Avant Miracle Mile, un petit chef-d’œuvre, Steve De Jarnatt réalise Cherry 2000, un film qui parle un peu de notre époque, mais en 1987, lorsqu’on pouvait rêver de robots féminins sexy pour compagne de vie ! Franchement, le métrage est un peu bordélique, surtout par rapport à Miracle Mile, mais le film est très cool et l’efficacité de De Jarnatt ne se dément pas à nouveau ici. S’entourant d’un casting performant, avec Mélanie Griffith en tête dans un rôle musclé qui fait face à ce vieux roublard de Tim Thomerson qui a la trogne du méchant post-nuke parfait, il se permet même de distribuer un paquet de petits rôles à toute une galerie de gueules mémorables de la série B, en particulier les inénarrables Brion James et Robert Zdar, mais encore Laurence Fishburne à ses débuts ! Casting trois étoiles donc, où David Andrews se fait voler la vedette avec un rôle un peu timide d’homme d’affaire transi d’amour pour un robot. Cependant, il s’en tire pas mal non plus.
Côté scénario, la trame et très simple et le film exploite tous les éléments classiques d’un post-nuke attendu. Là-dessus rien de très original, si ce n’est que le métrage, quoique parfois violent et sérieux, amène une touche d’humour détonnante et également une touche de romance plutôt très sympathique. Le mélange, casse figure de prime abord tient la route, car Steve De Jarnatt sait écrire un film et surtout, il sait le mener. Sans perdre de temps, Cherry 2000 est un film qui carbure et enchaîne les moments d’action, de comédie, de violence et de romance avec un sens de l’efficacité certain. Le tout, avec cette inquiétude propre au réalisateur sur le devenir de l’humanité. Sa vision du futur n’est pas si loin de notre époque finalement, et même si le message de fin paraîtra de fait assez cliché aujourd’hui, à l’époque, il pouvait avoir une certaine originalité. De même, l’ensemble n’est pas sans invraisemblance, mais honnêtement vu le ton du film, ça passe.
Formellement, le film est plutôt très réussi. Le réalisateur mise sur l’originalité ici, avec un futur certes futuriste par certains aspects, mais parsemé d’éléments rétro, notamment dans les tenues vestimentaires. Dans le choix des couleurs, plutôt vives, des décors, très seventies, on évolue dans un monde avec son style atypique et ça fait plaisir dans un genre assez monolithique de ce point de vue. Plus d’une fois j’ai pensé à du Wes Anderson ! En tout cas le film propose de bonnes scènes d’action (quelques cascades sont même très spectaculaires) et une ambiance singulière qui peut faire penser en effet à du Wes Anderson rencontre Mad Max ! Un peu déçu de la bande son, Poledouris piquant un peu trop visiblement sur la BO de Robocop dans un exercice un peu paresseux d’auto-plagiat !
En somme, Cherry 2000 est un très bon petit divertissement au style atypique et à propos intéressant. Fort bien emmené par Mélanie Griffith, l’ensemble n’a rien d’un film incontournable dans son genre (au contraire de Miracle Mile), mais honnêtement, il vieillit très bien et se laisse voir avec un plaisir certain. 4