Étant fan de rap, "Réussir ou mourir" est un film que je devais voir. S'inspirant de ce qu'avait fait Eminem avec "8 Mile", 50 Cent vient nous proposer une histoire s'inspirant de sa vie, même si l'ensemble reste tourné vers la fiction. L'objectif est simplement de raconter certains gros éléments de sa jeunesse, tout en y incorporant des thématiques importantes pour lui. Malheureusement, là où le film sur Eminem est un petit chef-d'œuvre, ce film-ci souffre de beaucoup de défauts. En tant qu'amoureux de musique, je pense que je dois commencer par là, en montrant ma frustration vis-à-vis de l'utilisation du rap au sein de ce projet. Le point de vue est forcément important au sein d'une telle œuvre, et je peux comprendre l'envie de nous parler de la vie qui entoure le rappeur, plutôt que de son rap. Le scénario cherche à développer ses personnages et à créer un contexte à tout cela, c'est son but en premier. En soi, l'idée ne me dérange donc pas, car j'ai apprécié suivre le personnage de Marcus pendant tout le film. 50 Cent le joue très bien, et son évolution raconte quelque chose par rapport à la vie d'une certaine partie de la population américaine de banlieue. Là où on le découvre enfant et innocent, la perte de repère va l'emmener vers un destin tragique, et c'est plutôt bien amené. Cependant, une grande partie du film va utiliser cette esthétique d'une manière assez banale, les histoires de gang n'étant jamais utilisées autrement que pour des conflits très classiques. Et à ce moment-là, j'avoue que l'absence du rap pèse beaucoup sur le film, car c'est cet élément qui lui aurait permis d'aller au-delà de ce schéma très classique. La dernière partie semble bien plus insister sur cela, avec une réelle importance donnée à la musique dans la conclusion de l'histoire. Mais globalement, cela arrive comme un cheveu sur la soupe, la place du rap semblant trop secondaire. On le montre en train d'écrire de temps en temps, avoir de l'inspiration, mais c'est vraiment léger, le film préférant toujours se concentrer sur le développement de son intrigue clichée. Par conséquent, quand il passe d'un rappeur inconnu à une superstar en quelques scènes, on a du mal à comprendre l'évolution. Par ailleurs, là où développer son rap aurait pu être une bonne chose, on ne sait même pas vraiment ce qui le rend si particulier. Certains pourront me dire que c'est parce que j'en attendrai trop et que le film ne souhaite jamais aller dans cette direction, mais c'est pourtant le cas. Le long-métrage cherche bien à exploiter cela, à insister sur l'importance du rap dans sa vie. Mais comme tout est trop longtemps laissé de côté, cela ne fonctionne pas. Dans l'ensemble, le visionnage a donc été frustrant. La première partie est vraiment sympathique, les acteurs sont bons et la mise en scène de Jim Sheridan est toujours aussi efficace. Mais alors que le film pouvait décoller, il choisit de rester dans son approche très bateau de son histoire. C'était probablement un choix d'écriture, et je suis capable de le comprendre. Mais je vois aussi que le film met en place des choses de manière trop artificielle, pour que je puisse les accepter. Le film n'a pas réussi à proposer quelque chose de plus profond que des conflits de gang dans sa dernière partie, ce qui l'empêche d'être plus qu'un moment acceptable. Pour conclure, un film qui se sabote.