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Laurent Boutonnat
20 abonnés
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3,5
Publiée le 28 avril 2025
Belle évocation de la vie d'une famille française à Alger, qui avait planté une vigne en employant des locaux. On les voit également bien des années plus tard. Vers la fin, on note un dialogue intéressant qui explique pourquoi les algériens veulent reprendre leur pays. Ce film n'est pas une immense réussite, mais c'est un film humain, qui a presque l'allure d'un documentaire.
Proche du documentaire, le film de Blue, adapté du roman de Jean Pelegri, Pied-noir qui joue ici le rôle du père, montre le rapport entre les colons et las autochtones comme on ne l'a quasiment jamais vu dans un film de fiction. Tourné dans les mois qui précèdent l'indépendance, le long-métrage préfère axer son récit sur les relations d'un homme à présent mourant, qui a consacré sa vie à cultiver les champs hérités de ses parents, avec la terre qui l'a vu naître et les personnes qui l'ont accompagné, d'origine européenne ou indigène. Même si elle n'est pas totalement dénuée d'un ton paternaliste (ou colonialiste, diront certains), l’œuvre repose avant tout sur l'affect, sur les sentiments diffus qui font qu'une famille s'identifie à un pays (c'est le cas du fils qui, installé en métropole depuis plusieurs années, retrouve des sensations enfouies, des odeurs, des sons qui lui rappellent ses origines). Entrecoupés de flash-back, ces Oliviers sont touchants par leur simplicité, par leur façon de montrer que des hommes et des femmes ont vécu côté à côte, parfois dans un respect mutuel, un climat de solidarité et d'appartenance au-delà du climat de haine engendré par "les évènements".
Unique film de fiction de J. Blue, présenté par l'acteur principal 60 ans plus tard, voilà qui donne du piment à cette projection d'une version restaurée, merci à M. Scorcese.Ces images tournées à la volée, en jouant à cache-cache avec l'OAS, sont un complément indispensable aux diverses émissions sorties cette année anniversaire de l'indépendance. Le scénario issu du roman éponyme dégage un humanisme, qui rejoint par moment celui de Camus, et illustre une cohabitation des cultures qui ne fut jamais possible, au grand regret de ceux qui étaient attachés. Ainsi le monologue "testamentaire" du père joué par Pelégri lui-même illustre un point de vue d'un employeur, exigeant mais proches de ses ouvriers, et qui d'ailleurs s'était fait arnaqué au final par plus malin que lui. Un beau noir et blanc, une sobriété des dialogues qui sied à la gravité du sujet, le tout porté par une musique de Maurice Jarre. Blue ne polémique pas, il offre un regard distancié sur les creusements d'un fossé qu'il était devenu impossible à combler. A recommander chaudement à tous ceux qui portent un intérêt à ce pays dont la réalité historique échappe à beaucoup d'entre nous. Cinéma Institut Lumière - mai 22