MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE. La petite sirène n'a qu'a bien se tenir. NWR sort sa palette de couleur, de poesie et de violence. Le danois est en forme. Le purgeur ouvre les vannes. Comme le naufrage purge le navire de ses rats, l'adversité nous délivre de nos amis. J'ai une envie de fraise....
Entre deux épisodes de la saga "Pusher", le trio Kim Bodnia/Mads Mikkelsen/Zlatko Buric se retrouve là aussi à incarner une bande de jeunes danois désespérés, toujours sous la caméra du talentueux Nicolas Winding Refn. Quand on sait à quel point le cinéaste est un passionné de cinéma, le rôle que tient ici Mads Mikkelsen ne pourra être qu'autobiographique. Une galère sociale au réalisme aussi triste qu'effrayant !
Le second long-métrage réalisé par Nicolas Winding Refn dans lequel on retrouve déjà les jalons de sa filmographie future avec une violence extrême, sordide et dérangeante contrebalançant avec une mise en scène monumentale, des plans très recherchés qui font davantage penser à "Bronson" pour son côté cru bien moins esthétique que dans "Only God forgives" ou "The neon demon". Un film viscéral, magnétique malgré un rythme assez lent. Kim Bodnia, que j'ai découvert récemment dans la série "Bron", est impressionnant de présence physique et de charisme face à Mads Mikkelsen toujours aussi juste. Très bon.
J'ai un peu du mal à me décider sur ce film. Qu'en ai-je pensé ? Je dirais qu'il y a un peu à boire et à manger. D'un côté, une sorte de bluette sentimentale, mais avec un côté assez étrange : personnellement, si j'avais été une fille et que j'aurais été abordée de la sorte, je me serai barrée direct! D'un autre côté, un couple déjà bien établi dans lequel le "mari" devient de plus en plus imprévisible, fou et violent. Du coup, avec ces extrêmes, on se retrouve constamment à se dire "ah! il est bien ce passage du film quand même", et 5 minutes plus tard "non, mais c'est quoi cette horreur, c'est ignoble!". Bref, une sorte de grand huit du ressenti par rapport à ce film. Je ne peux donc pas le conseiller, ni le déconseiller. Après, ce que je remarque quand même, c'est que même en filmant des endroits insalubres, dégueulasses, glauques, Nicolas Winding Refn arrive quand même à filmer cela de manière assez jolie. C'est d'ailleurs ce qui fait la plus grande force du film à mon sens : la mise en scène. Avec ces "fondus au rouge", et ces quelques scènes dans lesquelles on se ballade dans les rayons d'un video club ou d'une librairie, tous deux remplis à ras bord de culture : ça fout limite le vertige. Au global, on va donc dire que j'ai trouvé ça "moyen". Vraiment très spécial.
On retrouve dans « Bleeder » des qualités de Refn que l’on aura dans ses films suivants, à savoir : une mise en scène léchée, une gestion des silences sensible et une excellente direction d'acteurs. Toutefois, le choc annoncé sur l’affiche n'est pas au rendez-vous, probablement parce qu'après ce film datant de 1999, il a réalisé des métrages beaucoup plus viscéraux. Ici, certaines scènes traînent en longueur mais heureusement que les acteurs, avec en tête, Mads Mikkelsen, subtilement utilisé à contre-emploi, sont très bons et qu’ils rendent le long-métrage beaucoup plus appréciable, même si par moments, on a l’impression de voir du sous-Tarantino discutant avec son pote Roger Avary dans un vidéoclub !
Un bon film de Winding Refn qui a permis à Mikkelsen de percer. Un film avare en dialogue, mais puissant en matière de pur cinéma. Les images parlent, le corps parle. D’horribles personnages aussi charismatiques qu’ils soient constituent un très bon film. Je le déconseille aux moins de 13 ans. 4/5
Tournée en 1999 au Danemark, 3 ans après « Pusher » (1996), Bleeder resort en 2016 dans les salles françaises. Un film incontournable, si l’on aime la carrière de Nicolas Winding Refn : ambiance suffocante, personnages peu bavards, violence sous-jacente. Encore un conte moderne, avant la suite de Pusher II et III, Bronson, Drive, Only God Forgives...
Tourné en 1999, le deuxième film de Nicolas Winding Refn était jusqu’alors inédit en France.
« Bleeder » reprend les mêmes décors (la banlieue grise de Copenhague), les mêmes acteurs (Kim Bodnia qui ne percera pas et Mads Mikkelsen qui deviendra une star mondiale) et la même histoire que « Pusher ». Comme dans son premier film, Winding Refn filme les bas-fonds de la capitale danoise, ses losers, ses petits trafics. Rien de romantique dans sa caméra mais au contraire un goût pour l’hyperviolence qui ira crescendo dans ses films suivants.
Léo (Kim Bodnia), le héros de « Bleeder », vit avec Louise qui attend un enfant. Lenny (Mads Mikkelsen) est célibataire et travaille dans un vidéo-club. Le film raconte la lente dérive du premier dans la violence et la rédemption du second dans l’amour.
« Bleeder » offre un portrait touchant de Winding Refn sous les traits de Lenny. Comme son personnage, sa cinéphilie – il voit dix à douze films par semaine – le coupe du monde. Comme son personnage, il est amoureux – c’est Liv Corfixen qui deviendra Mme Winding Refn à la ville qui interprète le rôle de la serveuse draguée par Lenny.
« Bleeder » n’est pas un chef d’œuvre. Il n’a pas la prétention de l’être. C’est un petit film tourné avec quatre bouts de ficelles par un réalisateur qui n’a pas trente ans et sa bande de potes. C’est une curiosité cinéphilique pour les fans de « Drive », « Only God Forgives » et « The Neon Demon ».
Comme d'autres avant lui, Bleeder témoigne parfaitement d'un paradoxe des plus déconcertants : par l'absence de soutien voire par le manque de budget, le métrage, ici du désormais célèbre Nicolas Winding Refn, auteur de Drive, voit sa sortie internationale retardée de quelques années. En effet, c'est en 1999 qu'il sort en salles obscures danoises, après avoir marqué par son approche relativement symbolique. Avec son casting désormais "endémique", puisque la plupart se retrouvera derrière Pusher, le réalisateur aborde avec tact les notions d'amour et de haine, distinctement matérialisées par une spirale de violence et une ode à la grâce. Casting à l'époque inconnu, mise en scène typique à la photographie froide, la production aux allures de Dogme 95 n'en finit pas d'étonner, en partie pour le talent qui préfigure déjà.
Un film choc.... franchement éprouvant. D'une dualité assez impressionnante. Un amour presque platonique et d'une grande humilité et de l'autre, l'amour bestial et violent face à la pauvreté sociale. Dur et difficile sur la fin mais stylistiquement d'une grande liberté.
Quelle claque ! Effectivement le film ne conviendra pas forcément à tout le monde, mais pour les amoureux de la trilogie Pusher dont je fais partie, ce film est un immense réservoir d'idées géniales. L'humour (quand ce n'est pas le rire aux éclats) et la violence se côtoient volontiers dans un style punk métal moderne qui pourrait faire pâlir Quentin Tarantino. Une belle brochette d'acteurs dont les 2 principaux ont depuis fait leur trou dans le cinéma. Vraiment le meilleur à l'affiche actuellement (même si c'est une reprise de 1999)
Libre et sans fioritures, avec une violence très graphique, le style est déjà perceptible pour le futur réalisaveur de Drive et Only God Forgives. C'est pourtant un essai, un brouillon sur le fond même si c'est très maîtrisé. On remarque ce sens du cadrage, l'importance de la couleur et ce montage façon clip, très en vogue dans les années 90. Proche du style de Scorsese, on pense souvent à Reservoir dogs dans ses accès de violence, mais aussi à Trainspotting qui narre également les journées d'un groupe de copains banlieusards, l'humour danois à la place ... Pour dire que le film est ultra référencé, l'action gravite qui plus est autour d'un vidéo club, tenu par le génial Mads Mikkelsen. Les cinéphiles seront comblés. A déconseiller en revanche aux âmes sensibles, la violence est frontale et profonde.
Enfin visible sur grand écran en France, "Bleeder", la deuxième réalisation de Nicolas Winding Refn permet d'éclairer le parcours du cinéaste de manière intéressante. Y retrouvant quasiment tout le casting de "Pusher", il brosse le portrait de personnages paumés dans un Danemark guère reluisant. Tout y semble insalubre, raciste, vide, déprimant et violent. Dans ce qu'il considère ce "monde de merde", Léo ne veut pas que sa femme Louise accouche. Confronté à une paternité qui s'annonce et à un beau-frère violent, il commence à sombrer tandis que Lenny, employé d'un vidéo-club qui ne parle que de cinéma tente timidement de séduire une jeune femme qui lui plaît. Lenny, enfermé dans sa bulle, sera d'ailleurs le seul à ne pas sombrer dans la violence. Au contraire avec ce personnage incarné par le toujours aussi excellent Mads Mikkelsen, Refn esquisse de la tendresse très touchante tandis que Léo se perd dans la violence. Pas toujours convaincant dans sa spirale de descente aux enfers, le film fonctionne plus du côté de Lenny et de l'attachement qu'on peut éprouver à son égard. Le reste des personnages est assez antipathique et le scénario (clairement pas le point fort du cinéaste) finit par montrer ses faiblesses. Cela dit, les thèmes abordés ne manquent pas de l'être avec une véritable envie de cinéma de tous les instants, ça suffit largement pour nous plonger dans le film et ce d'autant plus que chez Refn, il y a toujours quelque chose à décortiquer.
Léo et Louise qui vient de tomber enceinte vivent en couple dans un appartement insalubre. Apprenant la nouvelle de sa future paternité, Léo perd peu à peu le sens de la réalité et, effrayé par la responsabilité de sa nouvelle vie, sombre dans une spirale de violence. Son ami Lenny, cinéphile introverti travaillant dans un vidéo-club, tombe fou amoureux d'une jeune vendeuse de fast food et ne sait comment le lui dire…Tandis que Louis, le frère de Louise, videur dans une boite de nuit, s'enfonce dans le racisme et la violence.
Deuxième film de NWR après "Pusher", "Bleeder" est bien dans le ton du premier long métrage de NWR: désenchanté, crade, glauque et réaliste. Bénéficiant d'une photographie bien saturée, le film montre à la manière d'un documentaire comment le Danemark n'a pas échappé au "déclinisme" contemporain, montrant des gens ordinaires se comportant de façon extrême face aux évènements. Le film ne raconte pas grand chose au final pour mieux laisser exploser la violence en fin de métrage. Le "pétage de plomb" n'est jamais loin et NWR, cinéaste de la radicalité qui aime filmer le coté sombre des choses laisse retomber sur ses protagonistes la violence de son courroux artistique devant un spectateur simultanément las et horrifié.
Coté casting, le réalisateur fait de nouveau appel à Kim Bodnia (Leo) et Zlatko Buric (Kitjo) , déjà présents dans Pusher. Figure également au générique Madds Mikkelsen (Lenny) et Levino Jensen dans le rôle de Louis.
J'ai trouvé le film inconfortable à défaut de l'avoir réellement apprécié. En cela, le réalisateur a certainement atteint son objectif.
Depuis, NWR a parfaitement troublé son image, "soufflant le chaud et le froid" entre "Drive", film de commande qui a cartonné, "Only God forgives" qui a plu à ses fans de la première heure et "The Neon Demon" qui a divisé.