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al111
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5,0
Publiée le 15 octobre 2006
Nicole Garcia filme les hommes avec amour, compassion et respect. Elle signe un grand film choral français (enfin), mettant en scène et en lumière sept personnages masculins, tous profondément humains, torturés, inquiets, drôles, un peu ridicules mais jamais ridiculisés. Cest donc, dabord, un film de personnages, tous à un tournant de leur vie. Les acteurs font des merveilles, cest un plaisir constant de les voir sur le fil du rasoir, grandioses dans leur malaise, dans leurs angoisses. Bacri est, comme toujours, énorme. Poelvoorde tient enfin un vrai rôle, dramatique et drôle à la fois, sans trop en faire. Le tout jeune acteur jouant Charlie incarne, avec guère plus de dix mots, tout le malaise dun adolescent découvrant le monde adulte. Mais il ny a pas que les personnages, le scénario fait se rencontrer tout ce petit monde, parfois très brièvement, parfois intensément, jamais gratuitement. Il préserve des zones dombre pour mettre en valeur les instants où les choses basculent. Montrée chronologiquement, lhistoire nest jamais confuse malgré sa complexité. Cest un film riche, intense, terriblement humain.
Un très grand film signé Nicole Garcia. Après s'être fourvoyé dans le drame psychologique (l'Adversaire), la réalisatrice du fils préféré explore le coeur des hommes avec une justesse de chirurgien. Ces cinq portraits peints au vitriol sont décrits avec une force et une énergie trop rare dans le cinéma français. Nicole Garcia, elle, ose. Et nous la remercions. Sous ses ordres, les acteurs semblent comme hynoptisés, conquis par la justesse de ton et le talent inouï de celle qui les dirige. Le trio Lindon, Magimel, Poelvoorde est si bon que même Bacri semble un ton en dessous ! Mais non content de surfer sur un scénario, des dialogues et une interprétation formidables, Nicole Garcia s'essaye au genre "kaleidoscopique" du récit. Boosté par une photo d'une très grande beauté esthétique, ce pari est largement réussi. Mieux, elle prouve au grand public et aux cercles d'initiés que le cinéma français peut également rivaliser d'audace avec les meilleurs réalisateurs indépendants américains. Avec ce film, Nicole Garcia n'a rien, par exemple, à envier à Iñarritu et consorts. Bravo.
Fable à plusieurs visages, fable trop réaliste pour n’être pas douloureuse. Ces visages, ces corps, qui se croisent, s’entrecroisent, s’accrochent, s’écorchent, sous les traits des acteurs français les plus doués de leur(s) génération(s). Bercé par les paysages mélancoliques, vides, du littoral Atlantique, l’intrigue calme, et le rythme entre scènes interminables et ellipses avantageuses, le spectateur se délecte, se dégoûte, de ces histoires de tous les jours.
je pense que le dvd devrait sortir dans un coffret accompagné d'un révolver et d'une corde.Il n'y a pas un seul moment où l'on sourit(ce n'est peut être pas le but,mais bon...).J'étais deprimé avant de le voir mais maintenant je pense qu'il me faut au moins trente d'analyse pour m'en sortir.Nicole Garcia nous montre non pas une ,mais une bonne dizaine de vies ratées, sordides et nulles.C'est trés oppressant,à coté de ce film, "elephant man" ressemble à un épisode de South Park. J'ignore si les gens ont des vies aussi désastreuses et denuées d'humour mais je ne remercie pas Nicole Garcia de m'informer de ce fait.C'est dommage car elle a fait de bons films, mais je la trouvais déja un peu sur une pente avec son adaptation de l'histoire morne de Romand (un autre bon vivant ,farceur et jovial qui aurait eu sa place dans ce film). Bon, je vous laisse, j'ai des cachets à avaler
Même si le rythme et les dialogues sont assez conventionnel, chacun des personnages réussit à merveille son rôle d'appat pour se plongé dans ce jolie film. Les acteurs y sont pour beaucoup, tout comme le réalisateur réussissant toujours à faire un transfert fluide et sans ruptuire d'une histoire à l'autre.
Une approche croisée des êtres qui au fur et à mesure de l'histoire prennent conscience de leur vie et de leurs proches, les permettant ainsi de tourner le dos à une facilité accommodante assimilable à l'impuissance de la routine.. c'est un peu ce que recherche beaucoup de personnes, dans l'égarement, essayer de changer et surtout de faire le bon choix, - pas facile -, A cela, il y a peut être une sur enchère sur le croisement des personnages, 2 histoires auraient pu laisser place à un davantage de concentration sur l'excellent quatuor Bacri / Magimel / Lindon / Poelvoorde.. Pour finir, le lancer de boomerang final, il fallait quand même oser !!
Nicole Garcia nous livrent un émouvant portraits d' homme... Benoit Magimel et Patrick Pineau sont les plus touchants ! La réalisatrice nous montrent les failles et les lachetés du genre masculin.
Cannes détruit le cinéma. Selon Charlie fait partie de ces films mal reçus sur la Croisette qui poussent leurs réalisateurs à les remonter en enlevant un quart dheure. Cest ce qui devrait arriver au très alléchant Southland Tales de Richard Kelly et cest ce qui est donc arrivé au nouveau film de Nicole Garcia. Et ce remontage dessert grandement le film. A vouloir alléger son Selon Charlie, la réalisatrice française de Ladversaire a écourté et sous-développé certaines de ces histoires. On sexplique : dans Selon Charlie, elle suit le parcours de sept hommes, et le traitement apporté à chaque personnage est très inégal. Le film de Nicole Garcia fait dans lensemble un peu brouillon et on en vient rapidement au constat que sept personnages, cest beaucoup trop pour un film dà peine deux heures : la réalisatrice aurait du se focaliser sur seulement quatre ou cinq dentre eux, de préférence ces plus réussis. Parmi les personnages réussis, on retrouve celui du maire, incarné par un Jean-Pierre Bacri une nouvelle fois excellent, celui de Vincent Lindon, le père du Charlie en question, qui laisse son fils pendant quil voit sa maîtresse, qui est mariée avec un prof de bio. Ce prof cest Benoît Magimel, le meilleur personnage et le meilleur acteur du film. Il campe un homme renfermé sur lui-même à la vie réglée qui voit réapparaît une ancienne connaissance, campée par lautre acteur-génial du film, Patrick Pineau. A leurs histoires vient se greffer celle du tennisman (trop superficielle) et celle du voleur (tout autant bâclée), intéressante mais pas passionnante et surtout dispensable. Quoi quil en soit, Nicole Garcia fait mieux que ladversaire, livrant ici une mise en scène intéressante dans la profondeur de champ. Une distribution exceptionnelle pour un film qui offre de très beaux moments et un sujet peu abordé au cinéma font de Selon Charlie un film personnel, sans trop de temps morts et intéressant. Sifflé à Cannes. Cest à ne rien y comprendre.
Charlie est un enfant attachant, otage dun père veule et malhonnête. Fil conducteur du film, il est peu loquace, car dès quil parle il lui faut mentir. Non, décrire des gens ordinaires nest pas insignifiant. A limage de ce garçon de 11 ans (victime bien vraisemblable, hélas!) le film se cherche, hésite puis trouve sa vérité. Pour une fois un film français ne se déroule pas dans des palaces, ses protagonistes sont des Français moyens, vrais dans le burlesque comme dans le tragique. Les différents fils déroulés se rejoignent clairement. Il faudrait le vouloir pour ne rien y comprendre (que penser de ceux qui sinscrivent ici, descendent un film puis ne postent plus jamais dautre critique ?) Très convaincant, Bacri est savoureux de suffisance masculine, il prétend rompre « comme il faut savoir terminer une grève », ah la formule qui tue !! mais loge sa maîtresse aux frais du contribuable. Il sexerce aux discours brillants (petites phrases en allemand, citation dApollinaire) mais se dégonfle ! Poelvoorde est encore une fois irrésistible. Bras cassé du mauvais coup, prépare-t-il donc le casse du siècle à grand renfort de minutage au chrono ? Géniale, la scène où ces deux-là se rencontrent, cocasse, quand Serge, hystérique, lui « rentre dedans » ! Mais le meilleur cest Magimel, professeur de SVT. Personnage digne, crédible, sans les clichés collant aux profs de cinéma. Que sest-il passé avec Mathieu (Patrick Pineau, excellent) ? Relation ambiguë : est-il plus quun collègue ? Des pistes nous sont données, pourquoi attendre à tout prix une solution ? Lhistoire du tennisman a été amputée mais il reste le portrait sensible dun garçon désemparé se refugiant dans des défis dangereux. Cest un film que l'on pourra juger pessimiste, ou lucide, c'est selon... et Nicole Garcia ne nous mâche pas le travail. Mais sommes-nous donc obligés de laisser nos neurones au vestiaire en entrant dans une salle obscure?
Une fois pour toutes: que Nicole Garcia reste devant la caméra avec son imperméable noué et son phrasé "mitraillé". Mais surtout qu'elle n'entraine plus des acteurs reconnus dans des films aussi niais, aussi inintéressants et aussi creux qu'elle réalise elle-même: c'est une catastrophe ! On est bien loin de la rigueur, de la justesse de ton et de la direction d'acteurs de Mme Coline Serreau.
Nicole Garcia filme ses hommes avec froideur et détachement et sans aucun talent cinématographique. Résultat, on se désintéresse assez vite de ces destins sans grande originalité. Et piquer les plus belles partitions d' Alberto Iglesias (compositeur atitré d'almodovar) pour donner du rythme ne change pas grand chose. Son film recherche constamment un souffle romanesque et, à défaut de le trouver, provoque un ennui qui lui est bien réel !
Ce que j'ai aimé dans ce film,c'est la rencontre,plus ou moins brève,entre ces hommes de différents horizons et aux histoires différentes. Nicole Garcia porte un regard tendre mais cependant sans concession sur ses personnages.Ils ont tous en eux l'amour et sont tous très attachants.C'est un film vraiment magnifique qui méritait largement une récompense au festival de Cannes.