Alexandre Nevski
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Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 janvier 2017
Chef d'oeuvre absolu dont la beauté des images a rarement été égalée. Chaque plan a été composé comme un véritable tableau. L'intégration de la bande sonore de Prokoviev est parfaite.
De plus Eisenstein nous offre une des plus belles batailles médiévales jamais tournées, bien meilleure par exemple que celle du film polonais Les chevaliers teutoniques, réalisé sur un thème équivalent un demi siècle plus tard. Alexandre Newski apparait comme un véritable opéra patriotique à la gloire du peuple russe et aussi de son chef génial : derrière le prince de Novgorod, c'est Staline qui apparait. Comme il apparaîtra plus tard dans Ivan le terrible, sous les traits du même comédien, adulé parait-il par le petit père des peuples. Bien sur cette idéologie stalino-nationaliste, qui n'a pas grand chose à voir avec le communisme, s'inscrit dans la situation de l'URSS de l'époque et la préparation à la guerre contre l'Allemagne nazie. Les traîtres seront cruellement punis, comme le faisait Staline. On peut reprocher à Eisenstein de s'être ainsi comporté en fidèle propagandiste du dictateur, imitant ainsi de nombreux artistes dans toutes les périodes de l'histoire, mais on ne peut nier son génie. Y compris son génie visionnaire quand il montre la politique de terre brûlée et d'extermination des chevaliers teutoniques, qui figurent les nazis, dans des tenues guerrières à la fois fascinantes et terrifiantes. Personnellement, je me lasse jamais de voir et revoir certaines scènes, sans être dupe bien sûr du contenu idéologique de cette oeuvre hors du commun.
haciol
haciol

11 abonnés 264 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 juillet 2009
Un film épique d'une force peu commune, servit par d'excellents acteurs, des paysages magnifiques et une musique grandiose... La réalisation est exceptionnelle, même si le cahier des charges (film de propagande) ce fait un peu trop sentir.
Un grand chef d'œuvre malgré quelques imperfections.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Eisenstein est autorisé à tourner un film mais sa marge de liberté se trouve réduite au minimum : le sujet du film historique et patriotique, en rapport avec la montée du péril Hitlérien, est imposé par Staline, des collaborateurs sont présents durant le tournage du film, ils sont chargés de contrôler l'idéologie du film. Après la signature du pacte de non-agression entre Hitler et Staline, le film a été retiré des salles obscures, mais après que l'Allemagne eut envahi la Russie, l'oeuvre ressortit sur écran. Alexandre Nevski est un film de propagande, mais tous comme les films d'Eisenstein, son film est aussi très poétique. Mais Alexandre Nevski est considéré comme le premier chef-d'oeuvre d'un art-nouveau : l'audio-visuel. En effet, Eisenstein a su créer un mariage parfait entre l'image et le son lors de la scène de la bataille sur la glace avec comme fond musical, la musique épique de Prokofiev. Cette musique est tellement belle qu'on aurait envie de se repasser les scènes de bataille rien que pour la réecouter. Bon la direction des acteurs n'est pas toujours parfaite, les décors font assez carton-pâte, mais la SUBLIME musique de Prokofiev fait oublier ces petits défauts. UN CHEF D'OEUVRE ! Intéressant à voir !
Tedy

304 abonnés 2 480 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 8 août 2008
C'est vrai qu'Alexandre Nevski a très mal vieilli. Mais le pire, c'est qu'Eisenstein abandonne ses convictions et ses expériences cinématographiques pour gagner les faveurs du régime stalinien, qui n'appréciait généralement pas les films du réalisateur. Celui-ci nous livre alors un pur film de propagande où la guerre russes/teutons fait écho à la guerre soviétiques/nazis.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 juillet 2016
Un film d'une austérité redoutable. Je préfère le cinéma de Paradjanov, plus poétique et aérien. Certes c'est le sujet qui veut cela et il prend le dessus sur les images. On voit d'ailleurs le souci du réalisateur de filmer une architecture ou une géométrie au dépend du sentiment et des émotions que devraient apporter les images, pleines de sens, laissant peu de plaisir au spectateur. Le sujet prend toute la place avec son traitement froid et rude. Pourtant il faut reconnaître la beauté de quelques scènes saisissantes comme celle de la mort sur le lac gelé.
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mai 2018
Dans une Europe où le nazisme se fait de plus en plus menaçant, Eisenstein dresse un parallèle, en forme d’avertissement adressé à l’envahisseur, entre un fait historique et la situation qui conduira à la seconde guerre mondiale. Première œuvre parlante du célèbre cinéaste russe et blockbuster épique et spectaculaire avant l’heure.
DX333
DX333

18 abonnés 213 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 août 2025
Cinéaste de toutes les innovations, Eisenstein fonde le cinéma des grandes batailles, dont on retrouvera l'influence dans toute l'Histoire du 7eme art. Conjugué par la musique sublime de Prokofiev, inspirant, voir copié par nombre de compositeurs, notamment James Horner, tous les aspects techniques évidemment dépassés aujourd'hui, ne changent rien à la force du récit. Et qui pointe la propagande pour descendre cette oeuvre doit ouvrir un bouquin d'histoire de l'art.
Nicolas B
Nicolas B

17 abonnés 111 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 mars 2025
"Alexandre Nevski" (1938) est un film historique qui, malgré son importance cinématographique, a pris un sacré coup de vieux. Il raconte la défense de la Russie contre l'invasion des Chevaliers Teutoniques au XIIIe siècle, avec des grandes batailles et un héros national, Alexandre Nevski. Visuellement, pour l'époque, on peut comprendre que certaines scènes aient impressionné, mais aujourd'hui, ça ne fonctionne plus vraiment.

Le gros problème du film, c'est qu'il est surtout une machine de propagande soviétique. Tout est très appuyé, les personnages sont unidimensionnels, presque caricaturaux. Alexandre est présenté comme un héros sans faille, et les méchants, ben... ils sont vraiment très méchants. Tout ça manque de nuances, et au bout d'un moment, ça devient un peu lourd.

Les scènes de bataille, notamment celle sur le lac gelé, sont sûrement le point fort du film. Mais même là, c'est parfois un peu laborieux. Les effets spéciaux datent, et l’action traîne en longueur, ce qui rend le tout moins épique qu’espéré.

En résumé, "Alexandre Nevski" est un film qui, historiquement, a sa place, mais qui aujourd'hui semble bien trop figé dans son époque et sa fonction propagandiste.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 août 2016
Le fait qu'il soit un film de propagande amoindrit bien sûr considérablement la portée de ce film signé par un maître du cinéma ("Le cuirassé Potemkine" quand même) mais qui s'acquitte ici avec beaucoup de conscience politique de cette commande de Staline himslef et au message limpide car martelé tout le long du film : envahit mon pays et tu mourras ! Si le scénario multiplie les scènes didactiques aux péripéties téléguidées, ne développant jamais ses personnages et n'allant jamais au-delà d'une symbolique bien lourde, Eiseinstein reste quand même un cinéaste talentueux qui nous trousse quelques séquences de haute volée. Bien sûr, la bataille sur le lac gelé demeure un véritable sommet du cinéma mondial, une démonstration de son savoir-faire doublé d'un beau défilé de costumes et d'une leçon de stratégie assez efficace. Alors oui, c'est à replacer dans son contexte mais d'un point de vue purement visuel, c'est une tuerie qui justifie son visionnage. D'autres critiques sur
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mars 2022
Qui viendra avec l'épée chez nous, périra par l'épée

Si l'URSS voulait dissuader l'Allemagne de les attaquer avec le film de propagande Alexandre Nevski, sorti en 1938, ça n'a pas marché, mais ils ont pu démontrer en pratique leur théorie, à la fin ce n'est pas le Reich qui marche à Moscou, mais l'armée rouge à Berlin.

Sergueï Eisenstein retourne bien plus loin dans le temps, au XIIIᵉ siècle, où la Russie est convoitée par les teutons, alors qu'elle venait de repousser difficilement l'envahisseur mongol. Le héros de la nation s'appelle Alexandre Nevski, il devra unifier pour repousser l'envahisseur naz...teuton. Le scénario est simple, trop simple, ce qui est dommage et rappelle trop de fois son but de propagande, les Allemands sont déshumanisés et violents (jusqu'à bruler des enfants) alors que les Russes fiers et courageux.

Ce n'est pas là que l'on trouvera le génie d'Eisenstein, mais bien dans la mise en scène. C'est du grand Cinéma, c'est beau et certaines séquences sont sublimes, à l'image de la longue bataille sur le lac glacé. Il y a de la poésie dans sa mise en scène, une atmosphère parfois épique et souvent intense, qui accompagne de sublimes tableaux visuels. La représentation des guerriers participe à la force visuelle, les teutons sont effrayants et surarmés, là où les Russes vont plus représenter les paysans.

C'est un point intéressant, mettant en avant l'image de l'union soviétique, de la force collective et paysanne, du vrai peuple, face à une armée surpuissante et entraînée. Il y a, par moment, une impression de David contre Goliath, mais le David a pour lui le cœur, l'amour de la nation et la force collective. Eisenstein n'a que peu de droit sur le scénario, et on sent aussi l'envie de l'état de vanter son système et sa force collective, en plus de placer la nation au-dessus de tout.

Le cinéaste soviétique trouve tous les moyens pour faire oublier l'opposition basique qu'il met en scène, parvient à créer une œuvre forte, avec une dimension lyrique. Il alterne, parfois maladroitement, les séquences guerrières, portés par un prince Alexandre charismatique et pour qui chaque Russe aurait envie de donner sa vie, avec celles plus dramatiques, humaines, où deux soldats se disputent le cœur d'une jeune femme. Pour l'aspect humain, lorsqu'on découvre les teutons à Pskov, Eisenstein parvient à créer une empathie pour les vaincus, qu'il utilisera lorsque les Russes renverseront la situation.

La force du film se trouve aussi dans les décors et les costumes donc, ainsi que la réalisation plutôt dynamique d'Eisenstein. Si la bataille clé est longue, elle n'en demeure pas moins très bien découpée, malgré des séquences parfois répétitives ainsi qu'une dernière partie légèrement trop longue. Sergueï Prokofiev donne une âme aux images avec une partition inoubliable et puissante. Les comédiens sont, dans l'ensemble, assez bons, mais on retiendra surtout le charismatique Nikolaï Tcherkassov dans le rôle titre.

Le film resta en salle jusqu'au pacte germano-soviétique, après cela il quittera les écrans... pour y retourner lorsque le pacte fut brisé.

C'est une œuvre bien étrange que signe Sergueï Eisenstein avec Alexandre Nevski, un film de propagande peu de temps avant le conflit mondial de 1939, où la nation Russe est poussée à se sublimer pour repousser l'envahisseur allemand, où la force visuelle, le génie formel et la dimension lyrique prennent le pas sur le fond.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 janvier 2025
Le propos et la démarche d'Eisenstein dans "Alexandre Nevski" ne sont pas différents, en 1938, de la plupart des films de propagande générés par les menaces de l'avant-guerre. Le film exalte grossièrement le sentiment patriotique, les exigences de courage et la nécessité du sacrifice; il consacre, en la personne du prince Nevski, le chef providentiel.
Cette fière éloquence se décline heureusement dans un film d'une rare beauté formelle. Chaque plan témoigne d'une recherche et d'une maitrise artistiques peu communes. L'esthétisme et la somptuosité servent superbement, dans ce récit de la résistance à l'invasion allemande, le message allégorique de l'auteur. La représentation démoniaque des chevaliers teutoniques, habillés d'armures effrayantes et poussés par une religion cruelle et mortifère, figure une barbarie d'apparence inhumaine.
La bataille épique sur les glaces de Novgorod est dirigée de main de maitre et n'a rien à envier aux productions hollywoodiennes. Les mouvements de troupes, par leur arrangement formel surprenant, dépassent la simple mise en scène d'un corps à corps guerrier et semblent un ballet tragique d'une beauté picturale fascinante.
Cette oeuvre très visuelle peu ,dialoguée, est accompagnée d'une musique de Prokofiev qui contribue elle aussi , par ses étonnantes sonorités, à distinguer le film.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 juillet 2012
Les films de propagande peuvent également se démarquer par leurs qualités. C'est le cas pour "Alexandre Nevski" qui malgré le message ultra-nationaliste et le propos clairement anti-allemand (en raison du contexte historique) est une réussite cinématographique. Le jeu théatral des acteurs colle parfaitement à cette fresque historique, relevée par l'excellente musique de Prokoviev (qui composra également la BO d' "Ivan le Terrible" du même réalisateur). Vu l'époque, on pardonnera aisément les armures, armes et décors en carton-pâte d'autant plus que d'un point de vue visuel, on n'en prend pleins les yeux.
real-disciple
real-disciple

114 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2012
Certes un film propagandiste, mais quelle maîtrise des plans, dont certains sont de vrais tableaux. Le film montre l'humanité du peuple russe, les scènes de bataille sont bien filmées. Un très bon film historique.
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 septembre 2015
Bien qu'étant ouvertement propagandiste, le cinéma de Sergueï M. Eisenstein continue de fasciner les cinéphiles du monde entier, moi y compris. La puissance de sa réalisation et de sa direction d'acteurs dans les épopées qu'il met en scène en font un cinéaste de première classe. Pour "Alexandre Nevski" il use des mêmes talents : cette œuvre de commande pour les autorités staliniennes aurait pu être gâchée par le cahier des charges très strict qui lui a été imposé. Cependant il se dégage une telle force de ce film qu'il est très difficile de ne pas être emballé par la chose : des magnifiques scènes consacrées aux teutoniques (assurément les plus belles niveau mise en scène) à la bataille épique qui décidera du sort des sujets du prince Nevski, toutes magnifiées ou amplifiées par la musique de Prokofiev et les chants patriotiques, le long-métrage est depuis longtemps passé à la postérité. Ce très beau long-métrage débute et se termine sur la même fameuse phrase : "Celui qui avec l'épée vient chez nous périra par l'épée ! Telle est et sera la loi russe !", un avertissement à destination des nazis de la détermination de l'URSS. Apparemment les nazis ne les ont pas écoutés...
Jipis
Jipis

44 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 mars 2012
Une habile propagande dévoile la détermination d'un empire à conserver toutes époques confondues sa terre inviolée.

Pendant que le mongol trépigne d'impatience aux portes de l'empire des hordes germaniques sont anéantis par la volonté d'un seul homme décuplant la force défensive d'une masse conditionnée par la peur perpétuelle de l'invasion.

Un lyrisme sur fond blanc scrute l'avancée d'un ennemi métallique sans visages. La froideur des glaces sert de tapisserie à une terre régulièrement assiégée.

Le 5 Avril 1542 se projette dans le temps. En 1938 le potentiel Teuton devenu nazi menace tel une comète militairement ces plaines éternellement convoitées.

Le courage d'Alexandre voyage dans l'éternité répétitive de conflits aux aspects similaires. Sergei Mikhailovich Eisenstein en redonnant vie à l'histoire montre l'éternelle détermination d'un pays à sauvegarder ses terres.

La musique de Prokofiev accentue par des notes burinées la menace progressive d'un assaillant sans pitié. L'homme d'église pleutre calfeutre son courage dans des mimiques peureuses et fuyantes. Les vieillards et les enfants sont rayés des listes de l'existence.

La bestialité du teuton est chargée au maximum. Tout ce qui vient d'au delà de l'horizon n'est pas humain et se combat jusqu'a la mort. Un éternel schéma d'invasion reconduit déclenchant les mêmes gestes de bravoures sur de perpétuels assaillis.

Cette fresque nationaliste intemporelle anime une procédure ancestrale invitant toujours une force dévastatrice sur son terrain afin de mieux la décimer de l'intérieur. Le message est clair la bataille du lac Peïpous annonce la stratégie et la déroute de Stalingrad. Le russe expert dans l'art de comprimer dompte avec panache tous les assauts livrés régulièrement par le temps.

Sublime dans l'individualité des gestes sur lesquelles la caméra fait parfois son nid Alexandre Nevski sauvegarde la mère patrie en projetant dans l'avenir un courage façonné sur des doctrines répétitives.

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