Après avoir contribué à poser les bases du slasher avec "Black Christmas", Bob Clark réalise quelques années plus tard - précisément en 1983 - un film de Noël, cette fois pour toute la famille. Si bien qu'il fait partie des classiques aux États-Unis, rediffusé chaque année, notamment sur TNT, pendant 24h durant. Eh oui, ils ne font pas les choses qu'à moitié mais en tout cas en France, le film est beaucoup moins connu ! Et il y a peut-être une raison à cela.
Nous suivons l'histoire de Ralphie, un petit garçon qui rêve d'avoir une carabine pour Noël. Le film sort dans les années 80, il se déroule dans les années 40 et marque donc toute une partie des spectateurs de par la nostalgie qu'il dégage. Tout est en effet "très américain", presque trop d'ailleurs, sans pour autant paradoxalement tomber dans le mièvre à outrance, il est même plutôt très sobre à ce niveau-là. Et c'est pour ça, je pense, qu'il parle autant au public américain.
Il raconte quelque-chose de leur passé, chacun se reconnaissant dans ce petit garçon à la vie finalement tout à fait banale. Et même les jeunes américains qui le regardent aujourd'hui y voient encore leur enfance car les mêmes traditions (le déballage des cadeaux avec le verre de vin pendant que la dinde cuit derrière dans la cuisine par exemple) perdurent à travers les années. Ce film fonctionne sur les américains comme les vidéos de l'INA sur les français par exemple. Mais du coup, de notre côté, comme on n'a pas les codes, c'est assez ennuyant quoi.
Car oui, comme je l'ai mentionné plus haut, la vie de Ralphie est ultra-banale, aucun évènement ne vient spécialement chambouler l'histoire et il ne passe finalement pas grand-chose ; le film ayant tout misé sur l'ambiance. D'autant plus que nous, public européen, fantasmons déjà les États-Unis mais alors lorsque le film déploie une nostalgie fantasmée (car toute l’intrigue est perçue à travers les yeux d'un enfant de neuf ans donc tout va bien dans le meilleur des mondes, les bons souvenirs restent et les mauvais s'estompent : le principe de la nostalgie quoi), c'est finalement le fantasme qui se fantasme et du coup, on n'y croit plus tellement et le peu d'intrigue perd alors de son intérêt. Et puis alors, on a cette voix off qui, oui encore une fois, correspond parfaitement à cette "magie de Noël" que le film s'efforce de faire ressortir mais qui devient très vite redondante et alourdie l'ensemble.
Bref, tout ça pour vous dire que je n'ai pas vraiment apprécié "A Christmas Story" qui est sûrement très sympa pour les spectateurs américains mais en attendant, nous, on retourne regarder "Le Père Noël est une ordure". Ça c'est l'esprit français !