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Un visiteur
4,5
Publiée le 16 janvier 2013
Le mutisme des personnages principaux fait totalement sens et une profonde sensualité se dégagent de leurs échanges non verbaux. Le scénario est tenu de bout en bout et la mise en scène non conventionnelle est d'un grand raffinement. Deux passages musicaux reviennent dans le film, l'un pour renforcer l'incongruité des situations, l'autre pour souligner la tendresse qui unit les amants, et à tout moment l'on bascule de la réalité concrète à une réalité presque parallélle, en tout cas perturbante. Un film onirique et émouvant qui laisse peu de mots à écrire mais beaucoup d'images dans la tête, que demander de plus au cinéma ?
Découvrant non sans inquiétudes un film de Kim Ki-duk pour la première fois, « Locataires » fût une belle surprise. Si je peux comprendre que l'on soit hermétique à ce type de cinéma assez lent et contemplatif (auquel je suis moi-même peu enclin habituellement), j'ai été très rapidement séduit par la démarche du réalisateur, donnant à son œuvre un ton très particulier et personnel qui m'a immédiatement touché. Il y a en effet quelque chose de profondément sensible et émouvant à voir ce couple pour le moins atypique évoluer, se comprenant parfaitement sans jamais échanger le moindre mot durant 85 minutes. « Locataires » est un film extrêmement subtil et remarquablement réalisé, tout en angles et cadres magnifiquement trouvés, ajoutant au vertige de ce récit vraiment pas comme les autres, se caractérisant par sa façon constante de se renouveler, de nous surprendre, la deuxième partie s'avérant extrêmement différente de la première. Il était pourtant casse-gueule de s'aventurer dans le registre fantastique lors d'une dernière demi-heure particulièrement étrange, et pourtant ça passe, mieux : ça fonctionne à 200%. Bref, voilà l'exemple-type du film difficile à résumer avec des mots tant il passe par les sensations, les corps, l'imagination... Un songe hypnotisant et poétique : une magnifique révélation.
Sans conteste mon film préféré de Kim Ki-duk, jamais une autre histoire d'amour ne m'a autant touchée à l'écran... C'est beau, c'est poétique, c'est contemplatif. Cette oscillation constante entre la douceur pure et la méchanceté la plus abjecte est renversante ! J'ai beau l'avoir vu 10 fois, à chaque fois je suis bouleversé, les larmes aux yeux... Ce film illustre à lui seul tout ce que j'aime dans le cinéma asiatique : le jusque-boutisme. Rien n'est fait en demie mesure, tout est poussé à l'extrême, les sentiments et l'atmosphère intemporelle, on plonge dans cette fable comme on plonge au fond de son âme. L'amour y est tellement profond et abnégatif qu'il vous sert le coeur, vous coupe le souffle...
Film à la dimension surréaliste outrancière, l’auteur y sacrifie à peu près tout, le récit, la vraisemblance, et la mise en scène. Au début cela intrigue, mais ça devient de plus en plus flou avec la durée, et le montage n’est pas en béton, ce qui n’arrange rien, on va dire que c’est une proposition artistique. Il n’y a pas d’histoire, ou alors elle est totalement codée, à nous de deviner, si on peut. On assiste à une démonstration, une suite de scènes plus ou moins réussies, dont une ou deux touchées par la grâce, et la beauté d’une actrice au mutisme troublant, accompagnée d’un jeune voleur paumé. On suit ce couple perdu en vadrouille, et on a doit à une suite de scènes, plus ou moins audacieuses, mais aucune réflexion sur la relation du couple lui-même, ou sur l’image, encore moins le contexte social. Il s’agit ici d’exposition, pas de développement. Histoire d’amour ? La difficulté des relations hommes/femmes ? la corruption de la société ? On ne sait, et on ne le saura jamais. C’est le deuxième film de ce gars qui me fait cet effet là, mauvais signe…ce qu’il fait ne me touche pas des masses.
Encore une réussite pour Kim Ki-Duk! Surtout n'abordez pas «Locataires» comme son chef-d'oeuvre, il s'agit plutôt, tout simplement, de l'un des meilleurs films de son auteur et c'est déjà beaucoup! On retrouve tout ce qui fait le charme de son cinéma, et toujours ces défauts qui en rebutent tant, pourtant ici infimes. C'est peut-être son long métrage le plus proche de l'art de Tsai Ming-Liang : on retrouve ce goût pour les personnages mutiques, pour l'humour absurde et décalé, pour la lenteur du rythme et un aspect contemplatif... Mais la comparaison s'arrête là, car si les films de Tsai Ming-Liang sont caractérisés par une épure stylistique et une absence de scénario quasi-totales, ceux de Kim Ki-Duk sont au contraire gorgés de références, de symboles, d'idées de mise en scène, mais toujours avec une relative retenue. Leur finalité les rend moins riches et surtout moins libres en apparence que ceux de Tsai Ming-Liang, mais leur impact est nettement plus fort et leur pertinence tout autant avérée (sinon plus). Difficile donc de nier le talent du cinéaste coréen sans faire preuve de mauvaise foi... La poésie de ses films est extraordinaire et une fois encore il navigue avec une aisance déconcertante entre rêves et réalité, mais qui plus est jamais gratuitement, puisque ne serait-ce que par la relative complexité de ses personnages (et leur mystère) il évoque nombre de choses, stimulant tout autant l'intellect que le ressenti et l'émotion. Il est question d'amour, d'attention, de marginalité, de la société coréenne, d'art,... et la liste est longue! Par petite touches et avec une grâce incomparable (quelle légèreté!) il nous emmène très loin, il convient juste de s'accrocher au tout début, «Locataires» démarrant timidement (bien que tout à fait honorablement) pour s'achever avec douceur et poésie. De l'affiche aux quelques mots placés à la fin, un long métrage inspiré et d'une beauté envoûtante, à voir sans hésiter! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Très bon film à la frontière entre le réel et l'onirisme. Une grande poésie se dégage; c'est surprenant, intriguant, fascinant, émouvant...à voir absolument!
Que dire, ce film est super impressonnant. Comme quoi un bon scénario ne se joue pas que le les paroles, mais sur le jeu de l'acteur. Et dans ce cas-ci, le jeu d'acteur est juste sublime de la part des deux personnages principaux.
Quand le social se mélange au poétique et à l'absurde, on se croirait au Japon, mais c'est de la Corée qu'il s'agit. Avec des mélanges de paysages urbains très intéressants pour un parisien. L'histoire est originale, passe par de grandes phases invraisemblables, mais toujours avec une réflexion et des idées derrière la tête qui cloueraient le bec à pas mal de soi-disant auteurs. Dommage que la scène de la voiture et de la balle de golf fasse tâche dans ce panorama idyllique, violence gratuite ? Flemme ? Besoin de plaire à un producteur étrange ou de balancer un trop fort penchant pour des antisociaux ? On ne saura pas, mais on est un peu mal à l'aise de cette intrusion de violence aveugle dans un océan de violence au deuxième degré. La fin est très drôle, et fine. Les acteurs sont attachants, un peu à la "Old boy", contrairement aux autres films coréens de ces 3 dernières années, excepté "Samaria". Une petite perle qui laisse deviner un grand futur au cinéma coréen, décidément plein de promesses par rapport aux autres pays.