnia (Bron et The witcher), Zlatko Burić (Triangle of sadness/Sans filtre) et Mads Mikkelsen, qu’on ne présente plus et qui tiendra sur ses solides épaules le Valhalla Rising du même Winding Refn.
Sur le plan de la réalisation, on reste dans le même ton que Pusher : réaliste, caméra à l’épaule, en plans lents ou saccadés lorsque l’action s’intensifie. Un style encore en construction mais qui déjà gère la tension de manière irréprochable. On notera le clin d’oeil à Hubert Selby, Jr. (Léa qui cherche un livre de l’auteur), qui scénarisera Fear X, le troisième film de Winding Refn.