Un ton une fois encore très original, pour cette comédie douce-amère. Cela démarre comme un vaudeville digne de Feydeau, un beau jeune homme séducteur, profite des largesses d’une bourgeoise, déjà mûre, patronne et créatrice d’une marque de haute couture , et en même temps il est fou amoureux d’une belle jeune femme, mariée de son côté. Vie double, quiproquos, mais ce qui est vraiment notable c’est la nostalgie, la tristesse, la recherche du bonheur improbable qui imprègne le scénario. Finalement chacun des personnages, se cherche, recherche l’absolu dans ses relations bancales, une sorte de fuite en avant. Les acteurs sont formidables dirigés de main de maître par De Broca , François Périer est, excellent, à l’image de son personnage un peu lunaire, archiviste besogneux de métier, contemplatif, il voit bien que sa jeune épouse est malheureuse, insatisfaite, mais il observe tout cela , de sa hauteur, une sorte de philosophe. Jean Pierre Cassel, la classe absolue, un de ses meilleurs rôles, qui papillonne d’une femme à l’autre, se cherche, ne sait plus ce qu’il veut. Micheline Presle, éblouissante de beauté, maquillage superbe, la grande classe, ses baisers fougueux avec Cassel, et ses déhanchements en nuisette sont un must. Et Jean Seberg est très bien, elle assure dans ce quatuor de très haute volée, jeune femme insouciante, à la recherche de la passion absolue. Jolie scène finale où elle déambule sur les Champs Elysées, en nocturne, à la recherche d’elle-même, un petit clin d’œil savoureux à « A bout de souffle ». A noter une image en noir et blanc, exceptionnelle, des éclairages somptueux, des visages en semi pénombre, des flashs ciblés, du très grand chef Op, Jean Penzer, digne des plus grands films Hollywoodiens