Eddie Romero, ce bon vieux faiseur de séries B philippines à deux francs six sous se retrouve embarqué ici dans une drôle d’équipe ! Imaginez, Jonathan Demme au scénario, Pam Grier devant la caméra, Sid Haig dans un coin, voir tant de noms connus autour de Romero ça fait bizarre ! D’autant que ce film est plus ou moins un women in prison vaguement amélioré ! Honnêtement, c’est sympathique si on aime le genre. C’est sexy (on trouve toujours une bonne raison de nous mettre des femmes à demie-nues), il y a plein de scènes lesbiennes, il y a de la violence graphique (mais pas trop), c’est complètement grindhouse et ça devrait plaire aux amateurs, d’autant que le film est un peu amélioré comme je disais. Oui le film se passe dans une prison pour partie, et l’on a tous les clichés du genre qui s’accumulent, mais on a aussi une partie hors de la prison, ce qui génère un peu plus de rebondissements et permet aussi de doper la complicité Pam Grier – Margaret Markov qui s’amusent visiblement beaucoup dans cette aventure sexy et violente. On se prend au jeu et le film arrive même à créer une touche d’émotion grâce à la sympathie évidente de ses deux interprètes. Globalement les acteurs européens sont bons, par contre il y a pas mal de seconds rôles philippins un peu douteux !
L’histoire est très classique comme je l’ai dit, mais elle remplit le cahier des charges du genre et s’avère plutôt dynamique et fun. Il y a quelques scènes qui sont sans doute de trop, mais le métrage est un peu plus malin qu’il n’y parait, et il arrive à créer de l’émotion avec un certain sens du tragique qui par moment perce la carapace de la série B d’exploitation. Demme à l’écriture ? Peut-être que cela a joué, et le final, notamment, est franchement bon.
Formellement c’est tourné en Philippines et on sent le côté « vrai » du cadre, des décors, de la figuration, toujours un vrai plus dans ce genre de cinéma. Alors oui, c’est un peu fauché, oui le sang est rose, oui on ne croit pas forcément à tout, mais la réalisation toujours alerte de Romero et le côté « en dur » de tout le film permet quand même de croire à l’essentiel !
En somme, une série B d’exploitation typique de l’époque et du cinéma de Romero. C’est très honnête, si tant est que l’on supporte les éléments parfois gênants du genre women in prison, en particulier le côté sexy racoleur ! Ca appartient au genre, pour ma part je donne 3 car c’est quand même de bonne tenue.