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3,0
Publiée le 7 novembre 2025
Les filles-mères et leurs bèbès! Aujourd'hui ce refuge maternel avec sa directrice (Valentine Tessier) et son assistante sociale (Lise Bourdin, bientôt centenaire) qui vampe le toubib (Jean-Claude Pascal) a totalement disparu du paysage français! Pourtant ce refuge avec ces jeunes femmes sans foyer et sans argent qui ont chacun leur drame et leur petite histoire s'inspire de faits vèridiques! Et qui d'autre que Lèonide Moguy pouvait rèaliser ce drame èmouvant mettant en vedette des comèdiennes prometteuses telles que la tourmentèe Etchika Choureau, la fort en gueule Joëlle Bernard et la toute jeune Mylène Demongeot dont c'est ici le premier film! Peut-être pas la même histoire, mais on est grosso modo dans la veine que "Club de femmes" (1956) et "Le cas du Docteur Laurent" (1957). C'est bien jouè (le cinèphile attentif reconnaîtra la future Nadine de Rothschild) et bien rèalisè par Moguy! Une autre èpoque...
Film parfait : scénario,réalisation,dialogues,acteurs,actrices.Le sujet des filles mères est très bien traité.Un film à la fois sérieux,émouvant et drôle.C'est pour moi un grand film.C'est dommage que ce film soit méconnu.Il faut en parler.C'est un film d'actualité,on y parle de de l'enfant et de l'importance de la famille.
Les sujets sociaux de Léonide Moguy ("Prison sans barreaux", "Le long des trottoirs"...) sont sans doute méritants et courageux mais ils sont généralement sabordés par un scénario et des personnages démonstratifs et une tendance fâcheuse au mauvais mélo pontifiant. "Les enfants de l'amour" n'y échappent pas.
Dans le contexte très puritain des années 50, Moguy évoque les refuges maternels à l'usage des jeunes filles enceintes hors mariage, où elles accoucheront discrètement de leur enfant de la honte. C'est édifiant relativement aux mentalités de l'époque et c'est à mettre au crédit du film. De plus, Moguy ose -très pudiquement- le petit ventre arrondi sous la blouse, ce qui ne se faisait pas dans le cinéma de l'époque.
Le film est riche d'une thématique très étendue, il propose un large éventail de situations individuelles et les avis d'un certain nombre de professionnels, dont celui du maieuticien Jean-Claude Pascal aux cheveux blanchis par le talc pour faire plus vieux et plus autorisé à philosopher sur la question des filles mères.
Le film dégouline de moralisme et c'est éprouvant ; il tourne vite à un catéchisme indigeste, curé compris. Tous les personnages sont faux, dans leur fonction, dans leur profession ; tous, mal dirigés, jouent maladroitement, grossièrement, l'idée ou le tempérament qu'ils incarnent. En faubourienne de Paname mal élevée, Joëlle Bernard cabotine et exaspère. La palme de la mièvrerie et du larmoyant revient à Etchika Choureau, égarée entre numéro de charme et pathétisme dans un imbuvable dénouement, tout en poncifs et images d'Épinal. Le court flashback qui revient sur la "faute" d'Anne-Marie est l'histoire de toutes les filles séduites , comme semble le signifier le cinéaste. Ne vous laissez pas avoir, les filles, et veillez sur votre vertu. Parce que les hommes, dans votre malheur, sont pour bien peu de choses.
C'est aussi le tout premier rôle de Mylène Demongeot, dont on peut lire un commentaire amusant sur la fiche Wiki du film.