S. Suzuki offre avec ce film vaguement érotique une œuvre flamboyante de par son utilisation des couleurs, qui se permet de défier la censure de par sa représentation de la nudité à l'écran (magnifiques éclairages avec des ombres incroyables) mais aussi de traiter avec une force impressionnante de l'après-guerre au Japon. Ambiance moite qui donne à ses actrices un sex appeal affolant, costumes minimalistes, exaltation de la virilité de son acteur principal, le film est aussi incroyablement brouillon à mon sens, avec un scénario décousu dont n peine parfois à saisir les enjeux. C'est l'habitude chez Suzuki, cinéaste éminemment visuel qui privilégia la forme au fond. Un très beau film, qui passionnera sans doute ceux qui apprécient déjà le cinéaste et sa façon de faire, pour ma part, j'ai beau avoir apprécié plusieurs moments et m''être retrouvé captivé par sa beauté formelle, je suis reste un peu en dehors du film, car comme d'habitude, on a du mal à s'intéresser à des personnages dans lesquels le cinéaste ne croit pas totalement. Un film intéressant toutefois. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Du très bon Seijun Suzuki ! Un film plus centré sur les femmes fortes et indépendantes dans ce japon de l'après-guerre. Ici un quatuor de prostituées aussi joyeuses que terribles et qui pour survivre et s'émanciper s'empêchent mutuellement de connaître le véritable amour auprès d'un homme. La photographie est absolument superbe et c'est toujours un plaisir de retrouver ce bon vieux Joe Shishido. Ne vous laissez pas berner par l'affiche ou le roman à l'origine de cette adaptation : ce n'est pas une sorte de torture-porn japonais. Quelques scènes tout au plus. C'est tout à fait regardable et le thème de la sexualité y est très secondaire.
Bon film de Seijun Suzuki dont on retrouve son style visuel tout comme ses histoires de mafieux (ici peu présents) accordant une place privilégiée aux femmes au fort caractère (cf. "La marque du tueur", "La jeunesse de la bête"). Pas une grosse révolution pour le cinéaste nippon qui signe toutefois un bon film.
Lhistoire se situe dans le Tôkyô dévasté de laprès-guerre. Larmée américaine occupe les lieux et sattire la haine de la population, livrée à la pauvreté et à la famine. Pour résister à cette désolation, un groupe dune demi-douzaine de prostituées cherche à survivre en se jurant de ne jamais coucher avec loccupant ni doffrir leurs charmes gratuitement. Celle qui les trahit est aussitôt violemment punie et rejetée. Pourtant elles vont toutes senticher dun homme quelles ont recueilli. Un japonais en fuite pour avoir poignardé un soldat américain et joué par linimitable Joe Shishido... Adaptation dun roman érotique populaire, ce film est bien plus quun simple roman-porno. Il y a, forcément, de jolies japonaises, qui, attachées bras et jambes en croix dans leur plus belle nudité, sont fouettées sans ménagement. Mais ici, au-delà du simple fétichisme érotique, ces flagellations viennent servir la logique du film. Comment? Pour ces femmes, lamour est interdit et elles ne sont plus que des animaux dotés dinstinct de survie. Et lorsque lune delles, amoureuse du personnage joué par Joe Shishido, soffre à lui, la fureur de ses amies se déchaîne sur la belle désormais enchaînée, avant quelle ne soit exilée de leur microcosme. Seule, blessée, sans possessions, dans un monde sans sécurité, il ne lui reste quune chose : son humanité, quelle vient de retrouver à travers ce rite de passage difficile et violent, et, qui ne peut être atteint quau prix de la souffrance et de larrachement à un quotidien de facilité et de certitude. Un grand thème donc, accompagné dun antiaméricanisme véhément. Et puis il y a la photo, magnifique, tout en ombre et lumière, mettant en valeur les corps de ces dames avec une discrétion toute japonaise. Autant au niveau de lesthétisme érotique que de la provocation intelligente, ce film atteint des sommets dont on regrette de devoir redescendre. (+ de critiques sur http://www.guillaumetauveron.com/Textes/chroniques_film.htm)
Une drôle de comédie moyenne. 1945 le Japon défait et occupé par les américains. Des prostituées vivant et travaillant "sous terre" veulent rester indépendantes. Il faut survivre coûte que coûte des gens meurent de faim....On vole on couche on tue pour cette survie. Image du Japon rarement montrée. Une "Cour des miracles" (Référence au film Notre dame de Paris de 1956 ?) Côté réalisation il y a de tout : des effets de l'époque (1964) zoom-avant ralentis flous superposition d'images bande son forte etc La rapidité du montage (assez sec) donne parfois le tournis. Mais cette histoire se disperse à tout va ...beaucoup de personnages dans une reconstitution théâtrale, érotisme de l'époque, bondage qui semble être un fantasme de Suzuki ,tortures, sans oublier une scène animalière très choquante car réaliste. Les décors sont magnifiques certaines couleurs aussi. A voir par curiosité.
Magnifique esthétique. Un film peu académique et complètement atypique. Un décor onirique, une photo excentrique, une mise en scène atomique. Ce bijou aurait mérité un sens rythmique plus dynamique pour devenir un incontournable classique cinématographique
Ressortie en salle de plusieurs opus de Seijun Suzuki, cinéaste de films B, ( produits par la Nikkatsu dont il finira par être mis à la porte ) dont la filmographie fait l'objet d'une reconsidération critique après le soutien de Tarantino, Jarmusch, WKW et John Woo qui ont reconnus l'influence de Suzuki sur leur travail artistique.
" La barrière de la chair " n' est pas sans faire penser aux " Bas fonds " de Gorki, mais cette fois transposé dans le Japon d'après guerre.
Les traumas sont exacerbés par les conséquences de la guerre. On souffre et on fait souffrir son corps sans doute dans le réflexe inconscient de combler son vide intérieur.
Les personnages féminins se prostituent pour manger certes mais cherchent vraisemblablement à compenser leur carence affective nées de la perte de leur aimé à la guerre.
Cette fois le scénario se tient parfaitement ( ce n'est pas toujours le cas chez Suzuki ), le jeu sur les couleurs constitue peut-être le signe que l'instinct vital est toujours présent malgré le contexte ( et les décors ) lugubres.
On notera que le scénario évoque le trafic de pénicilline, élément qu'on retrouvera dans la trilogie " le syndicat du crime " réalisée par John Woo puis terminée par Tsui Hark, dans les décennies qui suivront ( années 80 / 90 ).