Les films sur la seconde guerre mondiale m'ont toujours beaucoup touché, c'est le sujet dont je sais à l'avance que je ne vais pas m'ennuyer. On connaît tous des dizaines de films, séries ou dessins animés parlant de cette époque sombre mais pour la plupart voir quasiment tous, ce sont des films français, anglais ou américains.
C'est le premier film parlant de la seconde guerre mondiale que je vois réalisé par un allemand. Oliver Hirschbiegel veut faire passer un message : assumer son histoire, en parler et montrer pour ne pas refaire les mêmes erreurs. En Allemagne c'est quelque chose d'assez tabou et à juste titre, la honte de cette période est grande.
C'est aussi le premier film où le sujet principal et l'unique sujet est la fin du 3eme Reich au sein du bunker d'Hitler. Il nous montre la réalité de cette vie pour les colonels, généraux, femmes et enfants qui sont dedans. Entre loyauté jusqu'à la mort, trahison et questionnement sur le führer, le film nous tient en haleine du début à la fin.
Il y a une certaine humanisation des personnes dans ce bunker, et surtout d'Hitler à certains moments, quand il est seul avec des enfants, ou avec les femmes. C'est quelque chose que Claude Lanzmann et WIM Wenders dénoncent. Mais l'équipe du film assume ce point de vue. On est quand même face au plus grand dictateur de l'histoire et c'est complètement fou de le voir avoir de la tendresse à certains moments du film.
La dénonciation est aussi pour les généraux qui sont placés comme victime face à la folie d'Hitler alors que eux mêmes ont commis des crimes atroces. Le seul dont on ne montre aucune empathie est Goebbels. Un homme dont l'atrocité dépasse l'entendement. D'ailleurs le choix de l'acteur est très bien, il a une vrai tête d'assassin.
Dans cette humanisation des protagonistes, en 2024, on peut aussi retrouver ça dans "La zone d'intérêt", un film qui comme Claude Lanzmann l'a fait, n'exploite aucune image de la shoah, ce qui est remarquable et nous laisse l'imaginer. Mais l'humanisation de la famille est bien présente et surtout de l'inconscience. Car oui ce qui est bien frappant, c'est l'inconscience des femmes et des enfants dans le bunker qui n'ont rien ou quasiment rien vu de la guerre, qui se croient invincible, protégé et qui ne savent pas à quel point ceux autours d'eux sont le mal incarné.
Bruno Ganz, l'acteur incarnant Hitler est très bien choisi et offre une performance absolument incroyable. Ça doit être un choix très difficile que d'accepter de jouer un tel homme et même une fois accepté, je pense que comme Heath Ledger pour The Dark Knight, mentalement pendant et après le tournage ça doit être très dure.
"La chute" est un film qui comme les autres sur la seconde guerre mondiale, fait réfléchir à la façon de montrer cette période, quel est le bon ton ? La bonne mise en scène ?...
C'est un film allemand qui assume son histoire, qui la montre de face, qui la rejette. C'est quelque chose qui est très important, de ne pas effacer l'histoire, surtout quand elle est aussi sombre, pour être conscient de ce qu'il s'est passé et de ne pas le refaire.