Othello
Note moyenne
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52 critiques spectateurs

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Lamia Iddouche
Lamia Iddouche

7 abonnés 211 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 juin 2026
Othello (1951) n’est pas seulement une adaptation de Shakespeare : c’est une expérience de cinéma qui semble constamment lutter contre ses propres limites matérielles. On sent un film construit dans la contrainte, mais qui transforme cette contrainte en langage esthétique. Là où d’autres productions cherchent à masquer la fragilité du dispositif, celle-ci l’assume et en fait une force.
La première impression est celle d’un monde fragmenté. Les décors ne cherchent pas le réalisme académique, mais une sorte de géométrie instable, presque abstraite. Les escaliers, les couloirs, les passages étroits deviennent des instruments dramatiques à part entière. Le récit n’avance pas seulement par les événements, mais par la manière dont les corps sont enfermés, déplacés, coincés dans l’espace.
Le personnage d’Othello apparaît moins comme un guerrier que comme une figure progressivement absorbée par son propre regard sur les autres. Sa puissance initiale ne disparaît pas brutalement : elle se retourne contre lui, lentement, comme une énergie qui change de direction. Le film insiste sur cette inversion sans jamais la surligner, laissant au spectateur le soin de sentir le glissement.
Iago, lui, est filmé comme une absence active. Il ne domine pas par la force, mais par la circulation. Il traverse les scènes comme une idée qui s’infiltre plutôt qu’un personnage qui agit frontalement. Cette construction rend sa présence presque impossible à saisir complètement, ce qui renforce son efficacité dramatique.
Ce qui distingue particulièrement ce film, c’est son rapport au rythme. Rien n’est jamais complètement stable : les scènes semblent respirer de manière irrégulière, avec des accélérations soudaines suivies de moments suspendus. Cette instabilité crée une tension permanente, comme si le récit hésitait entre l’explosion et le repli.
La lumière joue un rôle essentiel dans cette impression générale. Elle ne se contente pas d’éclairer, elle découpe. Les visages apparaissent par fragments, parfois incomplets, comme si la vérité des personnages ne pouvait jamais être montrée en entier. Cette fragmentation visuelle reflète directement la fragmentation morale de l’histoire.
Au fond, Othello parle moins de jalousie que de perception. Ce n’est pas seulement ce que les personnages vivent qui compte, mais la manière dont ils interprètent ce qu’ils voient. Et dans cet écart entre le réel et l’interprétation, le film installe son tragique le plus profond.
On en ressort avec une impression étrange : celle d’avoir vu une tragédie qui ne se joue pas uniquement entre des individus, mais dans la structure même du regard humain.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 février 2026
Assumant à la fois la théâtralité du genre auquel appartient Othello ainsi que sa littérature (savoureux dialogues dont celui de la domestique prônant un féminisme pragmatique), la mise en scène perd en force, plombée par une voix off explicative ainsi que par une solennité emphatique, bien que certaines spécificités d'Orson Welles brillent avec talent (caméra de biais, gros plans sur les visages isolés ou les regards, utilisation des ombres de toute beauté). Or, décider de jouer le Maure manque autant de pertinence que de confier le rôle d'un Iago supposé aimable à un Micheál Mac Liammóir dont physionomie et jeu exsudent perversion, aigreur, méchanceté. Par ailleurs, le choix (compréhensible!) de réduire fortement la matière du livre entraîne un manque d'assise psychologique pour la jalousie funeste du héros tandis que la froideur ampoulée empêche toute émotion de sourdre. Plutôt relire Shakespeare!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 octobre 2025
spoiler: [spoiler]C'EST UNE PERSONNALITé QUI S'AFFIRME APPUYER PAR DES IMAGES RENVERçANTES DE LA DOCHE GABANNA;UN SUPPLICE.[/spoiler

Arriver dans sa livraison originale puis décliné pour le public mondain;quelque peu éroder donc il est émousser de clicher très bon chique bon genre mais ne fait pas l'approximation;ou l'amateurisme,un film fort et agréable sans fétichisme des mots.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2025
Orson Welles s’attaque à une autre pièce du dramaturge anglais signant malgré les contraintes de production une œuvre baroque et intense brillant par sa mise en scène au style expressionniste mettant comme il se faut en valeur les dialogues de Shakespeare. Libéré du poids des studios, le cinéaste peut enfin laisser libre court à son génie qui transparait autant dans sa réalisation que dans l’écriture très moderne qui se double d’une étude de mœurs pertinente.
Séverine Boulant
Séverine Boulant

8 abonnés 81 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 août 2025
Inspirant onirique visuellement parfait une référence intemporelle
Mériterait le grand écran evidemment attendons….
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 février 2025
Quand même les mecs, c'était quelque chose, ces adaptations de l'oeuvre de Shakespeare par Orson Welles ! "Othello", tout comme "Macbeth", puisque respectant scrupuleusement le support écrit, n'offre aucune surprise au niveau de l'histoire, mais visuellement, justement d'histoire, c'en est une autre ! C'est un pur régal de mise en scène. Le théâtre laissant sa place au cinéma. Par économie de temps et de moyens (la gestation difficile est bien connue), Welles n'a que quelques décors sous la main, mais te les tricote en long en large et en travers. J'ai toujours eu pour regret que ces films n'aient pas pu trouvé grâce aux yeux des spectateurs anglophones (même si on en comprend aisément les raisons), car je pense que j'aurais donné jusqu'à ma dernière chemise pour voir quelle allure aurait eu Hamlet si Welles avait pu s'y attaquer.
Dahrar
Dahrar

33 abonnés 152 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 décembre 2024
La mise en scène maline optimise les décors minimalistes et le montage dynamise l'ensemble. Mais les dialogues de Shakespeare repris tels quels alourdissent le film. Une adaptation à la Kurosawa où seule la structure de la pièce de théâtre est utilisée aurait été un meilleur choix.
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 mars 2024
Une oeuvre ultra vieillissante mais menée par l'excellent duo Welles-McLiammoir. Welles est très charismatique. Ensuite le scénario, un dérivé de Roméo et Juliette, s'avère simpliste et plutôt sadique, mais reste bien ficelé à l'écran.
Raphaël A.
Raphaël A.

1 abonné 26 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 mars 2024
Il y a Orson Welles et les autres.
Il est une des seules à utiliser sa caméra. Vous un autre film après montre la pauvreté de ce qu'est devenu le cinéma et combien de cinéastes sont faignants.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 septembre 2023
Cette adaptation de Shakespeare par Orson Welles vaut surtout pour sa mise en scène. Dès la scène d ouverture présentant des funérailles, il se dégage une force tragique impressionnante. En revanche et ce qui est très gênant pour une adaptation théâtrale, l interprétation laisse beaucoup plus à désirer. J ai trouvé les différents acteurs engoncés dans leurs rôles respectifs, peinant à donner vie à leurs personnages et à leurs textes. Et puis il faut bien reconnaître qu Orson Welles aussi talentueux soit il n est pas crédible pour jouer un Maure (pour cela on dira que c est l époque). Visiblement en proie à d énormes difficultés pour réussir à mettre en boîte son film il s en sort tout de même avec les honneurs d un point de vue technique et de l ampleur visuelle.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 août 2023
Une adaptation qui brille avant tout par sa mise en scène magistrale dans un sublime noir et blanc, avec des jeux de lumière et clairs-obscurs fascinants ! En revanche les personnages manquent de profondeur. Palme d'or 1952
idagnidif
idagnidif

4 abonnés 74 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 janvier 2022
Amour platonique entre un chef de guerre vénitien et une douce et charmante épouse mais qui sera détruit par une conspiration diabolique.
La manigance, la traîtrise, la jalousie...tout y passe pour pour que la fin soit tragique.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 décembre 2021
Dans le top des tournages les plus compliqués, on pourrait sans sourciller citer cette adaptation de « Othello », signée Orson Welles. La production s’est en effet étalée sur plusieurs années, obligeant le réalisateur à tourner par morceaux, et à enchaîner les financements successifs… dont ses propres cachets d’acteur obtenus parallèlement sur d’autres films... Welles dut aussi se montrer ingénieux, car au-delà de retravailler la pièce pour qu’elle tienne en 1h30 au cinéma, il modifia des scènes pour accommoder les limites de la logistique. Avec la célèbre anecdote de la scène des bains, tournée telle quelle car les costumes n’étaient à ce moment plus disponibles ! Et pourtant, ce bricolage dans la production n’est aucunement visible à l’écran. « Othello » semble être une œuvre maîtrisée de bout en bout. Mais s’il n’a rien d’un film malade, c’est bien un film de dingue ! Welles retranscrit à merveille ce récit autour d’un Maure vénitien qui déclenche une succession de péripéties en épousant secrètement la fille d’une figure locale. Tout le monde lui envie sa situation. Et, ironie du sort, son second, Iago, parviendra à planter dans cet homme qui a tout ce qu’il désire les germes de la jalousie. L’envie et les bassesses seront donc au cœur du film, qui regorge d’images marquantes. Des plans débullés et des contre-plongées dans des intérieurs labyrinthiques de forteresses, des jeux d’ombres déments, des personnages écrasés par des décors réels, de véritables tableaux créés grâce aux différents niveaux de murailles et chemins fortifiés… Avec en prime un montage très vif, qui explose par moment en mélangeant brutalement cette galerie de personnages sinistres ou naïfs. Le tout servant de bases à des dialogues shakespeariens dramatiques à souhait. A ce niveau, Orson Welles (dont le grimage en maure serait totalement politiquement incorrect aujourd’hui !) se montre moins grandiloquent qu’à l’habitude. Néanmoins l’acteur réalisateur garde sa voix caverneuse et marque dans le rôle-titre. Il est toutefois dommage que le « vrai » protagoniste du film, l’infâme Iago, soit joué par un Micheál Mac Liammóir assez terne. On aurait presque préféré que Welles incarne ce rôle… De même pour Desdemona, incarnée par une Suzanne Cloutier en retrait.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2021
Une leçon de cinèma par Orson Welles qui mise tout ici sur la passion baroque et dèmesurèe! Une adaptation aussi forte que l'inattendu "Macbeth". Non seulement le respect du texte de Shakespeare est permanent mais en plus le souffle de la tragèdie balaie temps et espace spècialement conçus par Welles selon son style et sa propre personnalitè! Oeuvre ètonnante et foutrement moderne où se retrouve la passion et la virtuositè du cinèaste. "Othello" (1951) est un règal pour les cinèphiles! De l'intro (l'un de ces inoubliables moments du 7ème art) au final en passant par les extèrieurs très clairs et la beautè photogènique de Suzanne Cloutier en Desdèmone! En 1955, Sergueï Ioutkevitch donna ainsi une version d'Othello (excellente parait-il) dont on aimerait voir un jour au Cinèma de minuit ou ailleurs! Unique...
Acidus

872 abonnés 3 936 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2020
"Je ne peux vivre longtemps sans me mêler à Shakespeare". Cette phrase prononcé par Orson Welles montre bien le lien qui unit le cinéaste au célèbre dramaturge. Toute sa vie, les preuves de son admiration pour William Shakespeare se sont multipliés. En 1948, Orson Welles réalisait déjà une adaptation cinématographique de MacBeth. Trois ans plus tard, il s'attaque à une autre pièce d'anthologie de Shakespeare à savoir Othello. On y retrouve la même approche entre les deux adaptations à savoir une préservation de l'aspect théâtrale de la pièce. Je dois admettre ne pas être tout à fait convaincu par ce choix qui, de fait, rend le jeu d'acteurs nettement moins naturel et m'a empêché de m'immerger complètement dans cette histoire certes connue. En dehors de cela, il faut bien reconnaître que Welles n'est pas un manchot. Outre son talent devant la caméra, il déploie une véritable savoir-faire dans sa mise en scène. Rien que pour cela et cette ambiance tant visuelle que sonore, « Othello » mérite d'être visionné. Un bon long métrage.
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